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Violences politiques en Sierra Leone, malgré dix ans de paix

Dimanche, 25. septembre 2011 21:00

La Sierra Leone devrait célébrer début 2012 une décennie de paix, rendue possible notamment par l’intervention du Royaume-Uni et des Nations Unies. Alors qu’aujourd’hui cette présence internationale est réduite à une peau de chagrin, la perspective des élections présidentielles et législatives 2012 renforce les tensions et de nouvelles violences ont éclaté le 3 septembre à Kono et le 9 septembre à Bo, deuxième ville du pays. De telles violences avaient déjà éclaté avant les élections présidentielles en 2007 et en 2009.

La guerre avait fait en partie disparaître l’opposition entre le Nord (représenté par le parti APC) et le Sud (représenté par le parti SLPP) de la Sierra Leone, cependant cette opposition a réapparu dès les élections de 2002 et structure véritablement la vie politique sierra-léonaise. Une vieille pratique sierra-léonaise consistait à mobiliser des jeunes pour défendre les intérêts d’un candidat, si besoin en recourant à la violence, comme l’a montré l’anthropologue américaine Mariane Ferme. Or, depuis 2007, les partis ont commencé à remobiliser d’anciens combattants, donnant lieu à de nouvelles confrontations ponctuelles lors d’élections et dans les parties de la Sierra Leone les plus disputées, aux frontières entre zone APC et zone SLPP.

Ces violences, pour Lans Gberie, s’expliquent par un climat d’impunité et la présence limitée de la police et s’accompagnent de provocations entre religions inquiétantes. Elles semblaient avoir diminué depuis 2009, mais des affrontements ont eu lieu début septembre à Kono, à l’Est du pays, puis le vendredi 9 septembre à Bo, au centre de la Sierra Leone. Il y aurait eu un mort et 23 blessés (voir aussi ici). On trouve en ligne des images de ces violences (ici), qui ont vu à la fois une attaque contre Maadia Bio, le candidat du SLPP aux prochaines élections présidentielles (blessé par des pierres, voir la vidéo), suvi de l’incendie de plusieurs bâtiments de l’APC et de résidences de personnalités locales de l’APC.

Maadia Bio (ancien brigadier) fut le chef de l’Etat sierra léonais pendant quelques mois en 1996 : il avait pris le pouvoir par un coup d’Etat puis organisé les élections présidentielles ayant permis le retour de la démocratie en Sierra Leone.

Ces affrontements sont inquiétants, d’autant qu’ils s’accompagnent d’une couverture des évènements par la presse souvent partielle, manquant de modération voire jetant de l’huile sur le feu. Notons qu’on a pu aussi observer des violences similaires au Liberia, ce qui témoigne que le jeu démocratique, s’il est bien implanté dans la région (au point de structurer les violences), reste un jeu dangereux et volatile. Cela augure mal des prochaines élections, en 2012, d’autant que les forces de sécurité sierra-léonaises, bien que réformées et plus efficaces qu’il y a dix ans, restent prisonnières du bon vouloir du politique. Si ce dernier reste incapable de réguler le jeu partisan, et son propre recours aux anciens combattants, les forces de sécurité sont condamnées à tenter d’éteindre, difficilement, les braises sur lesquelles les politiques ont soufflé. Elles risquent pour ce faire, d’avoir elles mêmes recours à une force de plus en plus excessive et de se faire instrumentaliser par le pouvoir (défendant l’APC davantage que le SLPP comme en 2009).

 

Catégorie: Analyses | Commentaires (0) | Autor: Aline Lebœuf

Leçons d’une décennie d’interventions à l’Ifri: les vidéos

Samedi, 24. septembre 2011 7:22

Comme nous vous l’annoncions hier, les vidéos de la première session du cycle de séminaires sur « 2012: La défense en question », organisé par le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), sont désormais en ligne.

Camille Grand a tout d’abord exposé les leçons qu’il tirait d’une décennie d’interventions extrêmement variées (intensité, cadres, durée, etc.), et celles pouvant être tirées de la récente guerre en Libye.


