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Focus stratégique: le top 5 de 2011

Mardi, 20. décembre 2011 17:44

Chers lecteurs,

Avant de fermer temporairement ce blog pour la période des fêtes de fin d’année, nous vous proposons de découvrir le top 5 des articles de la collection Focus stratégique en 2011. Ce classement est effectué à partir des téléchargements enregistrés sur le site de l’Ifri. La palme revient à Etienne de Durand pour son article sur la contre-insurrection qui a bénéficié d’un coup de pouce de Jean-Dominique Merchet. Voici le palmarès complet:

1) Etienne de Durand, Francs-tireurs et Centurions. Les ambiguïtés de l’héritage contre-insurrectionnel français

2) Marie-Dominique Charlier, La protection du territoire national par l’armée de Terre. Fondements, limites et perspectives

3) Mathieu Guidère, La tentation internationale d’Al-Qaïda au Maghreb

4) Pierre Chareyron, Hoplites numériques. Le combat d’infanterie à l’âge de l’information

5) Guillem Monsonis, La posture stratégique indienne face au défi pakistanais

Nous vous souhaitons une agréable lecture et, surtout, d’excellentes fêtes de fin d’année!

Catégorie: Divers | Commentaires (3) | Autor: Ultima Ratio

Le réseau Haqqani et les conséquences de l’assassinat de Rabbani

Lundi, 10. octobre 2011 6:59

Il est rarement question en France, du réseau Haqqani, organisation terroriste à base familiale que le New York Times a ironiquement qualifié de « sopranos de la guerre d’Afghanistan ». Depuis quelques années ce groupe a en effet su s’imposer  comme l’un des plus actifs et des plus dangereux des « Nouveaux Taliban ». Ce réseau de militants, opérant dans les zones tribales du Pakistan, joue un rôle de plus en plus déstabilisateur dans la région, menaçant directement le processus de négociations entamé par Kaboul et la Coalition.

Le « patriarche » du groupe, Jalaluddin Haqqani, était initialement un précieux collaborateur des Etats-Unis et notamment de la CIA, durant la période d’occupation soviétique.  Rallié au mouvement des Talibans dès 1994 sous le commandement du Mollah Omar, Haqqani prend directement part au régime de Kandahar. Suite au déclenchement de l’opération Enduring Freedom en 2001, il prend la fuite et retourne dans les zones tribales. Aujourd’hui, les membres du réseau Haqqani ont des liens clairement identifiés et affirmés avec Al-Qaïda, et se considérent comme des sujets de l’Emirat Islamique.

Au cours des deux dernières années, le réseau a considérablement développé ses capacités militaires (réseaux de renseignement, IED nouvelle génération), tactiques (développement de camps d’entraînement), politiques (infiltration des institutions gouvernementales). Depuis 2008, outre des nombreuses attaques armées, le nombre d’attentats qu’on lui attribue s’élève à 15, sans compter dernièrement l’attaque contre l’ambassade américaine et contre le Quartier Général de l’OTAN à Kaboul. Le 20 septembre, l’assassinat de l’ancien Président Burhanuddin Rabbani, chargé des négociations avec les Taliban, a envoyé un message clair au gouvernement comme à la coalition. En réaction, les pourparlers ont été suspendus et le Président Hamid Karzaï se penche désormais sur une nouvelle stratégie à adopter – son récent accord avec l’Inde, peut apparaître comme des représailles diplomatiques en la matière. Le leader du réseau, Sirajuddin Haqqani a nié, dans un entretien donné à la BBC le 3 octobre dernier, toute responsabilité dans l’assassinat de Burhanuddin Rabbani affirmant que son organisation n’avait aucun lien ni avec l’ISI, les services de renseignements militaires pakistanais, ni avec un autre Etat.

 

L’amiral Mike Mullen, Chairman of the Joint Chiefs of Staff, a officiellement accusé les autorités pakistanaises de coopérer avec le réseau, ravivant encore un peu les tensions déjà fortes entre les deux pays. De son côté, Islamabad a enjoint aux Etats-Unis d’éviter les propos accusatoires et négatifs et a même sous-entendu que le Pakistan n’hésiterait pas à intervenir si les troupes de la coalition se décidaient à mener une opération terrestre transfrontalière comme certains le proposent désormais.

