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Dancing with the Bear: Managing Escalation in a Conflict with Russia

Mardi, 13. mars 2012 8:41

Le Centre des études de sécurité de l’IFRI a récemment publié le numéro 40 de la série Proliferation Papers intitulé :

Dancing with the Bear: Managing Escalatation in a Conflict with Russia

L’auteur, Forrest E. Morgan, est expert en science politique à la RAND Corporation et professeur associé à la University of Pittsburgh Graduate School of Public and International Affairs. Avant de rejoindre la RAND en 2003, il a servi 27 ans dans la U.S. Air Force.

Il est l’auteur, parmi de nombreuses autres publications, de Deterrence and First-Strike Stability in Space: A Preliminary Assessment (RAND, 2010).

Résumé de l’article :

« Escalation”, the tendency of belligerents to increase the force or breadth of their attacks to gain advantage or avoid defeat, is not a new phenomenon. Systematic thought about how to manage it, however, did not crystallize until the Cold War and the invention of nuclear weapons. Given the limitations identified in these Cold War approaches to escalation and the profound changes that have affected the strategic environment, a new framework for thinking and managing escalation against nuclear adversaries is needed. It should lead to a deeper understanding of the phenomenon of escalation: its dynamics, forms, and the motives that drive it. This paper attempts to fill a gap in the current strategic literature, and explores the challenges that NATO would face in managing escalation in a military conflict with a major nuclear power such as the Russian Federation. Escalation management is about keeping wars limited. In a war against Russia, Western leaders would need to weigh their interests in the issue at stake and adjust their war aims and efforts accordingly. They could secure success only if it is defined and pursued in ways that ultimately allow for compromise and do not threaten the survival of the Russian state or its leaders.

Table des matières :

Introduction

Escalation Management during the Cold War

A New Approach to Escalation Management

Managing Escalation Risks in a Conflict with the Russian Federation

Conclusion

Le papier peut être téléchargé ici.

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Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Autor: Ultima Ratio

Leçons d’une décennie d’interventions à l’Ifri: les vidéos

Samedi, 24. septembre 2011 7:22

Comme nous vous l’annoncions hier, les vidéos de la première session du cycle de séminaires sur « 2012: La défense en question », organisé par le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), sont désormais en ligne.

Camille Grand a tout d’abord exposé les leçons qu’il tirait d’une décennie d’interventions extrêmement variées (intensité, cadres, durée, etc.), et celles pouvant être tirées de la récente guerre en Libye.


10 ans d'opérations militaires : alliances… par Ifri-podcast

Etienne de Durand a ensuite développé le cas de l’Afghanistan, pour élargir en seconde partie vers un propos plus général sur les difficultés croissantes auxquelles se heurtent les interventions occidentales.


Guerre en Afghanistan : analyse et bilan… par Ifri-podcast

Enfin, Jean-Dominique Merchet a présenté son analyse du bilan de la décennie d’opérations, en évoquant les quatre ‘D’ des interventions (dispersion, durée, diversité, durcissement) et s’est interrogé sur leur place dans la posture française (coûts, perception par l’opinion publique, etc.).

La France et les conflits armés en 2011… par Ifri-podcast

Suite à ces trois interventions, la discussion s’est engagée autour des remarques d’Elie Tenenbaum, puis de Philippe Gros.


Leçons d'une décennie d'opérations : le débat par Ifri-podcast

Nous communiquerons le reste du programme du cycle « 2012: La défense en question » dès que les derniers détails auront été fixés.

Comme toujours, vos commentaires sur ce séminaire sont les bienvenus !

