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UE: la lutte contre le terrorisme est-elle un sport d’équipe ?

Mercredi, 23. novembre 2011 7:41

 

En 1976, la mise en place d’un forum de discussion appelé le groupe TREVI marque le début de la lutte contre le terrorisme par la communauté européenne. Depuis le début des années 2000, cependant, les initiatives se sont démultipliées. Les attaques de New York, Madrid et Londres ont constitué de réels tournants : elles ont encouragé la prise rapide de mesures et la réorganisation institutionnelle dans le but de contrer la menace. Mais coordonner 27 Etats-membres dans un domaine tel que celui de la sécurité s’est avéré être une tâche complexe et les phases d’accélération ont souvent été suivies de périodes de ralentissement, voire d’inertie. Aujourd’hui, certains affirment que l’Union a du mal à « trouver sa place » dans la lutte contre le terrorisme et déplorent le manque de considération pour les questions de sécurité à Bruxelles.

 

La décennie commençait pourtant bien. A la suite des attaques de New York, le Conseil vote, avec une surprenante rapidité, une Décision-cadre établissant une définition commune du terrorisme, harmonisant les sanctions des attaques terroristes et instaurant un Mandat d’Arrêt Européen. Cette décision-cadre, mise à jour en 2008, constitue aujourd’hui la base juridique de la politique européenne en matière de terrorisme. En mars 2004, après les attentats de Madrid, la Déclaration sur la lutte contre le terrorisme du Conseil définit 7 objectifs stratégiques à traduire en 175 mesures. C’est également à ce moment-là que naît le poste de Coordinateur pour la lutte contre le terrorisme, dans le but de remédier au manque de coordination au sein de l’UE. Les attentats de Londres mènent ensuite à la rédaction de la Stratégie de lutte contre le terrorisme de l’UE (2005), qui s’organise autour de 4 piliers : « prévention », « protection », « poursuite » et « réaction ». Cette stratégie reste aujourd’hui le cadre de référence pour l’action de l’Union dans ce domaine.

On pourra également citer les politiques de l’UE pour lutter contre le financement du terrorisme, le programme de protection des infrastructures critiques, l’instauration de passeports biométriques, le Plan d’action européen pour améliorer la sécurité des explosifs, ou bien encore le renforcement des agences Europol et Eurojust.

Dans la pratique, pourtant, l’UE a fait preuve d’un réel manque d’efficacité. On a vu apparaître une surabondance de mesures dans le domaine alors même que la volonté politique ne suit pas. En témoigne la lenteur avec laquelle les mesures sont mises en œuvre : au premier janvier 2004, date limite de l’application de la Décision-cadre de juin 2002, seuls huit Etats-membres avaient adapté leur législation nationale aux conditions du Mandat d’Arrêt Européen. Il aura par ailleurs fallu six ans avant que les ministres de la justice et de l’intérieur des différents Etats-membres ne s’accordent sur le renforcement d’Europol. On constate aussi une tendance parmi les Etats-membres à produire des réseaux et institutions mais à refuser par la suite de leur procurer les moyens nécessaires pour exercer correctement leur fonction, ainsi qu’une réticence à convaincre les agences nationales, qui sentent leur autorité menacée, de se plier aux exigences de l’Union.

En 2007, la crédibilité de Bruxelles en matière de lutte anti-terroriste en prend un nouveau coup : le Coordinateur pour la lutte contre le terrorisme, Gijs de Vries, démissionne, excédé par les multiples frustrations que présente son poste (équipe restreinte, budget et pouvoir insuffisants). Il faudra six mois avant que la Commission ne lui trouve un remplaçant en la personne de Gilles de Kerchove, certains Etats-membres étant même en faveur de la suppression du poste. Cette inertie a achevé de convaincre certains du manque de sérieux de l’Union européenne en matière de terrorisme.

On ne peut pas négliger les succès qu’a connus la politique anti-terroriste de Bruxelles. Le Mandat d’Arrêt Européen, mentionné précédemment, a notamment permis à l’Italie de remettre dans un délai record aux autorités britanniques l’un des auteurs présumés des attentats de Londres, arrêté à Rome; plus généralement, la création en 2001 du Joint Situation Centre (SitCen), plate-forme européenne d’échange et d’analyse d’information, permet aujourd’hui à l’UE de produire ses propres évaluations de la menace terroriste.

 

Il paraît pourtant difficile de pousser la coopération plus loin, que ce soit à cause de la lenteur de la mise en œuvre, ou de la réticence des Etats-membres à céder des prérogatives en matière de sécurité. Les pays de l’Union ont catégoriquement refusé la mise en place d’une CIA ou d’un FBI européen et privilégient la coopération bilatérale. Le manque de confiance envers les services de renseignements de certains Etats, avec lesquels la collaboration est encore jugée risquée, explique en partie ce choix. Enfin, la crise économique et financière que traverse actuellement l’UE tend à reléguer les questions de sécurité en bas de la liste des priorités politiques. La menace terroriste ne saurait être traitée au seul échelon national mais l’UE, cantonnée à un rôle d’harmonisation et d’analyse, n’est pas en mesure de devenir, pour le moment, une véritable plateforme opérationnelle. Au regard des arguments exposés, il serait peut-être même judicieux de remettre en question la pertinence du cadre de l’UE et d’accepter que la coopération à 27 en matière de lutte contre le terrorisme ne peut qu’être limitée.

