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La France perd son triple A stratégique

Vendredi, 3. février 2012 7:52

En annonçant vendredi 27 janvier le retour anticipé des soldats français d’Afghanistan, Nicolas Sarkozy sème le trouble dans l’Alliance Atlantique et chez nos alliés américains. Ces derniers auront tôt fait de nous dégrader au rang des moins fiables de leurs partenaires déclarés, nous retirant en quelque sorte notre triple A stratégique, pourtant difficilement gagné par le sang versé en Kapissa. Cette annonce semble rayer d’un trait de plume toute la stratégie du quinquennat, en cédant aux nécessités de la politique intérieure et aux enjeux électoraux.

Avec les nombreuses pertes enregistrées l’été dernier, l’image d’une victoire sur l’insurrection dans la zone française n’était plus défendable. Dès lors l’Elysée a mis la pédale douce aux opérations, consignant la force dans ses bases, et a recentré la communication sur le mentoring de l’ANA et sur le transfert des zones de responsabilité, cherchant ainsi une porte de sortie honorable. Il fallait bien limiter l’impact des pertes sur l’opinion publique alors que les élections se profilaient à l’horizon. Las, l’adversaire l’a parfaitement compris et mise sur des hommes infiltrés au sein de l’ANA pour contrer cette stratégie. La mort de 4 soldats français le 20 janvier, tués par un soldat de l’ANA (même si, dans ce cas précis, les motivations du meurtrier restent floues) a eu l’effet escompté. Le candidat Hollande annonçait un retrait immédiat des troupes s’il était élu, ajoutant à une démagogie douteuse une méconnaissance totale des difficultés de rapatrier aussi vite une telle force, sans parler des conséquences stratégiques de cette décision unilatérale. Le président Sarkozy de son côté, après quelques atermoiements, annonçait donc vendredi un retrait anticipé pour 2013.

Avec cette décision, Nicolas Sarkozy enterre toute la stratégie de ses cinq années passées à la tête des Armées. Elle semblait d’abord fondée sur un rapprochement avec les Etats-Unis avec à la clé une participation pleine et entière dans l’OTAN. Aujourd’hui, malgré les déclarations de Leon Panetta le 1er février, présentées – à mon sens à tort – comme un terrain d’entente entre Français et Américains, la divergence est bien réelle. Si le Président est réélu, il restera tout au plus « un effectif résiduel », incapable de jouer un rôle déterminant dans la mise à niveau de l’ANA, indispensable pour assurer le processus de transfert des responsabilités selon le calendrier défini. Si l’opposition est élue, on ne parlera peut-être même plus de présence française.

Cette stratégie nécessitait de payer « le prix du sang », en s’engageant plus volontairement auprès de nos alliés en Afghanistan, alors que le président Chirac s’était contenté du minimum syndical. Quoi qu’on en pense, elle était défendable et pouvait justifier la perte de nos soldats. Après tout, s’engager dans une guerre pour s’attirer les bonnes grâces d’un puissant est un acte éminemment stratégique. Un retrait anticipé, laissant nos alliés seuls gérer la difficile situation d’une sortie de conflit perdu, montrerait notre manque total de résilience et révèlerait  surtout à quel point il n’y a pas de constance dans la stratégie française. Nous avons peut-être démontré une certaine crédibilité militaire en Afghanistan et en Libye. A quoi rime-t-elle sans crédibilité politique ? Dès lors, on est en droit de se demander pourquoi 82 soldats sont morts sur la terre afghane.

Catégorie: Analyses | Commentaires (0) | Autor: Georges Dienekes

Afghanistan, les conséquences d’un retrait anticipé

Lundi, 23. janvier 2012 12:51

La vie politique française fonctionne à propos de l’Afghanistan comme un mécanisme à éclipses – disparaissant pendant des mois des écrans radars avant de réapparaître à chaque nouvelle perte en vies humaines. L’attentat d’un taliban infiltré (ou auto-improvisé) dans l’Armée nationale afghane (ANA) contre les forces françaises qui a fait 4 morts et 18 blessés vendredi 20 janvier a ainsi provoqué une série de réactions politiques inattendues, étrangement convergentes dans le désir d’un retrait des forces au plus tôt – dès la fin de l’année selon l’engagement du candidat socialiste François Hollande.