Catégorie: Divers, Lu, vu, attendu | Commentaires (2) | Autor: Ultima Ratio

SWAMOS 2011

Jeudi, 1. septembre 2011 8:36

J’ai eu la chance de participer en juillet à la quinzième édition de SWAMOS, acronyme de Summer Workshop on the Analysis of Military Operations and Strategy. Ce séminaire est organisé chaque été sur le campus de Cornell University par le Saltzmann Instistute of War and Peace Studies de l’université Columbia. Vingt-deux jeunes chercheurs y prennent part – en grande majorité des Américains. Si quelques Français font partie des « alumni » – à l’instar de Pascal Vennesson, Stéphanie Pézard ou encore Jean-Loup Samaan – ce séminaire me semble encore peu connu dans notre pays. J’espère que ce billet incitera certains d’entre vous à postuler pour l’année prochaine…

Sans prétendre faire un compte-rendu détaillé de SWAMOS 2011, voici quelques éléments qui m’ont marqués :

- Tout d’abord, il faut parler de l’avant SWAMOS. Six semaines avant le début du séminaire, chaque participant reçoit un colis contenant deux livres (Killer Angels de Michael Shaara et Military Power de Stephen Biddle) et plus de cinq cents pages de photocopies d’articles et d’extraits de doctrine. Une sorte de condensé de bibliothèque stratégique à lire impérativement sous peine d’être perdu lors des cours et des discussions. La lecture de la traduction de Vom Kriege de Clausewitz réalisée par Michael Howard et Peter Paret est également obligatoire.

- Le rythme du séminaire est à l’image des lectures préliminaires : intensif. Les cours ont lieu tous les jours, y compris le samedi. Quasiment tous les soirs se déroule une activité, que ce soit une présentation sur un thème précis (« le “surge” en Iraq », « comment écrire un article pour la presse ? », « quels sont les débouchés professionnels dans le domaine des études stratégiques ? », etc.) ou la diffusion d’un film suivie d’une discussion. Bien sûr, il s’agit de films de guerre comme La Bataille d’Alger ou Twelve O’Clock High. Après la séance de cinéma, il faut encore lire une cinquantaine de pages pour préparer les cours du lendemain.

- Voir défiler en quelques jours quelques uns des meilleurs spécialistes des questions de défense américains était impressionnant. Richard Betts, Stephen Biddle, Tami Biddle, Mark Cancian, Eliot Cohen, Conrad Crane, Andrew Exum, Cindy Williams : tous étaient présents, dans une ambiance studieuse et décontractée (certains enseignaient en short et en baskets…).

- Certains participants avaient une expérience directe de la guerre. Le groupe comptait deux officiers d’active et un ancien sous-officier. Parmi les civils, au moins deux participants avaient passé plusieurs mois en Afghanistan, dont un ancien employé d’USAID qui revenait d’un an dans le Helmand. Les témoignages de ces personnes ont contribué à rendre les discussions bien plus concrètes.

- Sur le fond, les sujets abordés couvraient un large spectre (de l’histoire de la bataille des Ardennes au processus de révision du FM 3-24 en passant notamment par la saga politico-militaro-industrielle du V-22 Osprey) et il serait trop long de faire état dans ce post des éléments-clés de chacune des interventions. La tonalité générale n’était guère optimiste. Le manque de vision stratégique des hommes politiques américains, plus préoccupés par les problématiques de politique intérieure que par les moyens de l’emporter en Afghanistan, a été pointé du doigt dans plusieurs interventions. Les difficultés de la pratique de la contre-insurrection ont été finement analysées. Et, l’avenir est apparu bien sombre lorsqu’ont été évoquées les problématiques budgétaires. Cindy Williams du MIT a rappelé que les dépenses américaines en matière de défense représentent environ la moitié des dépenses mondiales dans ce domaine. Au cours des dix premières années du XXIème siècle, les dépenses américaines consacrées à la défense ont été multipliées par deux alors que celles des pays européens membres de l’OTAN ont eu tendance à stagner. Environ 5% du PIB américain est consacré à la Défense, ce qui est moins que pendant la guerre froide mais qui représente une charge considérable en période de crise économique. La dette américaine ayant atteint un niveau record en 2011, les responsables politiques n’auront d’autre choix, dans les années à venir, que de procéder à d’importantes coupes budgétaires et de limiter l’ampleur des déploiements. Bref, comme le démontre déjà l’épisode libyen, les alliés européens des Etats-Unis vont devoir apprendre à se passer du grand frère américain…

Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Autor: Marc Hecker

Francs-tireurs et Centurions – les ambiguïtés de l’héritage contre-insurrectionnel français

