Articles du septembre, 2011

Toward the End of Force Projection? Operational Responses and Political Perspectives

Jeudi, 29. septembre 2011 17:29

Le Centre des études de sécurité de l’Ifri vient de publier le numéro 21 bis de la série Focus stratégique, intitulé :

Toward the End of Force Projection? II. Operational Responses and Political Perspectives

L’auteur, Corentin Brustlein, est chercheur au Laboratoire de recherche sur la défense de l’Ifri, rédacteur en chef adjoint des Proliferation Papers et contribue également à ce blog.

L’article est téléchargeable ici.

Vous l’aurez peut-être deviné, il s’agit de la traduction du second volume de l’étude réalisée en 2010, sur le déni d’accès et ses conséquences sur les armées occidentales – et notamment européennes. Le premier volume est, quant à lui, téléchargeable ici.

Voici l’abstract de l’article:

For more than a decade, US defense circles have been concerned about the emergence of capabilities and strategies, which, as they spread, risk imperiling the United States’ position in the world by their ability to disrupt or prevent force projection operations. Though most of the literature on such “anti-access” strategies focuses on the military aspects of the threat, this Focus stratégique – the second and last part of a two-part study – adopts a different perspective. Firstly, it considers the various means Western armed forces could rely on to confront anti-access strategies and conduct forcible entry operations, and assesses in particular the potential French and European contributions. Secondly, it argues that the problem of access cannot be studied in depth without taking into account its political dimension, which determines the operational freedom of action of both the interventionist powers and their adversaries. As was the case with the first part of the study, mostly centered on an analysis of current Iranian anti-access capabilities, this article is focused on examples taken from the Persian Gulf region.

Et le sommaire :

Introduction

Western Responses to Anti-Access Capabilities

The Primacy of the Political Framework

Conclusion

N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires !

Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Auteur: Ultima Ratio

Violences politiques en Sierra Leone, malgré dix ans de paix

Dimanche, 25. septembre 2011 21:00

La Sierra Leone devrait célébrer début 2012 une décennie de paix, rendue possible notamment par l’intervention du Royaume-Uni et des Nations Unies. Alors qu’aujourd’hui cette présence internationale est réduite à une peau de chagrin, la perspective des élections présidentielles et législatives 2012 renforce les tensions et de nouvelles violences ont éclaté le 3 septembre à Kono et le 9 septembre à Bo, deuxième ville du pays. De telles violences avaient déjà éclaté avant les élections présidentielles en 2007 et en 2009.

La guerre avait fait en partie disparaître l’opposition entre le Nord (représenté par le parti APC) et le Sud (représenté par le parti SLPP) de la Sierra Leone, cependant cette opposition a réapparu dès les élections de 2002 et structure véritablement la vie politique sierra-léonaise. Une vieille pratique sierra-léonaise consistait à mobiliser des jeunes pour défendre les intérêts d’un candidat, si besoin en recourant à la violence, comme l’a montré l’anthropologue américaine Mariane Ferme. Or, depuis 2007, les partis ont commencé à remobiliser d’anciens combattants, donnant lieu à de nouvelles confrontations ponctuelles lors d’élections et dans les parties de la Sierra Leone les plus disputées, aux frontières entre zone APC et zone SLPP.

Ces violences, pour Lans Gberie, s’expliquent par un climat d’impunité et la présence limitée de la police et s’accompagnent de provocations entre religions inquiétantes. Elles semblaient avoir diminué depuis 2009, mais des affrontements ont eu lieu début septembre à Kono, à l’Est du pays, puis le vendredi 9 septembre à Bo, au centre de la Sierra Leone. Il y aurait eu un mort et 23 blessés (voir aussi ici). On trouve en ligne des images de ces violences (ici), qui ont vu à la fois une attaque contre Maadia Bio, le candidat du SLPP aux prochaines élections présidentielles (blessé par des pierres, voir la vidéo), suvi de l’incendie de plusieurs bâtiments de l’APC et de résidences de personnalités locales de l’APC.

Maadia Bio (ancien brigadier) fut le chef de l’Etat sierra léonais pendant quelques mois en 1996 : il avait pris le pouvoir par un coup d’Etat puis organisé les élections présidentielles ayant permis le retour de la démocratie en Sierra Leone.