10 ans d'opérations militaires : alliances… par Ifri-podcast

Etienne de Durand a ensuite développé le cas de l’Afghanistan, pour élargir en seconde partie vers un propos plus général sur les difficultés croissantes auxquelles se heurtent les interventions occidentales.


Guerre en Afghanistan : analyse et bilan… par Ifri-podcast

Enfin, Jean-Dominique Merchet a présenté son analyse du bilan de la décennie d’opérations, en évoquant les quatre ‘D’ des interventions (dispersion, durée, diversité, durcissement) et s’est interrogé sur leur place dans la posture française (coûts, perception par l’opinion publique, etc.).

La France et les conflits armés en 2011… par Ifri-podcast

Suite à ces trois interventions, la discussion s’est engagée autour des remarques d’Elie Tenenbaum, puis de Philippe Gros.


Leçons d'une décennie d'opérations : le débat par Ifri-podcast

Nous communiquerons le reste du programme du cycle « 2012: La défense en question » dès que les derniers détails auront été fixés.

Comme toujours, vos commentaires sur ce séminaire sont les bienvenus !

Catégorie: Divers, Lu, vu, attendu | Commentaires (2) | Autor: Ultima Ratio

Kadhafi delendus est

Samedi, 3. septembre 2011 10:00

La proximité de la Libye de Kadhafi avec la Carthage d’Hannibal n’est guère que géographique – sauf à inclure le prénom de l’un des fils du dictateur. La sagesse grondeuse de Caton l’Ancien, qui redoutait encore la cité punique après que celle-ci fut vaincue, peut quand même nous éclairer encore aujourd’hui quand il s’agit d’évaluer la conduite à suivre dans la région. On pourrait d’abord s’étonner de ce que les membres du CNT et de l’OTAN multiplient ça et là les déclarations d’intention quant à leur poursuite des opérations. La grande réunion internationale de jeudi 1er septembre a en effet décidé de maintenir les frappes à l’encontre des forces persistantes de l’ancien régime dans ce qui pourrait sembler à certains un acharnement contre un vieillard battu à la santé mentale fragile.

Les citoyens de l’Europe occidentale, au nom desquels la guerre est menée outre-Méditerranée, sont en droit de s’interroger : existe-t-il encore une menace Kadhafi ? S’il est encore difficile d’évaluer ses forces, on peut d’ores et déjà imaginer un scénario de poursuite de la guerre.

Dans son dernier message aux Libyens et à l’Occident, Kadhafi promettait « la guérilla [...] la résistance et la longue guerre» contre les forces du CNT. A-t-il les moyens de mener une telle lutte? Rien n’est moins sûr : alors que l’effondrement de son régime entraîne les défections de ceux qui s’étaient hier encore rangés au côté du Guide, il lui faudrait une aura exceptionnelle pour mobiliser des forces, susciter une adhésion qui dépasse ses bases tribales ou répondre de façon crédible au désir de changement des Libyens. Et pourtant, les combats continuent à Syrte et dans d’autres localités, sans mentionner l’immensité du désert méridional, avec ses champs pétroliers et ses frontières poreuses – sanctuaire tout trouvé pour une guérilla en quête d’oxygène.

Par ailleurs, si l’histoire récente nous a bien appris une chose, c’est qu’un état de grâce n’est pas éternel. Les guerriers de l’Alliance du Nord et les troupes américaines avaient été fêtés par les Afghans en 2002, avides de changement et pour le moins satisfaits de se débarrasser d’un régime qui les opprimait de bien des façons. C’est l’incurie de la communauté internationale et du nouveau gouvernement décentralisé qui ramena peu à peu les Talibans dans le jeu, jusqu’à faire d’eux, à partir de 2006, une alternative acceptable à la corruption des warlords.