Lundi, 18. avril 2011 10:00

Le LRD vient de publier le Focus stratégique de mars (ou presque) intitulé :

Francs-tireurs et Centurions – les ambiguïtés de l’héritage contre-insurrectionnel français

L’Afghanistan a ravivé le thème de la contre-insurrection et, via la redécouverte de Galula par les Américains, l’importante expérience française dans ce domaine. Etienne de Durand étudie donc les deux âges, colonial puis révolutionnaire, de la contre-insurrection « à la française » et conclut qu’il n’a jamais existé de véritable « école française de COIN ». Utilisé avec discernement (comparaison historique n’est pas raison ; la « guerre révolutionnaire » s’est soldée par une tentative de putsch), cet héritage peut  néanmoins se révéler précieux dans les interventions actuelles.

Sommaire:

Introduction
L’armée coloniale et ses méthodes contrastées
« Guerre révolutionnaire » et « arme psychologique »
La contre-insurrection à la française à l’âge des interventions
Vraies et fausses leçons de l’expérience française

Ce texte est téléchargeable sur le site de l’Ifri.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires sur ce blog!

Catégorie: Divers | Commentaires (2) | Autor: Ultima Ratio

Libye : « On s’engage, et puis on voit »

Mardi, 22. mars 2011 12:41

Cette maxime de Napoléon est inhérente à la guerre. D’abord pensée en référence à l’action militaire de niveau tactique et opératif, elle décrit finalement assez bien la réalité stratégique de la plupart de nos interventions actuelles et pointe aussi leurs faiblesses, et d’abord une préparation stratégique souvent insuffisante – personne n’a oublié l’embarras grandissant des Américains une fois arrivés à Bagdad en 2003. Au vu de notre posture, du cadre choisi et de plusieurs inconnues majeures, l’action dans laquelle on s’est engagé depuis vendredi en Libye ne fait pas exception à la règle. [...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (11) | Autor: Etienne de Durand

La posture stratégique indienne face au défi pakistanais

Jeudi, 10. mars 2011 8:00

Le Centre des études de sécurité vient de publier un nouveau Focus stratégique intitulé:

La posture stratégique indienne face au défi pakistanais

L’auteur est Guillem Monsonis, rédacteur en chef de la lettre d’informations stratégiques TTU et spécialiste des questions de défense en Asie du Sud.

Résumé:

En 1998, le Pakistan a acquis l’arme nucléaire, bouleversant ainsi les équilibres stratégiques régionaux. L’ancienne doctrine indienne Sundarji s’est révélée inadaptée à ce nouveau contexte. Pour sortir de son impasse stratégique, l’Inde a adopté une nouvelle doctrine dite de Cold Start. Cette doctrine, qui repose sur la rapidité de mobilisation, la surprise et la vitesse d’exécution, est censée permettre à l’Inde de mener une guerre contre le Pakistan sans franchir le seuil nucléaire. Toutefois, sa mise en œuvre est entravée par des obstacles institutionnels, capacitaires, diplomatiques et stratégiques. Il est donc légitime de se demander si la doctrine de Cold Start a réellement été conçue pour être appliquée ou si son élaboration ne vise qu’à impressionner le Pakistan en montrant que l’Inde n’abandonne pas la perspective d’une guerre conventionnelle malgré le risque d’une escalade nucléaire.

Sommaire:

Introduction
La remise en cause progressive de la doctrine
Sundarji
L’émergence de la doctrine de
Cold Start dans un contexte institutionnel et capacitaire délicat
Une stratégie trop ambitieuse?
En conclusion: une doctrine de transition

Ce texte est téléchargeable sur le site de l’Ifri.

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Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Autor: Ultima Ratio

Garder l’Amérique hors d’Asie: la diversification des moyens militaires chinois

Lundi, 28. février 2011 8:10

Les lecteurs assidus d’Ultima Ratio (et des productions de l’Ifri) que vous êtes auront peut être le souvenir d’avoir vu paraître au début du blog quelques posts sur le déni d’accès, posture militaire et politique par laquelle un acteur tente de s’opposer à une opération de projection de forces – une menace qui parle tout particulièrement aux appareils militaires occidentaux. Dans mes Focus stratégiques, j’avais choisi de m’intéresser en priorité au cas iranien, plus proche de l’Europe et peut-être aussi plus “à sa dimension” (quoique, sur ce point, il s’est avéré que ce n’était pas si simple).

