La Corée du Sud, la septième armée du monde ?

Alors que la Corée du Nord poursuit le développement de son arsenal non conventionnel et met au défi la communauté internationale, la Corée du Sud est plus que jamais en première ligne pour le maintien de la sécurité en Asie du Nord-Est.

L’ennemi au nord et la frontière le long de la zone démilitarisée constituent logiquement la priorité stratégique du pays. Cet environnement l’a conduit à développer une armée de masse en vue de dissuader ou, à défaut, de repousser une tentative d’invasion. Globalement, la politique de défense sud-coréenne continue d’être structurée par sa vieille alliance avec les États-Unis, bénéficiant notamment de sa politique de dissuasion élargie. Cette relation étroite entretient cependant une forte dépendance à l’égard des technologies américaines, au détriment du développement de son industrie de défense. Par ailleurs, le service militaire obligatoire et ses conditions difficiles se heurtent aujourd’hui aux aspirations de la jeunesse. Bien qu’une réforme militaire soit prévue depuis des années, la persistance de la menace nord-coréenne continue de focaliser l’attention et d’empêcher la Corée du Sud d’adopter une politique de défense à l’image de son économie et de sa société.

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Mourir au combat : l’impensé des forces d’autodéfense japonaises

Eric Seizelet a fait publier cette intéressante étude sur l’armée japonaise, à découvrir sur le site de l’Ifri.

“Dans les années 1990, le débat sur les Forces d’autodéfense japonaise (FAD) a évolué. Il s’agit dorénavant moins de contester l’existence constitutionnelle des FAD que de s’interroger sur leurs missions et les dangers nouveaux auxquels les soldats japonais sont désormais confrontés.

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Vers une nouvelle coopération militaire américaine en Afrique?

Frank L. Jones (ed.), Building Partner Capacity in Africa: Keys to Success,  SSI/USAWC, 2017

Le vote de la loi de finance de la défense américaine pour l’année fiscale 2017 a été l’occasion de changements majeurs dans le domaine de la coopération militaire. Cherchant une plus grande transparence et surtout l’efficience dans la façon dont les opérations d’assistance et de coopération sont conçues et conduites, le Congrès s’est prononcé pour une réforme de la politique de coopération du Département de la Défense (DoD). En effet, par l’introduction dans le texte même de la loi du concept de Building Partners Capacity[1] (BPC), le Congrès s’est clairement prononcé en faveur d’une politique de coopération à vocation pérenne, plus transverse, moins axée sur la seule assistance à la sécurité comme c’était le cas jusqu’à présent. Par ailleurs, contrairement à ce que pouvaient laisser croire certaines déclarations de Donald Trump sur sa volonté de réduire les dépenses au profit des alliés des États-Unis, la coopération continue d’apparaître comme un élément fondamental dans sa politique américaine de sécurité et de défense.

C’est dans ce cadre que le Strategic Studies Institute (SSI) de l’Army War College publie une volumineuse étude afin de traduire les directives générales du Congrès en propositions concrètes, notamment en ce qui concerne le continent africain, objet d’une nouvelle et particulière attention de la part de l’Administration américaine. Le SSI y appelle notamment à une vision plus stratégique de la coopération et une redéfinition de l’axe d’effort. Sans abandonner les objectifs de court terme comme l’assistance locale à lutte anti-terroriste, cette étude prescrit notamment de favoriser le long terme et le développement de l’autonomie capacitaire de partenaires sélectionnés conjointement avec le département d’État.

Dans la première partie, l’auteur revient sur l’obligation faite au DoD par le Congrès en novembre 2016 d’évaluer la « capacité d’absorption » d’un Etat avant toute mise en place de coopération. Bien qu’une étude préalable de faisabilité fasse consensus, cette notion est restée très vague jusqu’alors. L’auteur y explique comment les institutions, l’environnement socioculturel et l’histoire locale sont constitutifs de la capacité cognitive d’un appareil de sécurité et de défense donné. Il donne à ce titre quelques clés pour guider ceux qui seront en charge de cette évaluation : le fait notamment que pour inciter les autres à accepter les idées nouvelles, il faut en être soi-même capable, que cela s’apprend et se développe.

La deuxième partie porte sur l’importance de l’éducation militaire professionnelle sur le développement des institutions d’une nation, en particulier en Afrique. L’auteur y déplore que les actions de coopération se limitent trop souvent à de l’assistance à la sécurité plutôt que de conduire une vraie politique de renforcement des institutions militaires. Après une intéressante étude comparée des systèmes éducatifs d’inspiration britannique ou française en Afrique, l’auteur préconise de recentrer la coopération sur l’éducation de défense, en particulier aux niveaux opératifs et stratégiques, en y consacrant plus de moyens et de temps. L’enjeu est d’amener les nations partenaires à une véritable autonomie, définie ici comme la maîtrise de façon pérenne du triptyque conception/génération de force/conduite d’une opération, et ce dans l’intérêt même du DoD.

