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La suprématie aérienne en péril: un nouvel ouvrage

Lundi, 13. octobre 2014 8:30

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Nous sommes heureux de vous annoncer la parution d’un ouvrage coécrit par trois membres d’Ultima Ratio, Corentin Brustlein, Etienne de Durand et Elie Tenenbaum. La suprématie aérienne en péril. Menaces et contre-stratégies à l’horizon 2030 est le résultat d’un travail de longue haleine dont vous avez pu apercevoir des éléments sur ce blog par le passé.

 

En voici le résumé de 4ème de couverture :

Depuis la fin de la Guerre froide, la force aérienne incarne, plus que toute autre capacité militaire, le visage de la puissance occidentale. Alors que les souvenirs des dernières oppositions sérieuses se font de plus en plus lointains, gouvernements et opinions publiques tiennent aujourd’hui pour acquise cette maîtrise du ciel, au point d’en faire implicitement la pierre angulaire de toute intervention militaire. Or, les évolutions géopolitiques et technologiques des vingt dernières années pourraient remettre en cause une évidence déjà contestable au regard de l’histoire. Dans les années à venir, les armées occidentales vont devoir faire face à des adversaires potentiels dotés de capacités défensives nettement plus performantes : missiles antiaériens modernes et intégrés dans des réseaux redondants, chasseurs de 5e génération, moyens d’agression à longue distance, drones ou encore cyber-attaques… Confrontées à des formes de contestation sophistiquées, technologiquement comme stratégiquement, les forces aériennes vont devoir réagir. Cet ouvrage analyse l’avenir de la supériorité aérienne à l’horizon 2030, les conséquences de son déclin éventuel et les voies et moyens qui permettraient de freiner cette évolution.

 

Et voici la table des matières :

Introduction générale : La suprématie aérienne, un présupposé stratégique fragile
Approche historique de la contre-stratégie aérienne

- La naissance de la puissance aérienne et de ses premières formes de contestation (1914-1945)
- Parades et contre-stratégies aériennes à l’âge du missile (1945-1990)
- Contester la supériorité aérienne occidentale dans l’après-guerre froide

L’horizon des contre-stratégies aériennes

- Tendances générales de la contestation de la supériorité aérienne
- Evolution capacitaire de la menace
- Typologie des contre-stratégies aériennes

Pérenniser la supériorité aérienne occidentale

- Maintenir l’avance occidentale en affrontement symétrique
- L’avenir des missions SEAD (Suppression et Enemy Air Defence)
- Renforcer la protection des infrastructures
- Renforcer la résilience des moyens C4ISR face aux menaces avancées
- Préparer les forces aériennes aux conflits asymétriques
- Quelle adaptation conceptuelle ?

Conclusion générale : érosion de la puissance aérienne et équilibres internationaux

 

Vous pouvez acheter votre exemplaire ici, ici, ici, ici, etc.

Comme toujours, vos commentaires seront les bienvenus. Bonne lecture !

 

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Etienne de Durand et Marc Hecker sur Arte

Jeudi, 22. mai 2014 11:17

Deux contributeurs d’Ultima Ratio ont récemment été invités sur Arte pour participer à l’émission « 28 minutes ».

Vous pourrez revoir ici l’intervention d’Etienne de Durand lors de l’émission consacrée au rôle des Etats-Unis dans la crise ukrainienne:


 

Et voici l’intervention de Marc Hecker lors de l’émission consacrée à l’évolution d’Al Qaïda et de la lutte contre le terrorisme:


 

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La réassurance, acte 3 – Contre un monopole américain

Vendredi, 28. mars 2014 10:44

NATO photo/SSgt Ian Houlding GBR Army/Flickr

Plus ça change, plus c’est pareil. Le premier appel des pays baltes afin de renforcer la mission de police de l’air de l’OTAN a été à Washington, qui a promptement répondu présent. Peut-être les Etats-Unis n’ont-ils pas été les seuls contactés, mais ils ont été les premiers à réagir. Les Européens se mettent petit à petit en ordre de bataille, mais un poil tardivement. Surtout, à moyen terme la réassurance ne peut se faire en pointillés, ce doit être une garantie pérenne et constante. Si certains suggèrent une modification de la posture américaine à la suite des événements en Ukraine et le retour des Etats-Unis en Europe, cela reste peu probable. Les conséquences pour les Européens, notamment pour l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, sont évidentes : il leur revient de donner des gages de réassurance.

Entre prudence et réassurance

La Russie n’est pas un voisin comme les autres. C’est une évidence pour les pays baltes, nordiques et ceux du groupe de Višegrad, qui ont jugé bon de le rappeler dans un communiqué commun – le premier de son genre. Plus généralement, les débats se multiplient au niveau minilatéral, comme si l’attitude russe avait fait voler en éclats les obstacles à des coopérations renforcées en matière de défense. Après des années de progrès faiblards, la coopération entre baltes pourrait être relancée. Les quatre du groupe de Višegrad accélèrent leur coopération militaire. Chez les Nordiques, Suédois et Finlandais réfléchissent de plus en plus sérieusement à rejoindre l’OTAN, un choix vers lequel les Norvégiens les encouragent à aller. Les Américains ont pris le pouls et ont adopté une posture ferme face à la Russie, dépêchant le vice-président Joe Biden pour faire un « Reassurance Tour » en Europe centrale et orientale. Le message est aussi clair à l’OTAN par la voix de son secrétaire général.