Aux Etats-Unis, les regards se portent plus naturellement sur ce que fait la Chine dans le domaine. Celle-ci s’efforce de décliner le principe du déni d’accès sous toutes les formes envisageables, et certains experts ont passé un temps considérable à disséquer l’approche que la RPC a du déni d’accès, à évaluer les progrès de certains vecteurs conventionnels ou ses capacités et concepts d’emploi en matière de guerre des mines. Il y avait déjà beaucoup à dire (et, pour nous, à lire), mais il m’a paru intéressant de relater certains éléments apparus dans des auditions récentes de chercheurs de la RAND auprès de l’US-China Economic and Security Review Commission.

Roger Cliff remarquait récemment que bien que la Chine fasse des efforts afin d’améliorer ses capacités de déni d‘accès, le terme en tant que tel n’apparaît pas dans le débat militaire interne, qui évoque la nécessité de défaire un adversaire militairement supérieur (nécessité récurrente dans l’histoire militaire de la Chine contemporaine). Cela n’empêche pas la stratégie chinoise d’être fortement orientée vers le déni d’accès, mais explique le caractère hybride de cette posture, à la fois high-tech et recourant à l’asymétrie. Cette stratégie s’appuierait ainsi sur plusieurs principes :

  • Eviter une confrontation directe, “du fort au fort”, avec les forces de l’adversaire ; cibler des points vulnérables ou, tout au moins, des “points-clés” de l’adversaire, en particulier le C4ISR, à l’aide de capacités décisives concentrées à cette fin ;
  • S’emparer de l’initiative au plus tôt, créer un effet de surprise, préempter l’adversaire et ne pas laisser durer le conflit ;
  • Bénéficier de la supériorité informationnelle.

Cortez Cooper permet d’approfondir ce dernier point, plus original, mais qui laisse quelque peu songeur. Puisque le débat sur le déni d’accès est, dans une large mesure, une émanation du débat plus large sur la RMA, cela ne surprendra pas grand-monde de voir que la Chine envisage de constituer un “système des systèmes” auquel s’adosserait une campagne militaire destinée à contrer une intervention extérieure. L’intégration des différentes composantes de la “campagne interarmées anti-raid aérien” (Joint Anti-Air Raid Campaign – défense aérienne intégrée du territoire national, frappes sur les bases aériennes et porte-avions US, moyens aéroportés de C4ISR et de détection avancée, allonge supérieure des moyens antiaériens grâce à une portée accrue des appareils de chasse et au renforcement des capacités SAM de la flotte – People’s Liberation Army Navy ou PLAN) n’a rien d’aisé pour la Chine, tant en termes techniques qu’organisationnels ou opérationnels (c’est encore au plan doctrinal – sur le papier donc – que l’intégration sera la plus aisée).

Bien qu’ayant historiquement privilégié une posture de “pauvres”, la Chine se trouvera de plus en plus confrontée à des problèmes de “riches” : l’interarmisation, la constitution d’un réseau de capacités de détection et de ciblage transhorizons, l’intégration dans un plan de campagne de capacités de guerre électronique, cybernétiques, spatiales et conventionnelles, ou la constitution d’un réseau C4ISR global efficace et son articulation au niveau régional. Sur ce dernier plan, le défi est conséquent, et ne se résume pas à la seule obtention d’une “common operating picture”, mais à l’actualisation et la résilience de celle-ci dans le cadre d’un scénario d’intervention américaine.

Autre aspect intéressant, Martin Libicki, l’un des pères conceptuels de la cyberguerre (et des pionniers de la réflexion sur la RMA), s’est intéressé à la façon dont la Chine pourrait recourir à la cyberguerre dans le cadre d’une stratégie de déni d’accès, ceci à travers deux scénarios: un emploi stratégique des cyberattaques d’une part, un emploi opérationnel de l’autre. C’est très bref mais pas inintéressant.