Les Etats-Unis, sont aujourd’hui dans une situation délicate, et doivent réévaluer leur relation avec le Pakistan. Certes, jusqu’en 2014, date de retrait définitif des troupes de la coalition, une situation de dépendance mutuelle perdure d’une part en raison du passage du ravitaillement des armées coalisées à travers le Pakistan, et d’autre part en raison de la faiblesse économique de celui-ci. Le président Obama a expressément prié les autorités pakistanaises de s’emparer du problème des Haqqani, étant donné que les quartiers généraux du réseau (leur centre de commandement, de contrôle et de logistique) se trouvent dans la région de Miram Shah, au Pakistan.

Depuis quelques semaines, on remarque un accroissement des attaques de la coalition dans les sanctuaires pakistanais des Haqqani, telle que la vallée de Charbaran, d’où ils mettent au point leurs opérations afghanes. Après la capture en Afghanistan la semaine passée de Haji Mali Khan, l’oncle de Sirajuddin, l’ISAF a déclaré le 5 octobre 2011, avoir tué lors d’un raid aérien en Afghanistan, son principal adjoint ainsi que deux de ses associés.

 

Derrière cette famille de terroristes, ce sont donc des enjeux bien plus grands qui se jouent aujourd’hui pour l’avenir de la région: en témoigne le surprenant rapprochement stratégique entre l’Inde et l’Afghanistan par la signature d’un accord portant notamment sur  la coopération en matière de sécurité. De ce fait, le triangle Inde-Pakistan-Afghanistan se trouve à nouveau au cœur des tensions. Le président Hamid Karzaï a déclaré que les relations pakistano-afghanes n’en seraient pas affectées, qualifiant le Pakistan de « frère jumeau ». Toutefois, l’accord indo-afghan peut être interprété comme un message dirigé vers Islamabad afin d’essayer d’influencer sa position vis-à-vis des talibans. Parallèlement, le Pakistan se méfiant de cette nouvelle entente qui pourrait lui être nuisible, mène des négociations avec la Chine, en instaurant dès lors une sorte de « jeu du plus fort » entre les trois Etats.

Catégorie: Analyses | Commentaires (3) | Autor: Laura Tanase

La posture stratégique indienne face au défi pakistanais

Jeudi, 10. mars 2011 8:00

Le Centre des études de sécurité vient de publier un nouveau Focus stratégique intitulé:

La posture stratégique indienne face au défi pakistanais

L’auteur est Guillem Monsonis, rédacteur en chef de la lettre d’informations stratégiques TTU et spécialiste des questions de défense en Asie du Sud.

Résumé:

En 1998, le Pakistan a acquis l’arme nucléaire, bouleversant ainsi les équilibres stratégiques régionaux. L’ancienne doctrine indienne Sundarji s’est révélée inadaptée à ce nouveau contexte. Pour sortir de son impasse stratégique, l’Inde a adopté une nouvelle doctrine dite de Cold Start. Cette doctrine, qui repose sur la rapidité de mobilisation, la surprise et la vitesse d’exécution, est censée permettre à l’Inde de mener une guerre contre le Pakistan sans franchir le seuil nucléaire. Toutefois, sa mise en œuvre est entravée par des obstacles institutionnels, capacitaires, diplomatiques et stratégiques. Il est donc légitime de se demander si la doctrine de Cold Start a réellement été conçue pour être appliquée ou si son élaboration ne vise qu’à impressionner le Pakistan en montrant que l’Inde n’abandonne pas la perspective d’une guerre conventionnelle malgré le risque d’une escalade nucléaire.

Sommaire:

Introduction
La remise en cause progressive de la doctrine
Sundarji
L’émergence de la doctrine de
Cold Start dans un contexte institutionnel et capacitaire délicat
Une stratégie trop ambitieuse?
En conclusion: une doctrine de transition

Ce texte est téléchargeable sur le site de l’Ifri.

N’hésitez pas à faire part de vos commentaires!

Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Autor: Ultima Ratio

Qui veut gagner des troufions?

Jeudi, 9. décembre 2010 7:03

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son titre, ce post n’est pas une énième chronique sur la réduction des budgets de Défense et la baisse attendue des effectifs des armées.  Plutôt que de parler de programmation militaire, évoquons plutôt – une fois n’est pas coutume – la programmation télévisuelle.