De même, on peut d’ores et déjà s’inquiéter de ce que le Président du CNT et son Premier Ministre, Moustafa Abdel Jalil et Mahmoud Jibril, semblent un peu trop arrivés « dans les fourgons de l’étranger », comme l’on disait de Louis XVIII. Le contrôle des forces armées paraît fragile, comme le laisse entrevoir l’assassinat de son chef militaire, le général Abdel Fattah Younès en juillet dernier et resté impuni depuis. Ainsi que le précisent déjà certains observateurs, la plupart des chefs politiques des rebelles avec lesquels nous traitons n’ont toujours pas foulé le sol de la Tripolitaine. Les hommes qui ont pris la capitale semblent bien différents : venus de l’Ouest et non de Cyrénaïque, ils restent largement inconnus du grand public à la manière du désormais célèbre « bataillon Tripoli », peut-être composé davantage de forces spéciales que de manifestants libyens, et l’on s’inquiète d’ores et déjà de la forte présence dans les combats d’Abdelhakim Belhaj, plus connu sous le nom d’Abou Abdallah al-Sadek, et ancien chef du Groupe islamique combattant libyen (GICL). Le fossé existant entre un tel chef de guerre et l’homme que l’on a vu cette semaine sur le perron de l’Elysée n’augure rien de bon quant à la future unité du nouveau gouvernement.

Le pire n’est jamais sûr, mais il est raisonnable de craindre le désordre dans la Libye nouvelle. Si le chaos devait s’installer de manière durable – entretenu par exemple par des actes de terrorisme vindicatifs mais perturbateurs de la part des Kadhafistes retranchés –, tandis que le CNT se divise ou se consacre essentiellement au partage, en interne et en externe, de sa rente pétrolière, les Libyens, comme les Afghans avant eux, pourraient alors ressentir la nostalgie d’un régime, pourtant honni, mais qui leur assurait la sécurité.

Certes, les deux situations n’ont rien à voir : la géographie du pays est moins propice à l’insurrection, la société libyenne moins fragmentée et plus ouverte à l’étranger en général et à l’Occident en particulier, enfin Kadhafi ne peut s’appuyer sur un Pakistan voisin prêt à jouer le plus dangereux des jeux pour le protéger – encore que l’Algérie, le Soudan et les rebelles tchadiens pourraient, pour peu que la situation les y poussent, aspirer à jouer un tel rôle. Comparaison n’est pas raison, il n’en serait pas moins fâcheux de laisser s’échapper le dictateur comme on a laissé partir le mollah Omar. Comme Carthage, le kadhafisme doit être détruit, non pour ce qu’il est aujourd’hui mais pour ce qu’il pourrait incarner demain.

Catégorie: Analyses | Commentaires (2) | Autor: Elie Tenenbaum

Qu’est-il arrivé au régime Gbagbo?

Mercredi, 6. avril 2011 7:02

Ce post sur la Côte d’Ivoire a été rédigé par Vincent Darracq, docteur en science politique, actuellement Tapir fellow à l’Ifri.

Le président sénégalais Wade l’avait annoncé : après l’échec des négociations menées depuis de longs mois sous l’égide de l’Union Africaine (UA) et de la Cedeao, c’est in fine le rapport de force militaire entre les deux camps Gbagbo et Ouattara qui est en train de déterminer l’issue de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Le régime Gbagbo paraît au bord de l’effondrement. Les Forces Républicaine de Côte d’Ivoire (FRCI) ex-rebelles pro-Ouattara sont désormais entrées à Abidjan et encerclent les dernières poches de résistance, la résidence de Gbagbo et le palais présidentiel. Les rumeurs annoncent une reddition de Gbagbo qui se terrerait dans un bunker sous sa résidence. Quant à son chef d’Etat-major, Philippe Mangou, il s’est réfugié depuis le début de l’assaut à l’ambassade d’Afrique du Sud. Cet effondrement soudain d’un camp Gbagbo qui apparaissait jusqu’ici sûr de sa force s’explique principalement par trois facteurs.