De leur côté, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni continuent de souffler le chaud et le froid, entre rhétorique dure et prépondérance des intérêts économiques. Pour les trois grandes puissances européennes, l’important est de doser.  Malgré la gravité de la situation actuelle en Ukraine, toute décision hâtive pourrait avoir des conséquences importantes. La difficulté aujourd’hui est de jauger le niveau d’imprévisibilité de la Russie sous le leadership de Vladimir Poutine. Cela semblant ardu, la prudence domine chez les trois grands européens.

La réassurance : un pilier de la stratégie européenne

Il est certain que les événements de ces dernières semaines doivent soulever un débat sur la posture vis-à-vis de la Russie. Pour autant, il serait inopportun de faire de l’opposition frontale à l’égard de la Russie la glue du lien transatlantique. Tout d’abord, ce retour vers le futur parait décorrélé de l’interdépendance économique et énergétique qui existe entre la Russie et l’Europe. Ensuite, il n’est pas sûr que cette glue tienne à l’usage, ni que les trois grandes puissances européennes n’y adhérent sur le long terme – en raison d’intérêts économiques, mais également géopolitiques –, pas plus d’ailleurs que les Américains.

C’est à cette intersection que la réassurance prend toute son importance. Si la Russie ne peut pas redevenir l’ennemi du partenariat transatlantique, la réassurance peut en revanche devenir l’une des principales motivations. Comme l’a rappelé Etienne de Durand, la réassurance n’est pas que militaire, elle est également diplomatique. A ce jeu, les Américains conservent la haute main. Mais la réalité plus est contrastée, et il ne faut pas s’y méprendre : il est en effet peu probable que la posture stratégique américaine soit réellement bouleversée par les récents événements. C’est donc une occasion à saisir pour les trois grandes puissances européennes. Si les Etats-Unis restent le garant de sécurité pour certains pays européens, c’est largement lié à l’absence d’alternative. Il serait opportun que Berlin, Londres et Paris s’en rendent compte et mesurent la portée de cette situation : si les trois pays veulent prendre leurs responsabilités et assumer un réel leadership en matière de sécurité européenne, c’est le moment.

Les implications sont multiples : échanges et consultations réguliers sur les enjeux de sécurité, participation à des exercices militaires à grande échelle, soutien par des moyens concrets le cas échéant, etc. La France est probablement le pays le plus avancé des trois grands, mais son attitude reste encore poussive. Malgré des choix bien accueillis, parmi lesquels la forte participation à l’exercice de l’OTAN Steadfast Jazz en 2013, la France a renforcé tardivement sa participation à la mission de police de l’air dans les pays baltes et a également tardé à envoyer dans les pays baltes un haut représentant, en l’occurrence le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, pour promouvoir la réassurance et la solidarité française. Britanniques et Allemands sont encore plus timides. L’attitude de Londres fluctue en fonction de ses circonvolutions internes sur son avenir européen. L’Allemagne envoie des signaux mi-figue mi-raisin : condamnation et tournée du ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dans les pays baltes et en Ukraine certes, mais pas de renfort à la police de l’air (certes, elle en est déjà la première contributrice) et incertitude sur sa participation à l’exercice Rapid Trident de cet été.

La réassurance : un concept global

Les Etats-Unis seront toujours prêts en cas de danger extrême, de crise aiguë mettant directement en cause les Alliés, mais il revient aux trois grandes puissances européennes de mener la danse au quotidien. Faire de la réassurance le pilier de la sécurité européenne n’implique pas pour eux d’élaborer des stratégies d’endiguement à l’encontre de la Russie, mais de rappeler à leurs partenaires européens leur engagement en faveur de leur sécurité. La réassurance instituerait un lien politique fort qui fonctionnerait dans les deux sens : les pays concernés seraient plus disposés en retour à être des partenaires fiables sur des dossiers où ils ne joueraient a priori aucun rôle. C’est ainsi que l’on peut interpréter la contribution estonienne en Centrafrique.

En outre, cela créerait une dynamique positive en faveur du maintien de l’interopérabilité et des budgets de défense. Le degré d’interopérabilité acquis en Afghanistan peut se déliter rapidement s’il n’est pas maintenu. Il manquait jusqu’alors une motivation claire pour s’engager dans des exercices réguliers ou même plus prosaïquement pour maintenir des investissements de défense.

La réassurance recouvre donc plusieurs dimensions complémentaires et peut devenir un des piliers stratégiques de l’Europe. Toutefois, elle nécessite une adaptation du discours : afin qu’une posture de réassurance fonctionne et qu’elle soit pérenne, ce n’est pas la menace qui doit réunir mais la finalité de protection du territoire. Il paraît bien difficile de passer sous silence la menace ou les risques, mais il est essentiel de mettre aussi en avant des aspects plus positifs : solidarité entre Européens, partage d’intérêts communs, renforcement de l’interopérabilité, etc. L’analyse des menaces restera toujours un nœud gordien entre Européens ; c’est pour cela qu’il est préférable de prendre le problème par l’autre bout – la protection du territoire européen – afin de réunir et de maintenir le consensus européen.