L’embuscade d’Uzbin en août 2008 avait révélé bien tard aux Français la dure réalité de la guerre de guérilla : difficulté extrême du terrain, faiblesse du renseignement humain, nivellement de la supériorité de la puissance de feu au moyen de procédés tactiques adéquats. Voici que l’attentat du 20 janvier lève le voile sur un autre quotidien d’une insurrection : le processus d’infiltration des forces de sécurité afghanes, procédé pourtant connu de longue date. On ne peut qu’être surpris par l’étonnement de l’Élysée à l’égard de cet état de fait, triste témoin de la gravité de la situation et révélateur de l’ampleur de la tragédie afghane.

La nature de l’attentat — perpétré non dans le cadre d’une embuscade mais à l’intérieur de la base [FOB] — doit être compris comme le résultat d’une décision du commandement français, à l’automne dernier de cesser les opérations de combat et de minimiser les risques. En effet, après un effort de la dernière chance mené au cours de l’hiver 2010-2011, la publication du calendrier de retrait en juin 2011, avec 2014 comme horizon final, ainsi que l’intensité de la contre-offensive talibane à l’été 2011 sonnent le tocsin des grandes opérations. Les 21 morts qui frappent les Français entre janvier et août 2011 les conduisent à se retrancher dans les bases. La « FOBite » n’est pourtant pas une protection efficace dans une province laissée entièrement au contrôle des insurgés et avec un partenaire partiellement infiltrée par l’ennemi : l’attentat du 20 janvier vient clairement le démontrer. A ce titre, la « sanction » émise à l’encontre de l’ANA via la suspension du mentoring laisse songeur: l’ANA est la première victime de cette infiltration qui ne témoigne pas d’un double-jeu, mais de l’incapacité du gouvernement Karzaï comme de la Coalition à gagner « les coeurs et les esprits » et de la puissante base populaire de l’insurrection…

Les conséquences de la fin prématurée (au regard du calendrier affiché) de la présence française au sein de l’ISAF doivent donc être étudiées attentivement, pour peu que l’on estime la valeur d’une action publique éclairée, guidée par autre chose que la course électorale et la politique de l’émotion.

• Conséquences militaires. Comme l’a déjà évoqué Jean-Dominique Merchet, les dangers d’un retrait sous le feu des Talibans sont considérables — d’autant plus que le « chemin aller » du matériel, à travers la passe de Khyber au Pakistan, s’apparente désormais à un couloir de la mort. Les Britanniques, à l’époque où ils s’étaient désengagés de Bassorah, avaient dû signer un accord secret (dont les éléments sont encore mal connus) avec l’Armée du Mahdi pour que cette dernière leur permette de se retirer en bon ordre. Un tel « accord de la honte » avec les Talibans sera-t-il possible, et si oui à quelles conditions? Pour ce qui est de « l’après » : les conséquences sur le théâtre restent cependant modérées. Avec 3 600 soldats, le contingent français était certes un contributeur important, d’autant qu’il représentait une force combattante unanimement saluée pour ses prises de risques et sa combativité. Il ne représente cependant que 3% de la Coalition, et les 90 000 Américains encore présents pourront combler la brèche — la Kapisa, fait partie de la RC-East sous commandement américain et a déjà été précédemment occupée par les hommes de la 82nd Airborne.