Ces affrontements sont inquiétants, d’autant qu’ils s’accompagnent d’une couverture des évènements par la presse souvent partielle, manquant de modération voire jetant de l’huile sur le feu. Notons qu’on a pu aussi observer des violences similaires au Liberia, ce qui témoigne que le jeu démocratique, s’il est bien implanté dans la région (au point de structurer les violences), reste un jeu dangereux et volatile. Cela augure mal des prochaines élections, en 2012, d’autant que les forces de sécurité sierra-léonaises, bien que réformées et plus efficaces qu’il y a dix ans, restent prisonnières du bon vouloir du politique. Si ce dernier reste incapable de réguler le jeu partisan, et son propre recours aux anciens combattants, les forces de sécurité sont condamnées à tenter d’éteindre, difficilement, les braises sur lesquelles les politiques ont soufflé. Elles risquent pour ce faire, d’avoir elles mêmes recours à une force de plus en plus excessive et de se faire instrumentaliser par le pouvoir (défendant l’APC davantage que le SLPP comme en 2009).

 

Catégorie: Analyses | Commentaires (0) | Auteur: Aline Lebœuf

Leçons d’une décennie d’interventions à l’Ifri: les vidéos

Samedi, 24. septembre 2011 7:22

Comme nous vous l’annoncions hier, les vidéos de la première session du cycle de séminaires sur « 2012: La défense en question », organisé par le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), sont désormais en ligne.

Camille Grand a tout d’abord exposé les leçons qu’il tirait d’une décennie d’interventions extrêmement variées (intensité, cadres, durée, etc.), et celles pouvant être tirées de la récente guerre en Libye.


10 ans d'opérations militaires : alliances… par Ifri-podcast

Etienne de Durand a ensuite développé le cas de l’Afghanistan, pour élargir en seconde partie vers un propos plus général sur les difficultés croissantes auxquelles se heurtent les interventions occidentales.


Guerre en Afghanistan : analyse et bilan… par Ifri-podcast

Enfin, Jean-Dominique Merchet a présenté son analyse du bilan de la décennie d’opérations, en évoquant les quatre ‘D’ des interventions (dispersion, durée, diversité, durcissement) et s’est interrogé sur leur place dans la posture française (coûts, perception par l’opinion publique, etc.).

La France et les conflits armés en 2011… par Ifri-podcast

Suite à ces trois interventions, la discussion s’est engagée autour des remarques d’Elie Tenenbaum, puis de Philippe Gros.


Leçons d'une décennie d'opérations : le débat par Ifri-podcast

Nous communiquerons le reste du programme du cycle « 2012: La défense en question » dès que les derniers détails auront été fixés.

Comme toujours, vos commentaires sur ce séminaire sont les bienvenus !

Catégorie: Divers, Lu, vu, attendu | Commentaires (2) | Auteur: Ultima Ratio

Bilan de dix années d’interventions, premiers aperçus

Jeudi, 22. septembre 2011 16:43

Nous vous annoncions, il y a quelques jours, le lancement par le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) d’un nouveau cycle de séminaires sur « 2012 La défense en question ».

La première session a eu lieu ce midi, et a donné lieu à une confrontation passionnante sur les leçons d’une décennie d’opérations entre trois experts des questions de défense en France : Etienne de Durand, directeur du CES et contributeur de ce blog, Camille Grand, directeur de la FRS et Jean-Dominique Merchet, auteur de l’excellent blog Secret-Défense.

Les inconditionnels ont pu suivre les débats sur le compte Twitter du blog et les vidéos de l’intégralité des trois présentations et des débats entre les intervenants et les discutants (Philippe Gros, de la FRS, et Elie Tenenbaum, que vous avez déjà l’habitude de lire) sont en cours de préparation et devraient être mises en ligne sur le blog dès demain.

En attendant et pour vous donner un avant-goût, voici de courts extraits des trois présentations :

Camille Grand:

La contribution américaine à la guerre en Libye par Ifri-podcast

Etienne de Durand:

Les erreurs commises en Afghanistan (Etienne de… par Ifri-podcast

Jean-Dominique Merchet:

Les caractéristiques des guerres actuelles… par Ifri-podcast

La suite demain !