  • Dans le premier scénario, la Chine lance une cyberattaque d’envergure stratégique contre le réseau de production et de distribution d’électricité des Etats-Unis, afin de dissuader ceux-ci d’intervenir dans un conflit en préparation à Taiwan. Selon Libicki, un tel emploi de la cyberguerre ne serait pas des plus pertinents pour la Chine: il transformerait une crise régionale en crise globale en touchant au homeland américain et tendrait plutôt à contraindre les Etats-Unis à intervenir pour ne pas perdre en crédibilité en Asie.
  • Une fois n’est pas coutume (cf. un précédent post de Marc sur ce blog), l’emploi opérationnel des cyberattaques s’avère plus original et intéressant: une fois l’intervention décidée du côté américain, la Chine attaque les systèmes d’information militaire des Etats-Unis, par exemple leur système de gestion logistique. L’objectif le plus évident serait ici de ralentir l’arrivée de leurs forces de projection, éventuellement dans l’espoir de créer un fait accompli à Taiwan, puis de préparer l’île à une tentative de reconquête américaine.
  • Alternativement, Libicki évoque la possibilité de voir la Chine utiliser cette attaque comme une sorte de première frappe « sous l’écran radar », sans gros risques. Suite à une telle initiative – purement « cyber » à l’origine – menée tandis que la flotte américaine entame ses mouvements pour prévenir ou répondre à une intervention chinoise, la Chine pourrait évaluer les conséquences de la cyberattaque, d’en déduire ses chances de résister militairement à une intervention américaine et, en fonction de cela, de décider d’intervenir ou non à Taiwan.

Il apparaît en tous cas de plus en plus clair que la Chine oriente sa posture vers des missions de déni d’accès. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le prochain numéro de Politique étrangère (mars 2011) comportera un article sur la modernisation de la flotte chinoise, écrit par mon ancien collègue Yves-Heng Lim, et qui tend à prouver cette tendance à partir du cas spécifique de la PLAN. Les testimonies indiqués plus haut montrent bien qu’une telle  stratégie mobiliserait l’éventail complet des pratiques militaires, et explique l’intérêt que lui portent les officiers et think tankers américains – ça et les éternelles rivalités bureaucratiques, bien entendu.

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (0) | Autor: Corentin Brustlein

Vincent Desportes, un général qui pensait trop fort ?

Lundi, 2. août 2010 13:07

Après 38 ans de service, le général Vincent Desportes vient de quitter l’institution militaire par la grande porte de « l’Ecole de guerre ».

Saint-cyrien entré en service en 1972, ingénieur, titulaire d’un DEA de sociologie, d’un DESS d’administration des entreprises (CAAE), le général de division Desportes est aussi breveté de l’Ecole Supérieure de Guerre et diplômé du War College, équivalent du Centre des hautes études militaires pour l’armée américaine.

A la tête du CDEF (Centre de doctrine d’emploi des forces) de l’armée de Terre de 2005 à 2008, le général Desportes a joué un rôle majeur dans le succès du Centre, qui est devenu sous son impulsion le principal centre doctrinal militaire français et s’est acquis un large rayonnement avec ses publications régulières comme Doctrine tactique et ses « documents fondateurs » comme « Gagner la bataille – conduire à la paix » – Les forces terrestres dans les conflits aujourd’hui et demain (FT-01) et Tactique générale (FT-02).

Mais ses états de service ne s’arrêtent pas à cette brillante carrière militaire. Vincent Desportes est en effet l’un des auteurs français actuels les plus riches et les plus prolifiques dans le domaine stratégique et militaire. Il  co-dirige d’ailleurs la collection « Stratégies et doctrines » aux éditions Economica et a publié de nombreux ouvrages :

  • Cavalerie de décision, ADDIM, 1998
  • Comprendre la guerre, Economica, 2001
  • L’Amérique en armes, Economica, 2002
  • Décider dans l’incertitude, Economica, 2004
  • Introduction à la stratégie (avec J.-F. Phélizon), Economica, 2007
  • La guerre probable, Economica, 2007

Vincent Desportes est une des têtes pensantes des armées. Excellent connaisseur de la culture stratégique américaine, il a beaucoup fait pour relativiser les thèses des partisans de la « Révolution dans les affaires militaires » et pour souligner l’importance de la « phase de stabilisation », en diffusant avec enthousiasme les thèses de Rupert Smith sur la « guerre au milieu des populations ». Ses prises de position et son franc-parler ne lui ont pas valu que des amis, dans son institution comme en dehors, et ont régulièrement suscité la polémique, dont tout récemment.