Conséquences stratégiques. L’annonce du calendrier de retrait en juin 2011 a irrémédiablement enclenché la dynamique de défaite : les Talibans savent qu’ils n’ont plus qu’à presser le départ de l’ennemi, mais surtout les Afghans « loyaux » n’ont désormais plus de raison de soutenir les Occidentaux dont les jours sur place sont comptés. Soutenir le gouvernement Karzaï paraît également être un pari risqué quand on connaît sa fragilité, sa corruption et le peu de soutien dont il jouit parmi la population. Pour autant, faut-il presser le pas ? Si les Talibans étaient si certains de leur victoire après 2014, ils ne prendraient peut-être pas les risques qu’on les voit prendre aujourd’hui. La guerre est un processus dynamique qui peut se retourner à chaque instant et les Talibans ne sont pas à l’abri d’un engouement nouveau pour un leader politique populaire (rappelons nous d’Abdullah Abdullah…) ou de la consolidation d’un front du refus en grande partie sur les lignes de l’ancienne Alliance du Nord. Partir aujourd’hui, c’est réduire encore la maigre chance de voir un sursaut dans le camp des anti-Talibans. D’une manière plus générale enfin, si la guerre, telle qu’elle est menée aujourd’hui, ne peut plus être gagnée, le départ des forces occidentales ne fera pas disparaître, bien au contraire, la menace que l’Afghanistan continue de faire peser sur la stabilité régionale et mondiale. Dès lors, tout retrait devrait être planifié attentivement, dans une perspective de long terme, en laissant si possible derrière nous de « petits cailloux », afin de capitaliser au mieux les dix ans de présence française dans le pays.

Conséquences diplomatiques. Faut-il le rappeler, la principale raison pour laquelle nous sommes présents en Afghanistan était de montrer notre soutien à l’Amérique après le choc des attentats du 11 septembre ­(la France avait d’ailleurs fait valoir à l’époque l’article V du Traité de Washington impliquant le soutien automatique à tout membre de l’OTAN ayant subi une agression). Le renforcement du dispositif en 2004 avait, là encore, des origines diplomatiques, puisqu’il s’agissait, entre autres, de panser les plaies de la crise irakienne en montrant notre engagement sur le front afghan. Le bénéfice accumulé pendant toutes ces années de présence en Afghanistan au cours de laquelle le France est apparue comme l’un des alliés les plus dignes de confiance de l’Amérique pourrait bien être terni par un retrait précipité, laissant derrière elle ses partenaires européens et internationaux. La France, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, a engagé sa parole et sa responsabilité dans l’affaire afghane. Sa décision est certes souveraine, et nul ne pourra s’y opposer, mais elle devra en tirer les conséquences en termes d’image.

Conséquences politiques. C’est évidemment le fond de l’affaire. En pleine campagne présidentielle, l’engagement français était forcément fragilisé, et les Talibans, qui ont déjà montré à plusieurs reprises leur complète maîtrise des agendas politiques occidentaux, en étaient parfaitement conscient. Que l’opinion soit, depuis 2008 au moins, majoritairement hostile à l’engagement militaire français est également un fait qu’il faut accepter en démocratie et en tirer les conséquences — à la condition tout du moins d’avoir procédé à un véritable débat contradictoire sur la question et en donnant aux partisans du maintien le droit à faire valoir leur point de vue. Il y a cependant peu de chance que la décision d’un départ rapide entraîne un réel gain politique : qu’ils le veuillent ou non, socialistes et ump-istes ont été parties prenantes, pendant dix ans, du maintien de la présence française — au contraire d’autres partis de l’opposition, dont les plus radicaux. Les électeurs intéressés par le sujet ne seront pas dupes, et il y a peu de chance qu’un retournement de dernière minute, commandé par l’émotion et la course au désengagement y change quoi que ce soit.

Même s’il apparaît aujourd’hui comme évident que la présence de l’OTAN ne peut plus apporter de solution stratégique à la problématique afghane, un retrait anticipé de la France d’Afghanistan ne doit pas pour autant être pris à la légère. La crise qui gangrène aujourd’hui la zone Af-Pak aura tôt ou tard des répercussions globales dont le prochain mandat présidentiel ne sera pas épargné – il serait bien aventureux de l’ignorer.

Catégorie: Analyses | Commentaires (1) | Autor: Elie Tenenbaum

Alain Chouet sur le terrorisme à l’Ifri : les vidéos

Mercredi, 2. novembre 2011 17:07

Comme vous le savez, le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) ont lancé un nouveau cycle de séminaires sur « 2012 La défense en question« .

La session du 27 octobre de 12h à 14h donnait la parole à Alain Chouet, ancien officier de renseignement français, sur le thème « Bilan de 10 ans de guerre contre le terrorisme« .

Le séminaire était suivi d’une discussion avec Camille Grand, directeur de la FRS, Etienne de Durand, directeur du CES, et Marc Hecker, chercheur au CES.