Dans les médias occidentaux, l’armée sri lankaise a mauvaise presse. Ses soldats sont régulièrement accusés de commettre des exactions, que ce soit contre les Tamouls ou lors de missions onusiennes de maintien de la paix. Dans les médias sri lankais, l’image de l’armée est bien différente, d’autant que le ministère de la Défense vient de lancer un nouveau show télévisé pour promouvoir ses personnels.

Il s’agit ni plus ni moins que d’une version militaire de la Nouvelle Star. Les candidats, en uniforme, fredonnent des mélodies locales et se déhanchent (modérément) au milieu des blindés et des pièces d’artillerie. Le jury, quant à lui, trône sur un camion de transport de troupes. L’Asian Tribune nous apprend que le nom du vainqueur – qui gagnera une maison – sera dévoilé en mai 2011, à la date anniversaire de la victoire contre les Tigres Tamouls.

On dit souvent, après Clemenceau, que « la justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique ».  Ce n’est probablement pas l’extrait suivant qui fera changer d’avis aux mélomanes…

Catégorie: Lu, vu, attendu | Commentaires (1) | Autor: Marc Hecker

Pakistan: inondations et radicalisation

Mardi, 7. septembre 2010 7:37

Ce post a été rédigé par Elie Tenenbaum qui rejoindra au mois d’octobre l’équipe du Centre des études de sécurité de l’Ifri et qui sera donc amené à contribuer régulièrement au blog Ultima Ratio.

L’histoire militaire regorge de batailles où la météo a joué un rôle important : le brouillard cachant les divisions de Soult à Austerlitz, les intempéries bloquant l’avance allemande devant Moscou à l’automne 1941, le mauvais temps du 6 juin 1944. Ces conditions météorologiques contribuent en partie aux frictions du « brouillard de la guerre » (au côté du flou des intentions et de la volonté), pour reprendre Clausewitz, de celles qui font de la stratégie un art et non une science. Pourquoi le climat ne jouerait-il donc plus un rôle aussi important dans les guerres irrégulières ? A condition que l’on sache regarder dans la bonne direction, le climat peut s’y révéler un facteur déterminant. À plus forte raison, lorsqu’il s’agit d’une catastrophe naturelle comme les inondations qui viennent de frapper le Pakistan cet l’été, les conditions météo peuvent aller jusqu’à exercer une importance stratégique — là où elles restaient souvent tactico-opérationnelles dans la guerre classique.

Les catastrophes naturelles ne sont certes pas toujours favorables aux insurrections. La rébellion tamoule, frappée de plein fouet dans son infrastructure par le tsunami de 2004, n’a pas survécu longtemps au désastre. De même que la rébellion de la Province indépendantiste d’Aceh en Indonésie a rallié un processus gouvernemental dans la foulée de la reconstruction de la zone.
Au Pakistan, cependant, les inondations de l’été pourraient bien avoir un impact stratégique en faveur de l’insurrection talibane. L’inondation s’est en effet répandue depuis la Province du Nord-Ouest (NWFP) et l’amont de la vallée de l’Indus, jusque vers le Pendjab et le Sindh, provinces populeuses du Pakistan. Un mouvement qui n’est pas sans rappeler la marche des Talibans vers les centres démographiques du pays — même si ces derniers n’en sont pas encore là.
Derrière cette métaphore en apparence un peu facile se tient une réalité stratégique et politique – le lien entre insurrection et inondation – souvent à peine effleurée par les médias. [...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (1) | Autor: Invité

Inde/Pakistan: enjeux stratégiques actuels

Mercredi, 19. mai 2010 6:31

Le Centre des études de sécurité de l’Ifri a le plaisir de vous convier à un séminaire sur le thème: « Inde/Pakistan: enjeux stratégiques actuels ».

Ce séminaire aura lieu le jeudi 20 mai de 12h30 à 14h à l’Ifri. Les intervenants seront Guillem Monsonis, chercheur associé à l’IDSA de New Delhi, et Gilles Boquérat, responsable du programme Asie du Sud à l’Ifri.

Si vous souhaitez participer à cet événement, merci de vous inscrire ici.

Catégorie: Lu, vu, attendu | Commentaires (0) | Autor: Ultima Ratio