Côte 418, François Bert

Côte 418, François Bert, Edelweiss Editions, 2018, 123 pages.

Commander au combat. Commander malgré la mort, le froid, la souffrance et les privations. Dans l’horreur de la première guerre mondiale, comment de jeunes officiers ont pu trouver en eux les ressources nécessaires pour continuer à diriger leur troupe ? Que pouvaient être leurs pensées, dans l’attente de l’assaut qu’ils avaient eux-mêmes ordonnés, auquel ils participaient, sachant que nombreux étaient ceux qui n’en reviendraient pas ? C’est à ces questions essentielles que François Bert essaie de répondre. Ce Saint-Cyrien, ancien officier de la légion étrangère, s’est lancé il y a quelques années dans l’aventure du « discernement opérationnel » au profit des dirigeants d’entreprises. Après son dernier ouvrage sur la personnalité du chef politique, « Le temps des chefs est venu : autopsie de la personnalité présidentielle & solutions pour l’avenir » (Edelweiss éditions, 2017), il signe ici son premier roman.

Ecrit à la première personne, ce livre nous plonge dans les pensées du lieutenant Vincent de la Légion étrangère, à la fin de la 1ère guerre mondiale. Faisant vivre le lecteur deux jours dans la peau d’un chef de section, l’auteur dévoile toute la difficulté, l’importance, la complexité du commandement au combat. Plus qu’une simple aventure romanesque, François Bert utilise ici son personnage pour illustrer, par l’exemple, les principes de « management » qu’il défend dans son cabinet.

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Des murs et des hommes : sécuriser les frontières africaines au XXIe siècle

Laurent Touchard est historien, spécialiste des questions de défense en Afrique. Il est notamment l’auteur de Forces Armées africaines 2016-2017. Il signe ici le dernier Focus Stratégique n°85 intitulé « Des murs et des hommes : sécuriser les frontières africaines au XXIe siècle ».

Loin des clichés habituels sur les frontières africaines, il réaffirme ici que la notion de frontière n’est pas une invention récente ou importée en Afrique. Avec une grande connaissance de ces questions complexes, liées à l’affirmation des Etats, la circulation des personnes ou le développement économique, l’auteur nous éclaire sur les problématiques et les pistes de solutions.

« Les frontières africaines sont réputées pour leur porosité. Si elles sont de vitales interfaces économiques, elles cristallisent également des tensions politiques et sécuritaires, aussi bien dans le cadre de guerres interétatiques que des conflits intestins impliquant des groupes rebelles, sécessionnistes, ou autonomistes.

Mais les frontières du continent peuvent également être exploitées comme une ressource alimentant ces affrontements à travers les trafics, la contrebande et la corruption, ainsi qu’en offrant la protection d’un sanctuaire diplomatique. Face à ces défis, les forces africaines doivent s’engager dans des stratégies de sécurisation diverses. Deux principaux types de mécanismes se distinguent. D’une part les « murs » et autres dispositifs statiques mobilisant des moyens bien connus mais aussi des nouvelles innovations technologiques. D’autre part les forces de sécurité, qui font le choix de la mobilité, et doivent pour garantir leur efficacité, relever le défi de la coopération nationale et internationale. »

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Intelligence artificielle : vers une nouvelle révolution militaire ?

Jean-Christophe Noël est chercheur associé à l’Ifri. Il signe le Focus Stratégique n°84 intitulé : « Intelligence artificielle : vers une nouvelle révolution militaire ? ».

A découvrir sur le site de l’Ifri.

« L’intelligence artificielle (IA) est un enjeu de défense prioritaire pour les puissances militaires du xxie siècle. Sans surprise, les États-Unis et la Chine sont aujourd’hui en tête de cette nouvelle course aux armements digitalisée. En reproduisant les processus cognitifs au moyen d’algorithmes et de traitement automatisé du big data, l’IA est désormais capable d’effectuer un nombre grandissant de tâches spécifiques dans lesquelles elle surpasse les performances humaines. Appliquée au domaine militaire, elle permet de gérer et simuler l’environnement opérationnel, de détecter des menaces, de traiter et simplifier les masses de renseignement collectées et d’en livrer une analyse élémentaire. À ce titre, elle prolonge la révolution dans les affaires militaires survenue dans les années 1990 et se présente comme la voie principale de la supériorité tactique. Alors que l’automatisation s’affirme progressivement comme une nouvelle norme stratégique, les tenants d’un « humanisme militaire » soulignent cependant les limites de la technologie, le large éventail de contre-mesures et les risques d’une perte de contrôle, de déshumanisation de la guerre allant jusqu’à une remise en cause substantielle du métier de soldat. Si ces développements imposent de trouver à brève échéance un nouvel équilibre dans la relation homme-machine, l’avènement à plus long terme d’une IA dite « forte », entièrement autonome, pourrait transformer plus encore les dynamiques politico-militaires, voire altérer la nature même de la guerre. »

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Les armes de la Grande guerre – histoire d’une révolution scientifique et industrielle

Conseil Général de l’armement, Editions Pierre de Taillac, Paris, 2018, 351 pages.