Catégorie: Divers | Commentaires (3) | Auteur: Aline Lebœuf

Al Qaïda: bref état de l’art

Mercredi, 21. septembre 2011 14:12

Depuis dix ans, des milliers de publications – de qualité variable – ont été consacrées à Al Qaïda. Ces publications peuvent schématiquement être classées en six catégories.

  1. les recherches historiques qui retracent les origines d’Al Qaïda. Ces recherches, parmi lesquelles on citera The Looming Tower de Lawrence Wright, remontent à l’intervention soviétique en Afghanistan et analysent la manière dont Oussama Ben Laden, Abdallah Azzam et Ayman al-Zawahiri ont organisé l’afflux de combattants arabes pour venir en aide aux moudjahiddines afghans. Elles décrivent aussi la manière dont Al Qaïda s’est réorientée vers la lutte contre les États-Unis suite au retrait soviétique d’Afghanistan en fomentant plusieurs attentats contre les intérêts américains (World Trade Center en 1993, ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998, USS Cole en 2000).
  2. les études qui passent au crible la rhétorique jihadiste. Ces études se situent à différents niveaux. Les chercheurs ayant participé à l’ouvrage Al Qaïda dans le texte se sont intéressés aux chefs d’Al Qaïda. Ils ont ainsi traduit et analysé les principaux discours et écrits d’Oussama Ben Laden, Ayman al-Zawahiri, Abdallah Azzam et Abu Musab Al-Zarqaoui. Farhad Khosrokhavar s’est quant à lui penché sur la base de la mouvance jihadiste internationale en disséquant le discours d’individus arrêtés dans le cadre d’affaires de terrorisme.
  3. les analyses générales sur l’évolution globale de la menace représentée par la nébuleuse Al Qaïda. Les travaux de Jean-Pierre Filiu, qui s’est attaché à présenter les métamorphoses d’Al Qaïda depuis les attentats du 11 septembre 2001 et qui explique que l’organisation terroriste traverse actuellement une crise sans précédent, méritent ici d’être mentionnés.
  4. les monographies consacrées à l’activité terroriste sur une zone géographique donnée. On pense ici, entre autres, aux recherches effectuées par Bernard Rougier sur la progression du salafisme révolutionnaire dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban ou encore à celles de Mathieu Guidère sur le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) en Algérie.
  5. les biographies focalisées sur une figure charismatique de la mouvance jihadiste, à l’instar des travaux de Peter Bergen sur Oussama Ben Laden et de Brynjar Lia sur Abu Musab al-Suri.
  6. les analyses quantitatives retraçant le parcours de centaines de jihadistes. Les recherches de Thomas Hegghammer sur les combattants saoudiens et les travaux de Marc Sageman peuvent être mentionnés ici.

Par delà leurs approches méthodologiques variées, toutes ces études ont en commun de chercher à mieux comprendre la mécanique terroriste. Elles écartent d’emblée l’idée selon laquelle les terroristes seraient des fous – ou dans le cas d’Al Qaïda des « fous de Dieu » – pour se placer sur le terrain de la rationalité. Certains auteurs insistent ainsi sur la logique stratégique des attentats-suicides. Robert Pape met par exemple en avant le fait que les kamikazes constituent une arme d’une précision redoutable pour des organisations terroristes, d’autant plus performante que l’impact psychologique d’un attentat-suicide peut être décisif. D’autres travaux cherchent à mettre en évidence les facteurs sociologiques conduisant à l’engagement violent. Marc Sageman démontre dans ses ouvrages Understanding Terror Networks et Leaderless Jihad que la radicalisation s’effectue souvent autour d’un groupe d’amis et que les jihadistes ne sont pas nécessairement issus de milieux pauvres et fanatisés. Leur niveau d’éducation est sensiblement égal au reste de la population et ils n’ont pas forcément fréquenté des madrasas. En d’autres termes, il n’existe pas de profil-type de terroriste. Cette assertion se traduit dans les faits par une extrême difficulté à déceler en amont les individus susceptibles de devenir terroristes.