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La réassurance, acte 2 – Questions ouvertes par la crise ukrainienne

Vendredi, 21. mars 2014 16:27

La réassurance comporte un volet politique et un volet militaire. Par une posture appropriée qui combine ces deux dimensions, il s’agit à la fois de « rassurer » nos alliés et de ne pas créer de « tentations » chez certains de nos voisins. La réassurance part donc de la diplomatie et va au-delà de la seule défense collective pour toucher à la dissuasion.

Et donc, l’Ukraine

Commençons par l’Ukraine, dont il faut bien dire un mot. A priori, il ne s’agit pas de défense collective car l’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN. Mais cela ne veut pas dire pour autant que la crise actuelle n’a pas d’implications pour la défense collective en Europe. La réassurance paraît d’autant plus nécessaire sur ce point que de nombreuses minorités russophones vivent en Europe de l’Est, et pourraient être concernées par un scénario inspiré du précédent en Crimée (déstabilisations à défaut d’une annexion). Des réponses ponctuelles ont bien été mises en œuvre dans l’urgence (consultations, envoi d’avions par les Etats-Unis, manœuvres en Pologne), mais le problème de fond demeure ; il faut entreprendre une analyse à froid de ce qui s’est passé et des leçons que nous devons en tirer.

Leçons ukrainiennes

La crise en Ukraine et l’annexion de la Crimée par la Russie constituent une surprise stratégique, qui provient entre autres d’une attention insuffisante portée à l’est de l’Europe et d’une mauvaise appréhension de la partie russe, dont on saisit mal les motivations. On croyait jusqu’ici comprendre le jeu de Moscou : créer et entretenir des « conflits gelés » pour empêcher l’intégration à l’Ouest. Or, Vladimir Poutine semble être passé non seulement de l’intimidation à l’action, mais encore de « l’étranger proche » au « Russkyi Mir » (monde russe), or l’on trouve des minorités russes en plusieurs points d’Europe. Ajouté au fait que les Russes semblent aussi improviser, et tester les limites occidentales, tous ces éléments créent une forte incertitude, plus qu’inconfortable pour les Européens.

Population russophone en Ukraine (2010) © TLFQ.ULAVAL

Population russophone en Ukraine (2010) © TLFQ.ULAVAL

Populations russophones dans les Pays Baltes (2006)

Populations russophones dans les Pays Baltes (2006)

Coordination européenne : l’éternel retour du Même

Avant d’aborder le problème des réactions européennes au coup de force russe, se pose la question préjudicielle préférée des Européens, celle du cadre le plus approprié. Dans quelle enceinte faut-il par exemple discuter de réassurance ? Jusqu’à aujourd’hui, l’Europe est restée tiraillée par les rivalités entre l’UE et l’OTAN : réticences françaises par rapport au rôle politique de l’Alliance, refus britannique parallèle d’un rôle militaire de l’UE via la PSDC. Ces débats soulignent en réalité l’ampleur du problème de coordination entre des pays européens dont les intérêts et les préférences sont parfois (souvent ?) divergents. En outre, à ces deux acteurs, s’ajoutent des « groupes de contact » et autre initiatives bilatérales, qui ont actuellement la préférence de la plupart des Etats européens, entre autres dans les contacts avec les Etats-Unis. Face à cette fragmentation, il faudrait idéalement se coordonner entre Européens, apporter la démonstration d’une volonté politique forte parce qu’unie, de façon à dissuader et à réassurer dans un même mouvement. Mais cela exige un degré de convergence inédit ces dernières années, et qui suppose lui-même une enceinte consensuelle de coordination. Ces divisions politiques, dont on se souvient que l’URSS tentait déjà, pendant la guerre froide, de les instrumentaliser, et les divergences institutionnelles qu’elles induisent, constituent une quadrature du cercle assez habituelle – sauf qu’avec l’annexion de la Crimée, il pourrait devenir urgent de trouver une solution. L’OTAN semble naturellement privilégiée, en raison de la présence des Américains et du mécanisme des consultations prévues à l’article 4, qui vient justement d’être utilisé il y a quelques jours à la demande de la Pologne. Si la crise s’intensifie, et que les Etats-Unis demeurent impliqués comme aujourd’hui, il y a donc fort à parier que l’OTAN tiendra la position centrale et éclipsera définitivement l’UE/PSDC. Si elle s’enkyste en revanche… A long terme, que vaudra l’Alliance si les Etats-Unis continuent de « pivoter » hors d’Europe ? De plus, et qu’elles visent la Russie ou l’Iran, les sanctions se décident au niveau de l’UE, non à l’OTAN.