La troisième partie aborde l’intérêt stratégique du soutien aux opérations d’assistance sanitaire ou MSO (Medical Stability Operations). Dans la mesure où la santé est indispensable au développement économique et au bien-être social d’une nation, l’auteur estime qu’aider les services de santé participe à la lutte contre la violence extrémiste. Tirant des leçons de la gestion de la pandémie Ebola en 2014-2016, il recommande une meilleure coopération avec les acteurs africains, plus soutenue, plus continue et plus en amont en incluant la recherche, le développement et la surveillance des populations à risque. Un effort de coopération et d’harmonisation inter-agence (notamment entre AFRICOM, USAID et les attachés de défense) doit à cet égard être encouragé.

La quatrième partie évalue les résultats de la coopération américaine de sécurité en Afrique au regard des nouveaux objectifs fixés dans la loi de finance. Si la coopération a longtemps souffert du manque de directive gouvernementale claire et de moyens, l’auteur appelle à une véritable convergence entre les objectifs du Département d’État et ceux du DoD en vue de l’instauration d’une stratégie commune. L’élaboration de critères objectifs et d’une grille de lecture permettrait également d’écarter du programme certains États « non prioritaires » ou ne participant pas assez activement aux objectifs du DoD, notamment en matière de contre-terrorisme.

Le dernier chapitre de l’ouvrage enfin, évoque la délicate question de la responsabilité, aujourd’hui diluée dans la très grande diversité des acteurs intervenant impliqués dans le BPC. Chaque acteur est responsable de son propre budget et évalue ses résultats à l’aune de ses propres objectifs. L’auteur plaide ici pour un regard extérieur, une organisation autonome, comprenant des membres des nations partenaires, chargée de s’assurer de la conformité des programmes de coopérations avec les buts et principes préalablement définis.

En conclusion, cette étude très complète a le mérite de brosser l’ensemble du spectre du développement des capacités des pays partenaires en Afrique. Les complexités et les travers de l’Administration américaine y sont abordés sans concession, mais le ton est résolument volontariste et certaines propositions originales. A l’heure où, en France, la coopération a été érigée en « facteur de supériorité opérationnelle » par le chef d’état-major de l’armée de terre, les spécialistes de la coopération de sécurité ou de l’aide au développement pourront utilement, à sa lecture, alimenter leur réflexion.

[1] Le terme même de « Capacity » : suppose l’acquisition de l’ensemble des composantes d’un domaine de compétence qui lui assurent sa pérennité (doctrine, organisation, entraînement, équipement et soutien, commandement et éducation, personnel, infrastructures).

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La grande histoire de l’infanterie française des origines à nos jours

Paul Rascle, Privat, 2016, 448 p.

Ce très beau volume, imprimé sur du papier de grande qualité et illustré par une iconographie très riche est une somme de connaissance et d’érudition impressionnante. En pas moins de 448 pages, Paul Rascle, ancien officier traditions de l’école d’infanterie, nous offre une histoire très complète de l’infanterie française des origines à nos jours.

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State of Rebellion. Violence and Intervention in the Central African Republic

Cette recension a été publiée dans Politique Etrangère 2017/1

Louisa Lombard, Londres, Zed Books, 2016, 256 pages

Louisa Lombard, anthropologue et professeur à l’université de Yale a déjà codirigé un ouvrage remarqué sur la Centrafrique (Making Sense of the Central African Republic[1], Zed Books, 2015). Dans son dernier livre, grâce à 13 années de recherche et à de nombreux séjours sur place, elle parvient, de façon très convaincante, à déconstruire les explications superficielles et habituelles sur les racines de la crise en République centrafricaine (RCA).

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Histoire de l’armée française 1914-1918

François Cochet et Rémy Porte, Tallandier, 2017, 520 p.

Cette recension a été publiée dans Politique Étrangère 2017/2.

Les auteurs – François Cochet est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lorraine-Metz et Rémi Porte est officier référent histoire pour l’armée de Terre – sont deux spécialistes reconnus de cette période. Ils souhaitent ici : « rendre compte de la diversité, de la complexité, des adaptations permanentes de cette immense institution qu’est l’armée française de la Grande Guerre ». Une volonté qui transparait dans l’ouvrage et permet de tordre le cou à quelques idées préconçues coriaces. Il faut cependant noter que, malheureusement, l’histoire proposée n’est pas complète. Les deux auteurs se concentrent sur les aspects organisationnels, sociologiques et technologiques et délaissent les opérations et la stratégie.

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