Alors que sa carrière se termine de manière pour le moins surprenante, puisqu’il n’a pas eu droit aux adieux aux armes traditionnellement organisés pour le départ d’une personnalité de son envergure, nous souhaitions ici lui rendre hommage. Le général Desportes n’a cessé d’œuvrer pour le renouveau de la pensée stratégique en France et pour que les officiers  se réapproprient la place intellectuelle qui devrait être la leur dans la société. Il a aussi été l’un des pères fondateurs du Laboratoire de Recherche de la Défense, partenariat original entre l’armée de Terre et l’Ifri. Il a d’ailleurs régulièrement collaboré à Politique étrangère, la revue de l’Ifri (on relira ainsi avec intérêt son article Combats de demain: le futur est-il prévisible?).

Le général Desportes a fait sienne cette maxime de Foch « Apprenez à penser ». A sa suite et à notre manière, c’est ce que nous essayons de faire sur ce blog.

Catégorie: Divers | Commentaires (5) | Autor: Ultima Ratio

Is COIN the Future of Land Operations?

Vendredi, 25. juin 2010 7:09

Eurosatory’s Think Tank village organised Wednesday last week its second conference on the future of land warfare. A podcast is already available for you to listen to but first here are the broad lines of what was said in the three presentations. [...]

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (0) | Autor: Caroline

Churchill clausewitzien

Jeudi, 27. mai 2010 7:37

Il est de bon ton, ces derniers temps, de lire les écrits de Sir Winston Spencer Churchill (le second prénom n’est pas sans importance) nouvellement traduits en français. Et nous sommes, au Centre des études de sécurité, parfaitement en vogue puisque non seulement nous les lisons, mais nous les discutons aux pauses café et les citons sur notre blog. M’étant également embarqué dans la fascinante lecture des Jeunes années de Sir Winston, j’ai été – en bon clausewitzien – interpellé par la force du passage suivant.

« Jamais, jamais, jamais on ne doit croire qu’une guerre sera simple et facile, ou que quiconque s’embarque dans cette étrange aventure peut mesurer à l’avance les vents et les tempêtes qu’il rencontrera sur son chemin. L’homme d’Etat qui cède à la fièvre de la guerre doit savoir qu’une fois le signal donné, il cesse d’être le maître de la politique à suivre pour devenir l’esclave d’événements imprévisibles et incontrôlables. Les War Offices désuets, les commandants en chef faibles, incompétents ou arrogants, les alliés indignes de confiance, les neutres hostiles, un Destin malveillant, de mauvaises surprises, d’affreuses erreurs de calcul, tout cela fait désormais partie du Bureau du conseil, dès le lendemain de la déclaration de guerre. Il faut toujours se rappeler, aussi sûr que l’on soit de remporter facilement la victoire, qu’il n’y aurait pas de guerre si l’adversaire ne pensait pas qu’il a aussi une chance. »

Sounds familiar ?

Pour être tout à fait honnête, cela fait partie de ces réflexions que l’on trouvera ici ou là tout au long de l’ouvrage, qui semblent appartenir davantage au Churchill de 1930, qui a pris du recul face aux événements, qu’à celui des années 1890, qui les vit. Ce-dernier semble plus préoccupé par la nécessité vitale – pour lui – de « voir du pays » et de participer à des combats quels qu’ils soient que par la compréhension du caractère prépondérant de la dimension politique en guerre. Quoi de plus logique, en réalité ? L’angle d’approche n’évolue t-il pas avec la pratique et la fonction ?

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (3) | Autor: Corentin Brustlein