Suite à la mort d’Oussama Ben Laden et à l’occasion du dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, les articles consacrés à Al Qaïda se sont multipliés.  Dans Foreign Affairs, par exemple, William McCants s’est penché sur l’évolution d’Al Qaïda des origines jusqu’à nos jours, en insistant sur les réactions des principaux leaders de la mouvance jihadiste au « printemps arabe ». Si Guido Steinberg estime, dans Politique étrangère, que les révolutions tunisienne et égyptienne représentent une « défaite stratégique » pour Al Qaïda, Juan C. Zarate et David A. Gordon avancent quant à eux, dans The Washington Quarterly, que la mouvance jihadiste cherche à tirer profit de l’instabilité actuelle dans le monde arabe. Ils citent notamment, à l’appui de leur thèse, les différents messages adressés par Ayman al-Zawahiri au peuple égyptien.

De nombreux articles ont aussi été publiés, au cours des dernières semaines, sur Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Un thème récurrent a trait aux changements induits par la transformation du GSPC en AQMI.  Dans la revue Orbis, J. Peter Pham insiste sur deux évolutions majeures : l’importation de tactiques utilisées en Irak (en particulier les attentats suicides) et le développement d’une stratégie de communication ambitieuse sur Internet. Dans un article paru dans Mediterranean Politics, Manuel R. Torres Soriano compare plus spécifiquement la communication du GSPC et d’AQMI, en s’appuyant sur un corpus de près de 200 communiqués. L’accent mis par AQMI sur les relations publiques est évident, le nombre de communiqués publiés entre 2007 et 2009 correspondant peu ou prou au nombre de communiqués publiés entre 1998 et 2006 par le GSPC. Alors que le pays occidental le plus cité dans les communiqués du GSPC était les Etats-Unis, la France apparaît en première position pour ce qui est des communiqués d’AQMI. Parmi les pays musulmans, l’Algérie reste le pays le plus cité mais de manière nettement moins marquée que du temps du GSPC. La stratégie d’AQMI visant à étendre le jihad vers la zone sahélienne apparaît clairement dans sa rhétorique. La Mauritanie, par exemple, n’était citée que dans 3,8% des communiqués du GSPC alors qu’elle est mentionnée dans 16,8% de ceux d’AQMI. AQMI semble aussi s’intéresser de plus en plus à la Somalie, présente dans 11,6% de ses communiqués alors qu’elle n’était évoquée que dans 1% des communiqués du GSPC.

Enfin, pour terminer et pour passer du registre du terrorisme à celui de la lutte contre le terrorisme, je vous recommande vivement de lire l’article de Nicholas Schmidle paru dans le New Yorker et qui décrit en détail la mission visant à éliminer Oussama Ben Laden. Si vous êtes plus intéressés par le système judiciaire français que par les actions des Navy Seals, le livre de Marc Trévidic intitulé Au cœur de l’antiterrorisme est fait pour vous.

Il va sans dire que ce tour d’horizon de la littérature n’a rien d’exhaustif. Si vous pensez que d’autres ouvrages ou articles auraient dû être cités, n’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires!

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (1) | Auteur: Marc Hecker

Intelligence and Nuclear Proliferation: Lessons Learned

Mardi, 20. septembre 2011 7:38

Le Centre des Etudes de Sécurité de l’IFRI a récemment publié le numéro 38 de la série Proliferation Papers intitulé :

Intelligence and Nuclear Proliferation: Lessons Learned

L’auteur, Keith A. Hansen, enseigne les relations internationales à l’Université de Stanford et au Sierra Nevada College, après avoir passé trente-cinq ans comme expert des armes nucléaires au sein d’institutions civiles et militaires américaines. Il a notamment occupé au National Intelligence Council le poste de National Intelligence Officer for Strategic Programs and Nuclear Proliferation. Son ouvrage le plus récent est Preventing Catastrophe: The Use and Misuse of Intelligence in Efforts to Halt the Proliferation of Weapons of Mass Destruction (avec Thomas Graham, Stanford University Press, 2009).

Résumé:

Intelligence agencies play a fundamental role in the prevention of nuclear proliferation, as they help to understand other countries’ intentions and assess their technical capabilities and the nature of their nuclear activities. The challenges in this area remain, however, formidable. Past experiences and the discoveries of Iraq’s WMD programs, of North Korean nuclear weapon program, and of Iranian activities, have put into question the ability of intelligence to monitor small, clandestine proliferation activities from either states or non-state entities. This Proliferation Paper analyzes the complex challenges intelligence faces and the various roles it plays in supporting national and international nuclear non-proliferation efforts, and reviews its track record.