Les sanctions ne font pas une politique

Evacuons d’emblée une approche problématique : face à une grande puissance, il ne s’agit pas de « punir ». Les sanctions se veulent une alternative à la coercition armée comme à la seule (et impuissante) condamnation verbale ; elles sont aussi symptomatiques de l’état d’esprit occidental depuis la fin de la guerre froide, où l’on trouve un mélange de condescendance pour ceux qui n’adhèrent pas à l’idéal d’un « rules-based world », de réticence à l’égard de la force et de sentiment de supériorité économique et morale. La méthode n’a pas que des travers et peut même être efficace, comme le savent de nombreux Iraniens. En vue d’un objectif précis, « technologique » ou économique, par exemple empêcher ou freiner la prolifération nucléaire, les sanctions peuvent fonctionner à leur niveau. Face à la Russie aujourd’hui, quel serait toutefois l’objectif ? Le « premier niveau » de sanctions décidé par l’UE reste timidement symbolique, puisque les proches du président russe ne sont pas ciblés ; nul n’imagine sérieusement que Vladimir Poutine accepte de revenir en arrière en raison des sanctions actuelles, si ajustées qu’elles puissent être. Aller franchement au-delà, par exemple en essayant d’exclure progressivement la Russie des canaux financiers et économiques occidentaux, serait non seulement dommageable économiquement pour l’Occident, qui sort à peine d’une sévère crise économique – et singulièrement pour l’Europe, beaucoup plus exposée ici que l’Amérique – mais encore assez risqué car un tel isolement est susceptible de renforcer « l’éloignement psychologique » (lire : la paranoïa revanchiste) du régime russe actuel, voire de le menacer dans son existence, avec toutes les implications que l’on imagine.

Il est donc probable que l’on se contente en Europe de « marquer le coup », afin de ne pas affaiblir davantage notre crédibilité, en évitant d’insulter l’avenir des deux côtés. Première conséquence : les sanctions non symboliques ont de fortes chances de se concentrer sur la coopération militaire bilatérale avec la Russie ; les Etats-Unis, le Royaume-Uni et même l’Allemagne ayant ouvert la voie, il va devenir de plus en plus difficile pour la France de ne pas au moins suspendre la vente des Mistral. Deuxième conséquence : la réponse appropriée au coup de force russe ne saurait se limiter aux seules sanctions, approche par défaut et assez myope de la part d’Occidentaux qui veulent « faire quelque chose », sans trop savoir quoi ni dans quel but. C’est là que réapparaît la réassurance, dans un contexte de crise limitée, mais ouverte. Comment désormais articuler dimensions politique et militaire, doser de façon crédible des mesures visibles renforçant l’union politique entre Alliés, et des réponses militaires communes, prudentes mais fermes ?

La dissuasion, premier étage d’une réponse stratégique et militaire crédible

Si donc la crise s’enkyste, les Occidentaux ne pourront pas simplement attendre un retour à la normale. Intellectuellement confortable, une telle attitude nous brouillerait avec nos alliés européens du Nord et de l’Est, tout en accroissant la probabilité que le régime russe soit tenté d’aller plus loin. Or, et parce que la réponse ne peut se limiter à un régime de sanctions, même « smart », il doit y avoir des conséquences pour nos postures de défense. Après tout, si l’affaire de Crimée tétanise toute l’Europe nordique et orientale, c’est en raison de la question qu’elle pose implicitement : avons-nous, à l’Ouest, les capacités et la volonté de dissuader les agresseurs et de protéger nos alliés ?

La réassurance implique d’abord, en toile de fond, un volet nucléaire : on ne veut plus en parler en Europe, c’est pourtant indispensable. En cas de crise aiguë, le problème touche bien à la dimension nucléaire et en particulier à la dissuasion élargie. En réalité, le conventionnel et le nucléaire se garantissent, donc se renforcent ou à l’inverse s’affaiblissent mutuellement : pas « d’ombre portée » du nucléaire qui soit crédible « hors sol » sans engagement classique significatif, mais aussi pas d’engagement d’un corps de bataille somme toute très réduit et vulnérable face à une puissance nucléaire comme la Russie en l’absence de dissuasion. Parce qu’on se rapproche ainsi de la riposte graduée américaine, sans même qu’il y ait affrontement ouvert, on comprend que les Français ne soient pas à l’aise avec le sujet, pour d’évidentes raisons historiques et doctrinales… Mais on doit intellectuellement s’y atteler un peu, avant d’envisager sereinement des mesures militaires concrètes.

A suivre.

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La « réassurance », acte 1

Lundi, 17. mars 2014 8:44

Qu’est-ce que la « réassurance » ? Jusqu’à très récemment, personne à Paris n’y avait prêté d’attention, sauf quelques spécialistes de la chose otanienne. En gros, la réassurance désigne l’ensemble des mesures politiques et militaires que les grands pays de l’OTAN doivent prendre pour « rassurer » les Alliés d’Europe centrale et nordique par rapport à d’éventuelles menaces contre leur territoire et face à la Russie en particulier. L’actualité est ainsi faite qu’on n’a pas besoin d’expliquer en quoi la réassurance est importante, Vladimir Poutine s’en étant chargé – avant même l’affaire ukrainienne d’ailleurs, puisque les signes de tension militaire entre la Russie et certains de ses voisins européens se sont accumulés depuis plusieurs mois.