Tout d’abord, son isolement diplomatique est aujourd’hui complet. L’UA maintient la pression. A l’issue du sommet de son Conseil de Paix et de Sécurité, qui a endossé les conclusions du panel de chefs d’Etats mis sur pied pour enquêter sur la crise électorale ivoirienne, elle réaffirme le 10 mars la victoire de Ouattara et donne deux semaines à Gbagbo pour quitter le pouvoir. La puissance continentale sud-africaine avait un temps fait entendre une musique alternative. Soutenue par l’Angola, l’Ouganda ou encore le Zimbabwe, elle a longtemps refusé de reconnaître la victoire de Ouattara et poussé pour l’adoption d’une solution de power sharing à la zimbabwéenne ou à la kenyane, qui aurait signifié le maintien de facto de Gbagbo au pouvoir. Elle a tenté avec succès d’utiliser les canaux de l’UA pour dessaisir du dossier ivoirien la Cedeao, menée par le rival africain nigérian et favorable à une intervention militaire contre Gbagbo. Mais l’Afrique du Sud a été mise en minorité au sein du panel de chefs d’Etat (dont faisait partie le président Zuma) ; elle a pris acte de ce rapport de force défavorable en se rangeant finalement officiellement derrière la position de l’UA le 15 mars, « lâchant » ainsi Gbagbo. L’Angola, le plus fidèle soutien de Gbagbo en Afrique, a dû faire de même quelques jours plus tard. En ce qui concerne la communauté internationale, l’ONU a également resserré son étau autour du régime Gbagbo. Suite à des exactions des troupes de ce dernier, le Conseil de Sécurité vient ainsi d’adopter une résolution voulue par la France et le Nigeria visant explicitement le régime, qui interdit notamment l’usage d’armes lourdes à Abidjan.

Ensuite, les sanctions économiques sont parvenues à étouffer le régime économiquement. L’Union Européenne a mis en place des mesures restrictives (restrictions de visas, interdiction des échanges commerciaux) visant des dignitaires du camp Gbagbo, mais surtout des compagnies publiques ou parapubliques tenues par des proches du régime, telles que celles gérant les ports d’Abidjan et de San Pedro. Cela a entraîné un blocus économique de fait du pays, se manifestant par un ralentissement brutal de l’économie : les exportations de cacao et de café sont bloquées, le système bancaire est paralysé, la plupart des entreprises sont à l’arrêt. Les devises ne rentrent plus dans les caisses de l’Etat, qui éprouve désormais des difficultés à payer les fonctionnaires.

Enfin, longtemps immobiles dans leur moitié nord du pays, les FRCI pro-Ouattara, organisées par le Premier ministre de Ouattara Guillaume Soro, sont entrées en scène en mars. Sans doute facilitée par une aide logistique et technique burkinabé, leur percée dans l’ouest et le centre du pays a été fulgurante, face à une armée régulière qui a le plus souvent cédé sans combattre. Seuls quelques centaines de soldats, principalement rassemblés au sein du Cecos et de la Garde présidentielle, défendent encore Gbagbo à Abidjan. En s’appuyant sur une lecture très extensive des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, l’ONUCI et la force Licorne française sont également rentrées dans la partie, en bombardant les derniers bastions pro-Gbagbo, au risque de créer un précédent qui ne manquera pas de passer pour de l’ingérence occidentale dans les affaires africaines aux yeux de nombreux leaders du continent.

Toutefois, si la voie du palais présidentiel semble désormais ouverte pour Ouattara, quel est le prix humain à payer pour ce dénouement militaire de la crise ? Si la Côte d’Ivoire ne sera pas la Sierra Leone ou le Liberia, il est cependant désormais établi que des massacres de civils ont eu lieu à Duékoué, dans l’ouest du pays. A Abidjan, la situation sécuritaire est volatile, et de nombreux quartiers sont en proie aux pillages et aux règlements de compte, un état des lieux qui ne s’est pas s’amélioré après l’appel aux armes des milices des Jeunes patriotes pro-Gbagbo. Enfin, quelle sera la marge de manœuvre d’un Ouattara président porté au pouvoir par les soldats de Soro ? Le futur homme fort de la Côte d’Ivoire, c’est peut-être bien ce dernier.

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La Chine face à l’indépendance du Sud-Soudan

Vendredi, 25. mars 2011 7:28

Ultima Ratio accueille à nouveau – et avec plaisir – un post écrit par Vincent Darracq, docteur en science politique et post-doctorant Tapir au sein du programme Afrique subsaharienne de l’Ifri. Vincent était déjà l’auteur d’Où va Laurent Gbagbo ?, paru sur le blog en décembre dernier.