 

Le papier peut être téléchargé ici.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires !

Catégorie: Divers | Commentaires (0) | Auteur: Ultima Ratio

Nuclear strategy and the development of military technology. The case of the Fleet Ballistic Missile programme

Vendredi, 16. septembre 2011 7:56

CoverSometimes you wish you never accepted to review a friend’s book/article : you lack the time to read the document, and once you finally find a few minutes/hours to discover it, it proves disappointing (and it’s pretty hard to find an easy way to say that). Some other times, fortunately, it’s the opposite: you get just what you were looking for (but still have to find the right way to say it, not to look like you’re congratulating a friend for being a friend). I’m glad to write from the start that this monograph clearly belongs to the second group.

Of course, it cannot be said to be a huge surprise when someone studying both military innovation and nuclear weapons policies (curiously enough, not the two of them together) finds interest in a paper on the innovation processes that gave birth to US Navy’s ballistic missiles. Still, disappointment was a real possibility, either due to a lack of empirical research, superficial treatment of the issue, or lack of theorization. Again, you’ll find no such thing here.

In his monograph, Sébastien Miraglia, a researcher at the Oslo-based Norwegian Institute for Defense Studies (IFS), reviews the development of the Fleet Ballistic Missile program from its creation back in the 1950s, to the Trident II D5, which currently equips US Navy’s Ohio-class SSBNs (as well as Royal Navy’s 4 Vanguard-class subs). Sébastien’s argument is that initial orientations taken by the Navy’s office in charge, the Strategic Project Office (SPO) weighed on its future choices and constrained its ability to respond optimally to external stimuli for change, such as new nuclear policies. This, in turn, created serious risks of disconnection between requirements identified at the policy level and available capabilities. For instance, following the deployment of the Soviet Galosh anti-ballistic missile defense system, SPO chose to respond not through the development of penetration aids – a path taken by the USAF for its Minuteman II ICBMs – but by putting multiple, smaller warheads on top of US SLBMs (MIRVing, for those who might not be familiar with the issue). It didn’t follow that path because MIRVing seemed to be the optimal way to deal with the threat from these rudimentary defenses. It took a path that would allow it to make good use of previous R&D on MIRVing, avoid entry costs associated with such developments as penetration aids, all the while fulfilling what it considered its core missions: saturate defenses and strike “soft” targets such as urban areas.

As one may guess, the paper rests heavily on concepts and approaches drawn from historical institutionalism and sociology of organizations. What one may not guess is that in addition to using classics such as MacKenzie’s Inventing Accuracy, Sébastien made extensive use of historical, unpublished material/archives from the SPO and its successor, various memoranda and transcripts of interviews of individuals directly involved in the program.

The result is a highly readable, rigorous and insightful research, as well as a great opportunity to discover the inside story – or close to – of the program and to understand how technical and operational dilemmas were solved. A great read for anyone interested military innovation, technology development and US nuclear history.

The study is available online for free (here) but you may as well consider buying a softcover copy as the format is great (much better, for example, than SSI monographs). Also, take some time to visit the IFS website and the other one dedicated to their publications, as you’ll find lots of interesting stuff here (by the way, people at IFS are the ones you should thank for last year’s amazing special issue of the Journal of Strategic Studies on the Information Revolution in Military Affairs).

Gratulerer, Sébastien !

Sébastien Miraglia, Nuclear strategy and the development of military technology. The case of the Fleet Ballistic Missile programme, Defence and Security Studies – Norwegian Institute for Defence Studies (Institutt for Forsvarsstudier), 2/2010, 124 p. PDF or paper (free / 100 NOK or approx. ~USD 16.00)

Catégorie: Lu, vu, attendu | Commentaires (0) | Auteur: Corentin Brustlein

Prochain séminaire-sandwich: Leçons d’une décennie d’opérations

Mercredi, 14. septembre 2011 15:04

Le Centre des Etudes de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) lancent un nouveau cycle de séminaires sur « 2012 La défense en question ».

Les élections présidentielles et législatives de 2012 constituent une occasion unique pour ouvrir un débat public et dépassionné sur les réalités de la Défense française et les difficultés, notamment budgétaires, auxquelles elle est confrontée.