Acte I : Qu’est-ce que ce machin ?

« Réassurer » renvoie à plusieurs choses.
Le terme est employé dans le monde des assurances pour désigner les compagnies qui « réassurent » les assureurs normaux, c’est-à-dire agissent comme le prêteur en dernier recours. Récemment transposée dans le domaine de la sécurité, en particulier via un papier « fondateur », la notion de réassurance est spécifique à l’OTAN et renvoie au problème de la défense collective. Aux yeux des Alliés nordiques et orientaux, l’OTAN s’est focalisée exclusivement sur les OPEX (« crisis management » dans le jargon otanien) au détriment de sa mission première, la protection directe et territoriale des Etats membres.

Qu’il y ait un problème ou plutôt la perception d’un problème – ce qui était l’interprétation dominante pour les Alliés occidentaux jusqu’en 2008 – fait débat encore aujourd’hui, selon que l’on estime plausible ou pas une agression russe – iranienne, soudanaise, à remplir au choix – à l’encontre d’un ou plusieurs Alliés. Il faut alors, en bon français, « rassurer » sur la réalité de la défense collective dans sa double dimension politique et militaire – et accessoirement s’assurer nous-mêmes que nous sommes encore en mesure de tenir nos engagements…

Retour de la « grande guerre » – limitée
Plus largement, l’émergence de ce thème traduit le retour d’une problématique largement oubliée depuis la fin de la guerre froide : l’usage de la force entre grandes puissances. De trop nombreuses voix ont en effet proclamé depuis 20 ans l’obsolescence de la « grande guerre », et même de la guerre interétatique, et l’émergence parallèle des « nouveaux conflits ». Ce n’est donc pas un hasard si la « réassurance » apparaît à la fin des années 2000, quand la « fin de l’histoire » semble un peu moins sûre. Toutefois, il s’agit bien aujourd’hui de « guerre limitée », et non de la guerre totale préparée avant 1991. Autrement dit, il faut se préparer à des scénarios limités, qui vont de la déstabilisation à la prise de gages, de l’incursion ponctuelle dans l’espace et le temps à la frappe par missiles – mais aussi à des situations ambiguës, dans lesquelles la force peut être employée indirectement ou de façon non avouée. On est donc loin du phantasme, typique de la guerre froide, des 30 000 chars soviétiques déferlant.

Amateur ou Pro ?

Amateur ou Pro ?

Réassurance > défense collective
De fait, la « défense collective » d’aujourd’hui ne se pose pas et donc ne se pense pas dans les mêmes termes que pendant la guerre froide. Les pays européens ne sont pas confrontés à une menace constante et forcément existentielle, car nucléaire ; en retour, la solidarité transatlantique et intra-européenne est nettement moins forte. Sur le terrain, l’OTAN 2014 est bien loin de la machine de guerre politique made in USA, perçue à Paris comme rognant la liberté d’action et de pensée des Européens et les asservissant à Washington. Bien qu’encore vilipendée avec délectation par de nombreux responsables politiques hexagonaux, cette organisation-là a disparu depuis longtemps : l’OTAN « du XXIe siècle » ne commande presque plus rien, ne contraint plus ses membres (cf. les innombrables caveats en Afghanistan), et n’ancre même plus sa défense collective sur des déploiements militaires massifs et permanents. Bien au contraire, puisque la « nouvelle OTAN » ne comprend aucun déploiement à l’avant, c’est-à-dire en Europe orientale. Conjugué à la multiplication des OPEX (Bosnie, Kosovo, Afghanistan, Libye) et à la focalisation quasi exclusive des « anciens Alliés » sur les missions hors zone, on comprend mieux les demandes de la « nouvelle Europe » et des Nordiques. La crise actuelle vient se greffer sur une situation rendue problématique par des facteurs structurels si connus qu’il suffit de les énumérer : désengagement relatif des Etats-Unis en train de « pivoter » vers l’Asie ou le Homeland, on ne sait trop (et donc quasi absence de troupes terrestres américaines en Europe) ; démilitarisation massive et incontrôlée de l’Europe, et refus parallèle de prendre au sérieux les questions de défense en général et la défense territoriale en particulier ; résurgence de la puissance russe ; prolifération des ADM, missiles balistiques et autre missiles de croisière, diffusion des technologies et capacités militaires (ou duales) avancées.

Conclusion 1 : la réassurance repose sur la dissuasion et les capacités de défense collective mais ne s’y résume pas et incorpore toute une dimension politique ; si elles sont correctement pensées et mises en place, les mesures de réassurance rendent inutile l’activation des premières en temps de crise.

Conclusion 2, que l’affaire de Crimée impose brutalement : la mise en œuvre des articles 4 et 5 du traité de Washington redevient d’actualité, mais ne va pas de soi dans le contexte actuel. La France est concernée par des hypothèses d’affrontement inter-étatique, et triplement : comme membre fondateur et « grande » puissance au sein de l’Alliance ; idem au sein de l’UE depuis le traité de Lisbonne (article 42, alinéa 7) ; enfin, et par-delà l’OTAN, auprès de ses alliés du golfe Persique, où nous avons désormais une base. Non, décidément, l’avenir de la guerre n’est pas qu’en Afrique.