Voici trois extraits de l’intervention d’Alain Chouet, suivi de la version intégrale de son intervention:

- Comment traiter la menace terroriste aujourd’hui:


Comment traiter la menace terroriste aujourd'hui par Ifri-podcast

- Quel continuum entre Frères musulmans et terrorisme?


Quel continuum entre Frères musulmans et… par Ifri-podcast

- Les réseaux Haqqani et l’avenir du jihad


Le réseau Haqqani et l'avenir du jihad… par Ifri-podcast

- la vidéo intégrale de l’intervention:


Bilan de 10 ans de guerre contre le terrorisme par Ifri-podcast

Enfin, voici la vidéo de la discussion entre Alain Chouet et ses trois discutants :


Bilan de 10 ans de guerre contre le terrorisme -… par Ifri-podcast

Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Autor: Aline Lebœuf

Prochain séminaire-sandwich: Bilan de 10 ans de guerre contre le terrorisme

Lundi, 17. octobre 2011 14:44

Dans le cadre du nouveau cycle de séminaires sur « 2012 La défense en question« , le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) vous invitent au prochain séminaire-sandwich, qui se tiendra autour de Alain Chouet, ancien officier de renseignement français, le 27 octobre de 12h à 14h et portera sur le thème « Bilan de 10 ans de guerre contre le terrorisme« .

Le séminaire sera suivi d’une discussion avec Jean-François Daguzan, maître de recherche à la FRS, Etienne de Durand, directeur du CES, Marc Hecker, chercheur au CES et Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret-Défense.

Le nombre de places étant limité, inscrivez-vous vite sur le site de l’Ifri ou en écrivant à strategie@ifri.org.

Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Autor: Ultima Ratio

Le réseau Haqqani et les conséquences de l’assassinat de Rabbani

Lundi, 10. octobre 2011 6:59

Il est rarement question en France, du réseau Haqqani, organisation terroriste à base familiale que le New York Times a ironiquement qualifié de « sopranos de la guerre d’Afghanistan ». Depuis quelques années ce groupe a en effet su s’imposer  comme l’un des plus actifs et des plus dangereux des « Nouveaux Taliban ». Ce réseau de militants, opérant dans les zones tribales du Pakistan, joue un rôle de plus en plus déstabilisateur dans la région, menaçant directement le processus de négociations entamé par Kaboul et la Coalition.

Le « patriarche » du groupe, Jalaluddin Haqqani, était initialement un précieux collaborateur des Etats-Unis et notamment de la CIA, durant la période d’occupation soviétique.  Rallié au mouvement des Talibans dès 1994 sous le commandement du Mollah Omar, Haqqani prend directement part au régime de Kandahar. Suite au déclenchement de l’opération Enduring Freedom en 2001, il prend la fuite et retourne dans les zones tribales. Aujourd’hui, les membres du réseau Haqqani ont des liens clairement identifiés et affirmés avec Al-Qaïda, et se considérent comme des sujets de l’Emirat Islamique.

Au cours des deux dernières années, le réseau a considérablement développé ses capacités militaires (réseaux de renseignement, IED nouvelle génération), tactiques (développement de camps d’entraînement), politiques (infiltration des institutions gouvernementales). Depuis 2008, outre des nombreuses attaques armées, le nombre d’attentats qu’on lui attribue s’élève à 15, sans compter dernièrement l’attaque contre l’ambassade américaine et contre le Quartier Général de l’OTAN à Kaboul. Le 20 septembre, l’assassinat de l’ancien Président Burhanuddin Rabbani, chargé des négociations avec les Taliban, a envoyé un message clair au gouvernement comme à la coalition. En réaction, les pourparlers ont été suspendus et le Président Hamid Karzaï se penche désormais sur une nouvelle stratégie à adopter – son récent accord avec l’Inde, peut apparaître comme des représailles diplomatiques en la matière. Le leader du réseau, Sirajuddin Haqqani a nié, dans un entretien donné à la BBC le 3 octobre dernier, toute responsabilité dans l’assassinat de Burhanuddin Rabbani affirmant que son organisation n’avait aucun lien ni avec l’ISI, les services de renseignements militaires pakistanais, ni avec un autre Etat.