Cette première session du 22 septembre, de 12h à 14h, portera sur les leçons d’une décennie d’opérations et donnera la parole à Etienne de Durand, directeur du CES et contributeur de ce blog, Camille Grand, directeur de la FRS et Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret-Défense. Le séminaire sera suivi d’une discussion avec Philippe Gros, chercheur à la FRS et Elie Tenenbaum, assistant de recherche au CES et autre auteur d’Ultima Ratio (voir son dernier article, Kadhafi Delendus Est).

 

Le nombre de places étant limité, inscrivez-vous vite sur le site de l’Ifri ou en écrivant à strategie@ifri.org.

Catégorie: Divers | Commentaires (2) | Auteur: Ultima Ratio

Al Qaïda et le brouillard de la guerre contre le terrorisme

Lundi, 12. septembre 2011 7:26

Le 25 août, j’ai publié dans Le Monde un article intitulé « Al Qaïda et le brouillard de la guerre contre le terrorisme« . La rédaction du Monde a procédé à quelques coupes et changements. Voici la version intégrale de l’article :

Le choc des attentats du 11 septembre 2001 a poussé les Etats-Unis à se lancer dans une véritable guerre contre Al Qaïda. Dix ans plus tard, le brouillard de la « guerre contre le terrorisme » ne s’est pas encore dissipé. Le concept de « brouillard » nous vient de Carl von Clausewitz qui explique que « la grande incertitude des données » en période de conflit rend la tâche du stratège particulièrement ardue.

L’incertitude qui entoure la guerre contre le terrorisme prévaut à différents niveaux. Tout d’abord, l’ennemi demeure largement méconnu. Al Qaïda est souvent décrite comme une mouvance aux contours flous et nébuleux. La nature des liens unissant « Al Qaïda central » et les « filiales » ouvertes en Irak, au Maghreb et dans la Péninsule arabique reste sujette à caution. Personne ne sait exactement comment fonctionne l’organisation jihadiste, quels sont les mécanismes de « commandement et de contrôle » qui la régissent, quel rôle joue Ayman al-Zawahiri, et on découvre tout juste quelle était l’importance réelle d’Oussama Ben Laden. Cette incertitude concerne aussi les « filiales » régionales. Nul ne sait précisément de combien de combattants se compose Al Qaïda au Maghreb Islamique, et les rapports de force opposant les chefs des différentes katibas sont bien difficiles à interpréter. Les regains d’attentats sont perçus tantôt comme un signe de faiblesse, tantôt comme un indicateur de vigueur.

Le brouillard de la guerre contre le terrorisme a également trait à la définition du théâtre des opérations. George W. Bush a relevé le défi lancé par Oussama Ben Laden en décrétant une guerre « globale ». Nulle armée – fût-elle la plus puissante du monde – ne peut cependant combattre en tout endroit du globe. La guerre s’est donc concentrée sur l’Afghanistan puis sur l’Irak avant de se focaliser à nouveau sur le premier de ces théâtres. Les jihadistes ne fonctionnent toutefois pas comme une armée classique et disposent d’une mobilité qui ne s’arrête pas aux frontières. Soucieux de ne pas laisser le Pakistan devenir le nouveau sanctuaire du jihad international, les Américains ont étendu leurs opérations, notamment à l’aide de drones. Le Pakistan a fini par être perçu comme indissociablement lié au problème afghan, à tel point que les experts des questions stratégiques se sont mis à parler d’une nouvelle entité : la zone « Afpak ». Les attaques de drones touchent désormais d’autres pays comme le Yémen et la Somalie. L’extension géographique de la lutte contre Al Qaïda n’est pas le moindre des paradoxes de Barack Obama qui s’était évertué à combattre la rhétorique de George W. Bush sur la « globalité » de la guerre contre la terreur.