A suivre.

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La dissuasion nucléaire américaine face à un mur budgétaire ?

Vendredi, 14. mars 2014 8:08

140107_trillion_dollar_nuclear_triad_200x260Sous l’effet de facteurs divers (inflation, reports de dépenses, baisses de budgets, non-choix, etc.), le budget de la défense de la France a vu se constituer au cours des dernières décennies une bosse budgétaire, important volume de dépenses fréquemment repoussées et handicapant progressivement le Ministère. Aux Etats-Unis, où la saga budgétaire a connu un répit temporaire avec l’accord bipartisan de fin décembre, les forces nucléaires pourraient elles aussi être confrontées à un mur budgétaire colossal à un horizon de 10 à 15 ans.

Une étude récemment publiée du James Martin Center for Nonproliferation Studies, de Monterey, fait un point bienvenu sur les dépenses que requerra la modernisation de l’arsenal nucléaire américain au cours des trente prochaines années. Même si l’étude vaut le détour (et elle peut être lue très vite, pas de raison de s’en priver, donc), le résultat tient dans le titre : The Trillion Dollar Nuclear Triad. L’étude est notamment remarquable par les efforts déployés afin de se projeter sur trois décennies et d’évaluer la quasi-intégralité des dépenses (incluant non seulement les dépenses du Pentagone et du DoE, mais aussi les moyens de contrôle et de commandement). Elle complète très utilement d’autres rapports récents du Congressional Budget Office  et du Government Accountability Office (1, 2, 3…) qui permettent de se faire une idée de l’ampleur des problèmes de financement auxquelles les forces nucléaires américaines sont – et seront – confrontées.

D’abord, un rappel rapide : historiquement, les postures et forces nucléaires américaines et françaises ont eu bien peu de choses en commun. Toutes deux ont néanmoins, un jour, été des triades, c’est-à-dire structurées autour de trois composantes : des bombardiers (en commençant avec les B-36 et B-47 pour les Etats-Unis, et les Mirage IV pour nous), des missiles sol-sol à vocation stratégique (leurs ICBM de séries Atlas, Titan, etc. ; nos SSBS S2, puis S3 du plateau d’Albion) et enfin une composante sous-marine dotée de missiles balistiques (de la classe George Washington à l’Ohio, et du Redoutable au Triomphant nous concernant). Tandis que la France a démantelé sa composante sol-sol à la fin des années 1990, les Etats-Unis maintiennent encore une triade, complétée par des moyens dits « non-stratégiques » (bombes B61-3 et B61-4). On pourrait croire qu’une triade signifie « trois types d’armes » et « trois moyens d’emport ». Ce serait trop simple. En réalité, l’arsenal nucléaire américain ne compte pas moins de 7 types d’armes nucléaires, sans oublier les variantes au sein d’un même type (4 pour la B61, 2 pour la W76) et les 5 types de véhicules de rentrée (le cône durci au sein duquel est enchâssée l’arme) propulsés par les missiles balistiques.

Voici donc quelques remarques pour comprendre l’ampleur herculéenne de la tâche que représentera le renouvellement des forces nucléaires américaines.

Pour l’heure, l’Administration n’a pas remis en cause l’existence d’une triade, ni la conservation d’une capacité non-stratégique. Le Congrès a même pris ses dispositions (cf. section 1051) pour empêcher Obama d’abandonner la triade. Des travaux sont néanmoins en cours au Pentagone, concernant les options de remplacement des missiles sol-sol intercontinentaux et l’avenir de la structure des forces nucléaires des Etats-Unis.

Sur les trente prochaines années, ce renouvellement concernera à la fois les armes nucléaires (le dispositif combinant les détonateurs, l’amorce, l’étage de puissance), leurs moyens d’emport et plateformes (sous-marins, bombardiers stratégiques, avions tactiques, missiles balistiques sol-sol et mer-sol, missiles de croisière, corps de bombes à gravité) et le complexe nucléaire américain en charge de fabriquer les armes, d’en assurer la maintenance et la sûreté, de prolonger leur durée de vie en remplaçant des composants, mais aussi en charge de produire les composants fissiles et non-fissiles des armes.

Pour obtenir la ratification du traité New START, en 2010, l’Administration s’était engagée vis-à-vis du Congrès à investir près de 185 milliards de dollars pour les forces et le complexe nucléaire au cours de la décennie 2010-2020. Cela paraissait considérable, mais cela ne représente en réalité que le début de la bosse budgétaire, qui va croître rapidement à partir de 2020, à mesure qu’on passera de la phase de R&D des nouveaux systèmes à la phase de production (en particulier celle des SSBN(X), qui pourraient à eux seuls avoir un coût de 100 milliards de dollars). Le CBO estime ainsi qu’entre 2014 et 2023, le coût d’entretien et de renouvellement de l’arsenal nucléaire américain devrait être de près de 355 milliards de dollars, soit plus des trois quarts de ce que devraient être les dépenses de défense de la France sur la même période.