Cet ouvrage est le fruit d’un travail d’équipe, confié à des historiens reconnus par le Conseil général de l’armement (CGARM). Cet organisme, présidé par le Ministère des Armées est composé de dix-huit membres civils et militaires impliqués dans les problématiques d’armement et provenant des secteurs étatiques, industriels, ou économiques. C’est donc avant tout sous le prisme de la technique et de l’économie, plus que sous celui de la conduite de la guerre elle-même, que fut pensé cet ouvrage. L’innovation, l’adaptation de l’économie des machines et des armes, la transformation de la guerre en une activité industrielle presqu’autant qu’humaine sont clairement mises en exergue. Si l’œil s’y arrêtera sur son grand format et pour ses abondantes illustrations, l’esprit s’y attardera pour ses explications d’historiens, mettant intelligemment en relation le progrès technique durant la guerre, et ses conséquences opérationnelles, stratégiques et industrielles.

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The Allure of Battle. A History of How Wars Have Been Won and Lost

Rémy Hémez nous livre cette recension originale du livre de Cathal Nolan, « The Allure of Battle. A History of How Wars Have Been Won and Lost », Oxford University Press, 709 p.

Cathal Nolan, professeur associé à l’université de Boston, démontre dans ce livre que les résultats des batailles ne déterminent qu’extrêmement rarement l’issue des guerres. Il fait une seule exception : Sadowa, en 1866, la seule véritable bataille décisive à tous égards. Cependant cette écrasante victoire prussienne sur l’Autriche a installé, chez les militaires allemands, l’idée qu’une guerre rapide et victorieuse était possible. Pour l’auteur, c’est l’attrition – « le broyage plutôt que le génie » – et l’endurance qui déterminent le dénouement des conflits. Ce n’est pas l’élan et l’audace qui font gagner les guerres ; celui qui perd est généralement celui qui, à cause d’une démographie moins avantageuse et d’une économie moins puissante, doit abandonner car il est épuisé.

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The South China Sea: China’s next nuclear playground?

Esther Soulard is a MA candidate in International Security at Sciences Po and was an intern at Ifri’s Security Studies Center until May 2018.

Crédits carte : Roman Madaus avec NST6.net

The South China Sea conflict has been largely put on the back burner, eclipsed by seemingly more pressing security issues in the Asia-Pacific. Yet, territorial disputes in the area continue to roil relations between regional countries and threaten to embroil the main claimants into a major conflict. At once a major strategic waterway and hotbed of economic activity, control of the South China Sea is sure to bring economic and geopolitical power – making possibilities for a diplomatic breakthrough between claimants – China, Vietnam, Malaysia, Taiwan, Indonesia, Brunei, and the Philippines – seem rather slim.

Situated at the crossroads of all major continents, the 3,5 million square kilometer maritime area is both the shortest maritime route between the Asia-Pacific to Europe and a major route connecting Middle Eastern and African countries to East Asian states. It is home to some one third of world trade – worth some five trillion dollars annually – as well as holds some seven billion barrels of proven oil reserves and an estimated 900 trillion cubic feet of natural gas. At the heart of most of the territorial disputes lies China, whose self-delineated maritime border – dubbed the Nine-Dash-Line – overlaps with all other plaintiffs’ exclusive economic zones. Not only has China claimed all of the region’s major archipelagos, namely the Spratly, Paracel and Pratas islands as well as the Scarborough Shoal and the Macclesfield Bank, it has backed up such claims with vast island-building projects and naval patrols.

Although securing access to the region’s resources surely accounts for much of China’s aggressive stance in the region, it is possible that its island-building spree and ongoing naval modernization is part of a larger ambition to acquire a credible sea-based second-strike capability. Its land reclamation activities and increasing militarization of the region coincide with the expansion of its nuclear submarine fleet hinting towards its intent to acquire a credible nuclear undersea deterrent. In such case, this has strong implications for global nuclear security altering the current status quo as well as significantly reshuffling regional power dynamics and the current military balance of power in the Sino-American relationship.

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