Catégorie: Analyses, Divers | Commentaires (0) | Autor: Alexandra Vickery

Caveats to Civilian Aid Programs in COIN: The French Experience in Afghanistan

Jeudi, 27. janvier 2011 7:05

Ifri’s Security Studies Center has just released a paper on the French experience in civilian aid progams in Afghanistan.

In this paper, the author, Amaury de Féligonde, who has worked for one year as a project manager within the Afghan-Pakistan Interministerial Unit, draws conclusions from his own experience in Kapisa and Surobi. He analyses the challenges he faced when trying to implement development projects in these war zones and intends to make recommendations applicable not only to Afghanistan, but to any conflict area.

Table of contents:

Introduction

Civil-Military Intervention  in Kapisa and Surobi

The “Developers’” Triple Illusion

The Objectives  and Modus Operandi  of Cooperation Operations

Is Civilian Aid COIN-compatible?

Conclusion

To download the article, click here.

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Catégorie: Divers | Commentaires (2) | Autor: Ultima Ratio

Insourcing US intelligence

Mercredi, 28. juillet 2010 7:17

Dana Priest and William Arkin’s reporting on Top Secret America in the Washington Post was an important media event. Its various graphs and installments nicely illustrate the sheer magnitude of US intelligence privatization. Mind you, the size and the compartmentalization of the US intelligence community is difficult to grasp and a cause for many problems of its own. Add to that the even more elusive layers of contracting and sub-contracting (an estimated 265’000 contractors have top-secret clearances) and one gets a security state that has grown beyond that what anyone can call reasonable by a long stretch of imagination. (If only McNulty had a fraction of that cash for the fight against drugs in Baltimore…)

Here are a few more thoughts on both the content and the style of the WaPo story.

First off, the sprawling privatization of US intelligence is, of course, hardly news to the engaged reader. The WaPo must be criticized for not even referring to Tim Shorrock, the real authority on this subject. He was the first author to have studied post 9/11 intelligence contracting, and he did it in a much more systematic and problem-centered fashion (albeit with less colorful graphs and less floury language on Washington suburbia). His book, Spies for Hire, is a compelling read that tells us why, where and how the US arrived at a situation where an incredible 70 percent of its enormous intelligence budget ends up in the hands of private companies. One can also find his data set, here. Shorrock obtained an unclassified document from the office of the Director of National Intelligence (DNI) that corroborates his basic estimate. After his book release, the CIA and the main stream media (MSM) simply ignored Shorrock’s research. The former called his figures ‘way off the mark’ and the latter shunned an awfully gripping story. Why? Surely, it would be too simplistic to associate big advertising companies of MSM, such as Lockheed Martin and Northrop Grumman with this. Fact is, though, it took MSM a long time to pick it up.

Second, and more importantly, the WaPo piece is also short of analysis. Now that the MSM has picked up the story, it does not seem to know what to do with it. The WaPo story hardly raises the important conclusions that ought to be drawn from this incredible intelligence-industrial complex. More concretely, what are the strategic drawbacks when private companies influence public intelligence policy? All of these 1,913 companies pursue their shareholders’ rather than the public interest. Who can deny that the industry shapes intelligence policy making when the contractors are so deeply entwined with those who decide on the contracts, sometimes even overseeing the work of fellow contractors? Companies want more contracts for their business to flourish. To do so, they will pull all possible strings to convince the intelligence community (IC) that their service are not only top-notch quality but also indispensable for counter-terrorism. (One interesting part in the WaPo story was how some IT gadgets developed by corporate America for their intelligence services create envy amongst colleagues, branches etc, which, of course, leads to even more profit). It’s no longer just research and development but actually inherent government functions that are being sold and re-sold like commodities. Not only can private companies bid for such functions, they can also help define what a government function in the intelligence domain should look like, now and in the future. They continue to win large contracts (consider, for example, the latest 100 million contract awarded to Blackwater) despite their often-times very problematic, direct and unaccountable involvement in enhanced interrogation, torture and assassinations in the field or their exploitation of the federal budget from their plush new offices in suburbia. For an example of the former, grab a copy of Spies for hire. Shorrock gives the reader a much more contextual understanding of how the private company CACI directed torture at Abu Ghraib. All this is something, that the WaPo authors « soft-pedaled » in the output of their two-year investigation. (Marcy Wheeler is right on the mark on this and uses stronger words for their lack of critical reporting.)

[...]

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (0) | Autor: Thorsten Wetzling

Fearing fusion, making sense of cooperation

Lundi, 12. juillet 2010 7:04

Interagency cooperation is a fancy word. The goal is legitimate: be more efficient, share information, and optimize human, financial, technical resources. Get more results, especially when war, COIN, or intelligence failures prove how necessary it is to work together. However cooperation is a serious job, not to be undertaken lightly. Indeed competition remains strong between individuals and institutions afraid of losing their influence, usefulness, resources, independence, efficiency, etc. Here are some reasons to be cautious about cooperation and some options to build stronger foundations for collaboration. [...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (0) | Autor: Aline Lebœuf