Vu l’ampleur de la tâche, l’une des orientations adoptées pour l’avenir de l’arsenal nucléaire américain est de simplifier sa composition en réduisant le nombre d’armes différentes par la mise en oeuvre de la « vision 3+2″ adoptée par le Nuclear Weapons Council. Cette « vision » prévoit de passer des 7 types d’armes actuels (avec leurs 12 variantes) à 5 types d’armes partiellement interopérables, 3 pouvant être emportées par des missiles balistiques sol-sol ou mer-sol, et 2 par des moyens aéroportés. A terme, réduire la diversité des systèmes pourrait permettre des économies significatives, renforcer la résilience de l’arsenal et, ce faisant, permettre de réduire le volume des armes nucléaires conservées en réserve. Cependant, la mise en oeuvre de cette « vision » implique de consolider des variantes d’armes aux propriétés très différentes, tout en conservant une grande flexibilité en termes d’effet, le tout sans faire d’essais nucléaires, une tâche ambitieuse et complexe, ce qui amène la NNSA à anticiper des coûts considérables : près de 12,5 milliards de dollars par tête, soit plus de 62 milliards au total, ce qui n’a pas été sans susciter des critiques au Congrès. Certains pensent que cette « vision » est tellement ambitieuse qu’elle pourrait prochainement s’effondrer sous son propre poids – et être abandonnée.

Enfin, il ne faut pas sous-estimer les problèmes auxquels chaque composante se trouve d’ores et déjà confrontée, ou que l’on peut anticiper. Au sein du complexe nucléaire, par exemple, la décision a été prise dès 2012 de repousser de cinq ans le début de la construction de l’installation prévue pour fabriquer les coeurs de plutonium (CMRR-NF); de nombreuses incertitudes perdurent quant au devenir de l’autre projet majeur, l’Uranium Processing Facility, dont la construction n’a pas été entamée.

Les missiles sol-sol (ICBM) ont le double avantage de représenter la composante a priori la moins onéreuse de la triade et de se trouver à la fin d’un cycle de modernisation qui prolonge leur durée de vie jusqu’à 2030. Les études en cours sur l’avenir des ICBM américains envisagent des options très variées. Dans l’hypothèse où le choix serait fait de remplacer les Minuteman, des investissements en termes de R&D seront requis dès 2018. Une telle hypothèse semble pour l’heure assez improbable, essentiellement pour des raisons financières, auxquelles pourraient s’ajouter des raisons politiques, liées aux scandales récents (notamment des cas de possession de drogue et de triche aux examens de certification pour les officiers de tir) au cœur desquels s’est trouvée la composante.

Il y a à Washington un large consensus sur la nécessité de conserver une composante sous-marine. Néanmoins, le coût de R&D et, surtout, de production des 12 SSBN(X) est si énorme, et tellement concentré sur une période limitée, qu’il aura de lourds effets d’éviction sur les plans de construction navale américains. La cible d’acquisition, déjà en baisse par rapport aux 14 SSBN actuels, pourrait être encore revue à la baisse.

La composante aéroportée fait quant à elle face à plusieurs problèmes spécifiques. Certes, le futur bombardier stratégique (Long-Range Strike Bomber), prévu pour des missions conventionnelles et nucléaires, fait partie des trois programmes prioritaires de l’Air Force et a, à ce titre, été protégé des coupes récentes. Néanmoins, tant les bombes à gravité que les missiles de croisière air-sol connaissent leurs propres difficultés. On savait déjà que le prolongement de la durée de vie de la B61, à travers le développement de la B61-12, avait vu son coût estimé passer de 4 à 10 milliards de dollars. On voit maintenant que protéger certains programmes comme le LRSB implique nécessairement d’en réduire d’autres: il en va ainsi du Long-Range Standoff, prévu pour remplacer le missile de croisière à tête nucléaire ALCM. Les propositions budgétaires de l’Air Force (attention: fichier de 40 Mo!) pour l’année fiscale 2015, publiées la semaine dernière, indiquent que les investissements initiaux pour lancer la R&D du programme ont été repoussés de 3 ans, passant pour le moment de 2015 à 2018.

Au final, en combinant les coûts des différents programmes, le problème posé par la superposition des nombreux besoins d’investissements, et les ambitions technologiques américaines (dans le domaine des armes, des vecteurs et des plateformes) qui accentuent encore le risque d’inflation, on peut nourrir de sérieux doutes quant à la soutenabilité à long terme du modèle actuel. Pour l’heure, la volonté américaine est de rationaliser les efforts tout en sauvegardant la structure de forces actuelle. Si le gouvernement américain entend véritablement résorber la dette fédérale, la contrainte budgétaire pourrait anéantir la faisabilité d’un tel programme et imposer des arbitrages plus brutaux – par exemple des abandons capacitaires.