L’incertitude plane enfin sur la nature même des opérations et sur la manière de les qualifier. Tous les alliés des Etats-Unis, dont la France, ne s’accordent pas sur l’opportunité d’employer le mot « guerre ». Ainsi, si les soldats français se battent en Afghanistan, ils n’y font pas officiellement la guerre. Et même si le terme « guerre » était accepté par tous, il resterait encore à s’accorder sur le type de conflit en cours. Les opérations menées actuellement en Afghanistan ne correspondent à l’évidence pas à un affrontement classique, où des systèmes militaires de même nature s’opposent sur un champ de bataille bien défini. Confrontés à une véritable guérilla, les Etats-Unis et leurs alliés ont adapté leurs doctrines et leurs pratiques. La « contre-insurrection », dont on n’avait guère plus entendu parler depuis la fin de la période coloniale, est ainsi revenue sur le devant de la scène. Coûteuse et exigeant de raisonner sur le temps long, elle est néanmoins en train de passer de mode. On parle désormais davantage, à Washington, de « contre-terrorisme » ou de « contre-terrorisme plus », sans savoir précisément où se situe la frontière entre ces différentes notions. Apprécier correctement le genre de guerre que l’on entreprend est pourtant « le plus décisif acte de jugement », rappelle Clausewitz.

L’auteur de De la guerre voit deux manières d’atténuer les effets du brouillard : le « talent de divination » et la chance. Le « talent de divination » des dirigeants occidentaux semble les pousser à retirer rapidement leurs troupes d’Afghanistan, alors même que l’insurrection continue de marquer des points. Une fois l’armée américaine partie, il faudra beaucoup de chance pour que les Talibans ne reviennent pas au pouvoir et que l’Afghanistan ne retrouve pas son statut de sanctuaire terroriste. La guerre contre le terrorisme est loin d’être finie et le brouillard n’est pas près de se lever.

Catégorie: Analyses | Commentaires (6) | Auteur: Marc Hecker

Al-Qaïda, 2011

Jeudi, 8. septembre 2011 7:52

A l’approche du dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, nous vous invitons à lire un article intitulé « Al-Qaïda, 2011″. Cet article a été rédigé par Guido Steinberg, ancien conseiller de la Chancellerie fédérale d’Allemagne sur les questions de terrorisme et chercheur à la Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP, Berlin). Il a été publié dans le dossier consacré à « Al-Qaïda et la guerre contre le terrorisme » paru dans le dernier numéro de la revue Politique étrangère.

Les révolutions égyptienne, libyenne et tunisienne représentent une défaite stratégique pour les partisans d’Al-Qaida. Lorsque les leaders djihadistes d’aujourd’hui ont entamé leur carrière, dans les années 1980 et 1990, Al-Qaïda ne visait que l’« ennemi proche », son objectif étant de renverser certains régimes du monde arabe, notamment saoudien et égyptien. Ce n’est qu’après avoir réalisé que Riyad et Le Caire étaient des adversaires trop puissants qu’elle s’est tournée vers les pays occidentaux. En visant l’« ennemi lointain » pour forcer les États-Unis à quitter la région, ces leaders espéraient reprendre l’initiative contre les gouvernements du monde arabe. Et alors qu’il apparaissait déjà clairement, dès l’après-2001, qu’Al-Qaïda n’atteindrait aucun de ces deux objectifs, ce sont les pires ennemis de l’idéologie djihadiste qui ont chassé les présidents Ben Ali et Moubarak en 2011. La majorité des contestataires des deux pays se méfiaient de l’islam politique, rejetaient la violence et aspiraient à une démocratisation sur le modèle européen. Le printemps arabe de 2011 a ainsi clairement démontré que si Al-Qaïda avait jamais eu une chance d’imposer sa vision au monde arabe, le temps en était maintenant révolu.

Al-Qaïda reste pourtant une organisation militante à ne pas sous-estimer, et la tourmente générale de ces derniers mois lui ouvre de nouvelles perspectives d’action dans des zones où la répression était parvenue ces dernières années à neutraliser ou à réduire le mouvement djihadiste.

Les révolutions arabes sont aussi un coup dur pour les ennemis occidentaux d’Al-Qaïda et leurs stratégies antiterroristes, au moins à brève échéance. Depuis 2001, les États-Unis et leurs alliés ont accentué leur coopération avec les régimes arabes pro-occidentaux. Sans eux, la police et les services de renseignement américains et européens auront plus de mal à lutter contre Al-Qaïda et ses alliés. La lutte antiterroriste devra s’adapter aux spécificités de différents réseaux : Al-Qaïda « central » au Pakistan et en Afghanistan, ses trois branches régionales en Irak, en Algérie et au Yémen, et des structures plus indépendantes en Europe.

Lire la suite de l’article (format pdf)

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (1) | Auteur: Ultima Ratio