Gallieni, Lyautey et l’usage de la force
Mardi, 4. mai 2010 7:45
Dans un précédent post consacré à l’ouvrage Mes jeunes années de Winston Churchill, je laissais entendre que les Britanniques pratiquaient à la fin du XIXème siècle une forme de « pacification » plus musclée que les Français.
En affirmant cela, je voudrais toutefois éviter de véhiculer une image erronée des méthodes françaises. Depuis quelques années, les écrits de Gallieni et Lyautey sont remis en avant, en insistant sur les aspects les plus doux de la méthode de la « tache d’huile ». Il est vrai que Gallieni et Lyautey insistaient beaucoup sur la nécessité d’épargner les populations locales et de penser au développement économique futur des zones en cours de « pacification ».
Il ne faut toutefois pas oublier que les expéditions du Tonkin et de Madagascar étaient aussi – et peut-être avant tout – des campagnes militaires. Gallieni et Lyautey se plaignaient souvent de la faiblesse des moyens qui leur étaient alloués mais ils ne se privaient pourtant pas d’aller au combat. Dans Les Lettres du Tonkin et de Madagascar, Lyautey décrit plusieurs accrochages qui se sont traduits à chaque fois par une dizaine de morts du côté français.
Gallieni présentait la « pacification » comme « l’action combinée de la force et de la politique ». Il serait inexact de ne retenir que les actions politiques et d’oublier l’usage de la force. Aucune campagne de contre-insurrection ne peut réussir sans emploi de l’outil militaire. Tout le problème consiste à savoir comment utiliser la force sans que son usage ne devienne contre-productif.
Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (6) | Autor: Marc Hecker


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