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The Amphibious Endeavour: Tactical Risk, Strategic Influence

Jeudi, 27. février 2014 17:19

Focus stratégique 46 bisLe Laboratoire de recherche sur la défense (LRD) de l’Ifri vient de publier le numéro 46 bis de la série Focus stratégique :

The Amphibious Endeavour: Tactical Risk, Strategic Influence

Officier supérieur de l’armée de Terre, le Lieutenant-colonel Guillaume Garnier est détaché comme chercheur au Laboratoire de Recherche sur la Défense (LRD). Il est diplômé de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr et du Collège Interarmées de Défense (CID).

Ce nouveau Focus stratégique est téléchargeable ici.

Résumé:

Malgré une histoire séculaire, les opérations amphibies sont restées relativement occasionnelles avant la Seconde Guerre mondiale. De par les fortes contraintes météorologiques et les difficultés d’une planification interarmées, il s’agit de missions complexes et très risquées. Les retours d’expérience mettent en lumière des données incontournables telles que le besoin d’un appui-feu naval écrasant, d’un rapport de forces favorable sur le lieu de débarquement et surtout de l’effet de surprise. Ces vérités persistent aujourd’hui, mais l’amphibie a changé de visage, exigeant une intégration interarmées de plus en plus poussée, tout en bénéficiant des technologies militaires et navales les plus modernes. S’il continue d’offrir une perspective de haute intensité, l’amphibie constitue surtout une capacité clé pour « l’entrée en premier » dans un monde où 50 % de la population vit sur les littoraux. Couvrant l’ensemble du spectre de la conflictualité, l’amphibie démontre aujourd’hui davantage son utilité stratégique dans des scénarios de crise de basse à moyenne intensité que dans d’hypothétiques opérations de guerre majeure.

Sommaire:

Introduction

The ineluctable principles of amphibious warfare

Amphibious operations in the face of modern anti-access strategies

Strategic utility of amphibious operations: forcible entry and scalability of force

Conclusion

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La Nouvelle Guerre des étoiles. Idées reçues sur la défense antimissile

Mercredi, 19. février 2014 8:54

 

couverture

Politique étrangère vient de publier ma recension de l’ouvrage La nouvelle guerre des étoiles, co-écrit par Emmanuel Delorme, Bruno Gruselle et Guillaume Schlumberger.  L’ouvrage, édité en 2013 par le Cavalier Bleu, regorge d’informations et pertinentes et d’analyses originales qu’on peine à trouver ailleurs. Bonne lecture !

 

Alors qu’elle est présente depuis les années 1950 dans le débat stratégique, il a fallu attendre les années 1980 et, plus encore, la fin de la guerre froide pour que la défense antimissile devienne un élément clé de la politique de défense américaine. Au cours des 20 dernières années, elle a franchi un cap supplémentaire, prenant une place croissante dans les missions, voire dans les dépenses des principales puissances militaires. Alors que la protection des forces projetées face à la menace des missiles de théâtre était entrée dans les préoccupations de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) dès le milieu des années 1990, les derniers sommets de l’OTAN à Lisbonne et Chicago ont opéré un changement significatif en faisant de la défense du territoire des pays membres face à la menace balistique une mission de l’Alliance atlantique. Cet ouvrage intervient donc à un moment particulièrement propice pour comprendre les enjeux associés à l’émergence de la défense antimissile et sa signification pour la défense française et les équilibres stratégiques contemporains. [...]

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Poland and Ballistic Missile Defense: The Limits of Atlanticism

Vendredi, 7. février 2014 11:43

Proliferation Paper No. 48 (2014)Le Centre des études de sécurité de l’Ifri vient juste de publier le numéro 48 de la série Proliferation Papers :

Poland and Ballistic Missile Defense: The Limits of Atlanticism

Łukasz Kulesa dirige le Non-proliferation and Arms Control Project à l’Institut polonais des affaires internationales (PISM). Depuis 2003, il travaille sur les questions de sécurité internationale au PISM, plus précisément sur ​​la non-prolifération des armes de destruction massive, les crises de prolifération (Corée du Nord, Iran), les perspectives de désarmement nucléaire, la politique de sécurité russe, la dissuasion, le rôle de la défense antimissile, et l’avenir des régime de maîtrise des armements. De 2010 à  2012, il a été directeur adjoint du Strategic Analyses Department du National Security Bureau, un organisme chargé des questions de sécurité et de défense auprès de la présidence polonaise.  M. Kulesa est diplômé de la faculté de droit de l’Université Jagiellonian (Cracovie). Il détient un Master of Art en relations internationales et études européennes de la Central European University (Budapest).

Ce nouveau Proliferation Paper est téléchargeable  ici.

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Unmanned Air Systems: The Future of Air & Sea Power?

Lundi, 3. février 2014 12:54

Focus Sratégique n° 49Le Laboratoire de recherche sur la défense (LRD) de l’Ifri vient de publier le numéro 49 de la série Focus stratégique :

Unmanned Air Systems: The Future of Air & Sea Power?

Paul Rogers  est lieutenant de l’United States Navy. De 2010 à 2013, il a étudié à Lyon, puis à Paris en tant que Olmsted Scholar. Diplômé en 2013 de IEP de Lyon, il avait, auparavant, obtenu un Bachelor of Science en économie à l’Université de Washington, Seattle en 2002.

Ce nouveau Focus stratégique est téléchargeable ici.

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