Après avoir tenu en janvier 2011 un référendum où le « oui » l’a emporté à 98%, le Sud-Soudan deviendra officiellement le 54ème Etat d’Afrique le 9 juillet 2011 : c’est l’aboutissement d’un processus initié par le Comprehensive Peace Agreement (CPA) du 9 janvier 2005 et piloté pour l’Union Africaine (UA) par l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki. Même si l’Etat pas encore indépendant dénonce déjà des tentatives de déstabilisation par le voisin du nord, c’en est vraisemblablement fini d’une des plus longues guerres civiles d’Afrique (commencée en 1983). [...]

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Guinée Bissau : les relations civilo-militaires complexes d’un « narco-Etat »

Vendredi, 7. janvier 2011 7:01

Le prochain « séminaire-sandwich » organisé par le Centre des études de sécurité de l’Ifri se tiendra le jeudi 13 janvier de 12h30 à 14h.

Malgré plusieurs tentatives de réforme du secteur de sécurité, la Guinée Bissau reste  marquée par des relations civilo-militaires complexes, ponctuées de violences et de coups d’Etat. Sa corruption endémique l’a amenée a être qualifiée de « narco-État » par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.
Vincent Foucher
, chargé de recherche au CNRS, nous offrira son analyse sur ce pays, et  nous donnera l’occasion de s’interroger sur les leçons à tirer de ce cas pour améliorer la compréhension des relations civilo-militaires en Afrique.

Vous pouvez vous inscrire dès à présent sur le site de l’Ifri.

Nous espérons vous voir nombreux !

Les « séminaires-sandwichs » sont des séminaires informels et ouverts.
Les participants sont invités à amener leur déjeuner.

Catégorie: Divers | Commentaires (1) | Autor: Ultima Ratio

Où va Laurent Gbagbo?

Mercredi, 22. décembre 2010 15:00

Nous interrompons momentanément la trêve des confiseurs pour vous faire part d’une analyse sur la situation en Côte d’Ivoire. Ce post est rédigé par Vincent Darracq, docteur en science politique qui travaille actuellement pour le programme Afrique subsaharienne de l’Ifri en tant que Tapir fellow. Cette interruption temporaire ne doit pas vous faire oublier vos devoirs de vacances


Répression armée de l’opposition, fermeture des journaux pro-Ouattara, enlèvements et exécutions extra-judiciaires, obstruction délibérée à la mission de l’ONU dont il réclame désormais le départ de Côte d’Ivoire : le régime Gbagbo a choisi ces derniers jours la voie de la radicalisation et de la confrontation avec la communauté internationale. [...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (4) | Autor: Invité

La Somalie, cinquième front d’Al Qaïda?

Jeudi, 16. décembre 2010 7:35

Jean-Pierre Filiu, l’un des meilleurs spécialistes français de la mouvance jihadiste internationale, a publié en octobre dans la revue Etudes un article intitulé « Les quatre fronts d’Al Qaïda ». Les quatre fronts en question sont :

1) l’Afpak où se cachent probablement certains chefs historiques d’Al Qaïda qui bénéficient du soutien du réseau Haqqani en Afghanistan et du Tehrik e-Taliban Pakistan (TTP) au Pakistan.

2) la péninsule arabique où fut préparé l’attentat manqué contre le vol Amsterdam-Détroit et, plus récemment, l’opération hémorragie. C’est au Yémen que se trouve Anwar al-Awlaki qui aurait inspiré l’auteur de la tuerie de Fort Hood et qu’est produit le magazine Inspire dont nous avons déjà parlé ici.

3) l’Irak, où Al Qaïda est sur le déclin depuis le surge américain et le « réveil » des tribus sunnites d’Al Anbar et qui a encore été affaiblie par la mort d’Abou Hamza al-Mouhajer et d’Abou Omar al-Baghdadi en avril 2010.