 

L’amiral Mike Mullen, Chairman of the Joint Chiefs of Staff, a officiellement accusé les autorités pakistanaises de coopérer avec le réseau, ravivant encore un peu les tensions déjà fortes entre les deux pays. De son côté, Islamabad a enjoint aux Etats-Unis d’éviter les propos accusatoires et négatifs et a même sous-entendu que le Pakistan n’hésiterait pas à intervenir si les troupes de la coalition se décidaient à mener une opération terrestre transfrontalière comme certains le proposent désormais.

Les Etats-Unis, sont aujourd’hui dans une situation délicate, et doivent réévaluer leur relation avec le Pakistan. Certes, jusqu’en 2014, date de retrait définitif des troupes de la coalition, une situation de dépendance mutuelle perdure d’une part en raison du passage du ravitaillement des armées coalisées à travers le Pakistan, et d’autre part en raison de la faiblesse économique de celui-ci. Le président Obama a expressément prié les autorités pakistanaises de s’emparer du problème des Haqqani, étant donné que les quartiers généraux du réseau (leur centre de commandement, de contrôle et de logistique) se trouvent dans la région de Miram Shah, au Pakistan.

Depuis quelques semaines, on remarque un accroissement des attaques de la coalition dans les sanctuaires pakistanais des Haqqani, telle que la vallée de Charbaran, d’où ils mettent au point leurs opérations afghanes. Après la capture en Afghanistan la semaine passée de Haji Mali Khan, l’oncle de Sirajuddin, l’ISAF a déclaré le 5 octobre 2011, avoir tué lors d’un raid aérien en Afghanistan, son principal adjoint ainsi que deux de ses associés.

 

Derrière cette famille de terroristes, ce sont donc des enjeux bien plus grands qui se jouent aujourd’hui pour l’avenir de la région: en témoigne le surprenant rapprochement stratégique entre l’Inde et l’Afghanistan par la signature d’un accord portant notamment sur  la coopération en matière de sécurité. De ce fait, le triangle Inde-Pakistan-Afghanistan se trouve à nouveau au cœur des tensions. Le président Hamid Karzaï a déclaré que les relations pakistano-afghanes n’en seraient pas affectées, qualifiant le Pakistan de « frère jumeau ». Toutefois, l’accord indo-afghan peut être interprété comme un message dirigé vers Islamabad afin d’essayer d’influencer sa position vis-à-vis des talibans. Parallèlement, le Pakistan se méfiant de cette nouvelle entente qui pourrait lui être nuisible, mène des négociations avec la Chine, en instaurant dès lors une sorte de « jeu du plus fort » entre les trois Etats.

Catégorie: Analyses | Commentaires (2) | Autor: Laura Tanase

Leçons d’une décennie d’interventions à l’Ifri: les vidéos

Samedi, 24. septembre 2011 7:22

Comme nous vous l’annoncions hier, les vidéos de la première session du cycle de séminaires sur « 2012: La défense en question », organisé par le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), sont désormais en ligne.

Camille Grand a tout d’abord exposé les leçons qu’il tirait d’une décennie d’interventions extrêmement variées (intensité, cadres, durée, etc.), et celles pouvant être tirées de la récente guerre en Libye.


10 ans d'opérations militaires : alliances… par Ifri-podcast

Etienne de Durand a ensuite développé le cas de l’Afghanistan, pour élargir en seconde partie vers un propos plus général sur les difficultés croissantes auxquelles se heurtent les interventions occidentales.


Guerre en Afghanistan : analyse et bilan… par Ifri-podcast

Enfin, Jean-Dominique Merchet a présenté son analyse du bilan de la décennie d’opérations, en évoquant les quatre ‘D’ des interventions (dispersion, durée, diversité, durcissement) et s’est interrogé sur leur place dans la posture française (coûts, perception par l’opinion publique, etc.).

La France et les conflits armés en 2011… par Ifri-podcast

Suite à ces trois interventions, la discussion s’est engagée autour des remarques d’Elie Tenenbaum, puis de Philippe Gros.


Leçons d'une décennie d'opérations : le débat par Ifri-podcast

Nous communiquerons le reste du programme du cycle « 2012: La défense en question » dès que les derniers détails auront été fixés.

Comme toujours, vos commentaires sur ce séminaire sont les bienvenus !

Catégorie: Divers, Lu, vu, attendu | Commentaires (2) | Autor: Ultima Ratio

Bilan de dix années d’interventions, premiers aperçus

Jeudi, 22. septembre 2011 16:43

Nous vous annoncions, il y a quelques jours, le lancement par le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) d’un nouveau cycle de séminaires sur « 2012 La défense en question ».

La première session a eu lieu ce midi, et a donné lieu à une confrontation passionnante sur les leçons d’une décennie d’opérations entre trois experts des questions de défense en France : Etienne de Durand, directeur du CES et contributeur de ce blog, Camille Grand, directeur de la FRS et Jean-Dominique Merchet, auteur de l’excellent blog Secret-Défense.

Les inconditionnels ont pu suivre les débats sur le compte Twitter du blog et les vidéos de l’intégralité des trois présentations et des débats entre les intervenants et les discutants (Philippe Gros, de la FRS, et Elie Tenenbaum, que vous avez déjà l’habitude de lire) sont en cours de préparation et devraient être mises en ligne sur le blog dès demain.

En attendant et pour vous donner un avant-goût, voici de courts extraits des trois présentations :

Camille Grand:

La contribution américaine à la guerre en Libye par Ifri-podcast

Etienne de Durand:

Les erreurs commises en Afghanistan (Etienne de… par Ifri-podcast

Jean-Dominique Merchet:

Les caractéristiques des guerres actuelles… par Ifri-podcast

La suite demain !

Catégorie: Divers | Commentaires (3) | Autor: Aline Lebœuf

Prochain séminaire-sandwich: Leçons d’une décennie d’opérations

Mercredi, 14. septembre 2011 15:04

Le Centre des Etudes de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) lancent un nouveau cycle de séminaires sur « 2012 La défense en question ».

Les élections présidentielles et législatives de 2012 constituent une occasion unique pour ouvrir un débat public et dépassionné sur les réalités de la Défense française et les difficultés, notamment budgétaires, auxquelles elle est confrontée.

Cette première session du 22 septembre, de 12h à 14h, portera sur les leçons d’une décennie d’opérations et donnera la parole à Etienne de Durand, directeur du CES et contributeur de ce blog, Camille Grand, directeur de la FRS et Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret-Défense. Le séminaire sera suivi d’une discussion avec Philippe Gros, chercheur à la FRS et Elie Tenenbaum, assistant de recherche au CES et autre auteur d’Ultima Ratio (voir son dernier article, Kadhafi Delendus Est).

 

Le nombre de places étant limité, inscrivez-vous vite sur le site de l’Ifri ou en écrivant à strategie@ifri.org.

Catégorie: Divers | Commentaires (2) | Autor: Ultima Ratio

Fin de partie en Afghanistan? (vidéo)

Jeudi, 28. juillet 2011 9:33

Gilles Dorronsoro, professeur à l’Université Paris 1 et chercheur invité à la Carnegie Endowment for International Peace, est intervenu à l’Ifri le 16 juin 2011. Sa conférence portait sur l’évolution du conflit en Afghanistan. En voici la vidéo. Comme toujours, vos commentaires sont les bienvenus!

 


Fin de partie en Afghanistan ? par Ifri-podcast

Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Autor: Ultima Ratio

In Memoriam

Mardi, 19. juillet 2011 18:00

Comme quatre de ses camarades, le Lieutenant Thomas Gauvin a été tué le 13 juillet, lors d’un attentat-suicide à Joybar en Kapisa. J’ai eu le plaisir de connaître brièvement le Lieutenant Gauvin à Coëtquidan, où il a écrit sous ma direction un remarquable mémoire sur « L’U.S. Army et la redécouverte de la contre-insurrection dans la Long War ». Il était l’un des tout meilleurs élèves-officiers que j’ai eus en sept années d’enseignement à Coët. La suite de son parcours a confirmé les qualités exceptionnelles qui étaient les siennes. Toutes mes condoléances vont à sa famille et à ses camarades de promo et de régiment.

Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Autor: Etienne de Durand