4) l’Afrique du Nord et le Sahel où se développe Al Qaïda au Maghreb Islamique qui tend à s’attaquer de plus en plus aux intérêts occidentaux, notamment aux touristes et aux expatriés.

Dans son article, Jean-Pierre Filiu mentionne très brièvement la Somalie consacrant une seule phrase à la milice al-Shabaab. Cette milice, qui ne cache pas ses affinités idéologiques avec Al Qaïda, aurait sans doute mérité davantage d’attention.

Al-Shabaab s’internationalise en effet de façon très nette depuis plusieurs mois. L’internationalisation vaut pour les cibles, les attentats-suicides de Kampala, le soir de la finale de la coupe du monde de football, en étant l’illustration la plus spectaculaire. L’internationalisation vaut aussi pour les chefs d’al-Shabaab, la direction de l’organisation comptant un nombre croissant d’étrangers. Parmi ceux-ci, on peut citer : Fazul Abdullah Mohammed (kenyan), Sheikh Muhammad Abu Fa’id (saoudien), Abu Sulayman al Banadiri (somalien d’origine yéménite), Abu Musa Mombasa (pakistanais), Omar Hammami (américain) et Mahmud Mujajir (soudanais).

Ajoutons à cela que depuis le mois de juin 2010, plusieurs personnes ont été arrêtées aux Etats-Unis alors qu’elles s’apprêtaient à quitter le territoire américain pour rejoindre al-Shabaab en Somalie. Aux Etats-Unis toujours, c’est un jeune homme d’origine somalienne, Mohamed Osman Mohamud, qui a été arrêté à la fin du mois de novembre après avoir essayé de commettre un attentat à Portland.

Enfin, notons que des tentatives de rapprochement entre AQMI et al-Shabaab seraient en cours. C’est du moins ce qu’indique la Lettre du continent dans son édition du 25 novembre. Selon cette lettre, trois Marocains d’AQMI seraient récemment allés en Somalie pour y rencontrer des responsables d’al-Shabaab.

En somme, il semble bien que la Somalie soit en passe de devenir le cinquième front d’Al Qaïda. Les combattants d’Al-Shabaab ont déjà été félicités en 2008 et en 2009 par Ayman al-Zawahiri, ce dernier les ayant même qualifiés de « lions de l’islam », un véritable signe de reconnaissance dans la mouvance jihadiste internationale. Il n’est donc pas impossible que la milice somalienne devienne formellement une « filiale » d’Al Qaïda dans les prochains mois.

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (2) | Autor: Marc Hecker

France et RSS: Savoir dire non pour mieux dire oui

Vendredi, 5. novembre 2010 7:13

Niagalé Bagayoko intervenait il y a peu à l’Ifri sur La réforme des systèmes de sécurité et de justice en Afrique francophone, titre d’un ouvrage publié sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie. En mobilisant mes propres recherches sur la RSS en Sierra Leone (cf. cet article et celui-ci “La réforme britannique du secteur de la sécurité en Sierra Leone. Vers un nouveau paradigme”, Politique Africaine, n° 98, juin 2005, pp. 63-78. Publié également dans Michel Galy (dir.), Guerres nomades et sociétés ouest-africaines, L’Harmattan, Paris, janvier 2008 ), et certaines idées que j’ai retenues de sa présentation, il me semble possible de dégager quelques idées force sur les réformes du secteur de sécurité (que je définis comme réforme des institutions militaires, de police, de justice et de renseignement) et leur utilité: [...]

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (1) | Autor: Aline Lebœuf

La réforme des systèmes de sécurité et de justice en Afrique

Vendredi, 15. octobre 2010 17:22

Niagalé Bagayoko, docteur en science politique et chargée du programme « maintien et consolidation de la paix » de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), sera présente à l’Ifri le jeudi 21 octobre de 12h30 à 14h.

Elle viendra nous parler de la réforme des systèmes de sécurité et de justice en Afrique francophone, thème sur lequel elle vient de co-écrire un livre.

Nous espérons que vous viendrez nombreux à ce séminaire auquel vous pouvez vous inscrire sur le site de l’Ifri.

Catégorie: Divers | Commentaires (1) | Autor: Ultima Ratio