Articles du avril, 2011

The Franco-German couple is dead. Long live the Franco-British couple!

Mardi, 26. avril 2011 7:00

The British quality newspaper The Guardian dedicated the week from 21st to 26th of March to… France. A very kind initiative, or so it first seemed when I heard this information at breakfast time on France Inter.

“New Europe” is a weekly series of articles dedicated to Britain’s continental neighbours, apparently motivated by the wish to build a bridge over the Channel. In the case of France, the initiative looked more like an exercise of autosuggestion… Falling in the trap of stereotypes, several articles try to convince the readers that the French are respectable people despite  their rudeness, strikes, pills, sexism, and even “failure to wash”.

However, one article starts with this assertion: “The French distrust us”. Distrust and dislike is indeed a historical feature of the relations between the peoples of France and Great Britain, explained by the two countries’ many shared (demographic, economic, geographic) characteristics as well as by their traditional divides on European integration and defence, attitudes towards the United States and foreign interventions – to name but just a few.

Following a rapprochement on European defence initiated 15 years ago by Britain and France at Saint-Malo,  the two countries have recently seemed to abandon their respective long-time bros (Germany on the one hand, America on the other) in favour of a bilateral long-term commitment that’s putting the rest of diplomatic alliances in the shade. Since November 2010, it has been repeated in the media, in political discourses as well as in the treaty, that France and Britain share a common (strategic) vision and that no situation is envisaged where the national interest of one party would be threatened without that of the other party being at stake. Trust and friendship thus seem to characterise high-level relations between the two countries. Still, the profound split between Paris and London over Iraq was less than a decade ago. At the time, the French Minister of foreign affairs (Dominique de Villepin) asserted:

“To those who choose the use of force and think that they can resolve the complexity of the world by a rapid and preventive action, we oppose a long-term determined action.”

In 2003, France was seating on the side of Germany, opposing the UK, the US, Spain and Italy, and advocated negotiations rather than military intervention. Now, what if France had opposed intervention in Libya in 2011? The circumstances of intervention in Iraq and in Libya are of course very different (be it only regarding the UN resolution), but if the present agreement between London and Paris on Libya has somewhat buried Iraq, a future divergence over foreign intervention could in turn bury Libya.  Today, the risk is limited. The Anglo-French relationship has not been one of fierce opposition since the end of Gaullism, and even less so since the end of Thatcherism. Plus, since Nicolas Sarkozy came to power, the French strategic posture towards the “Anglo-Saxon” world has shifted, the President being even called “the American” in the US. Indeed, he built a close relationship with George W. Bush, proceeded to the return of France in NATO’s integrated command and Wikileaks recently revealed that he disagreed with the French “excessive” position over Iraq.

Just as diplomatic proximity between Britain and France was getting more concrete, Paris and Berlin started to fall out of love. France and Germany used to be the drivers of the development of European security and defence tools and policies. But today, Germany is being criticised (including by France) for refusing to intervene in Libya, and even accused to “sink European defence”. Of course, Paris-Berlin is still the main economic axis in the European Union, and the ties between France and Germany are too strong to break over Libya, but criticism against Berlin’s refusal to use force is reaching new heights.

Looking at the dark side of things, France’s recent diplomatic reorientation highlights the fact that national interests, and the decisions made to preserve those interests, have a tendency to shift regularly. There is a presidential election in 2012 and Sarkozy will not necessarily be re-elected. Should the Left (or a Gaullist right-wing candidate) come to power, the country might undergo a new strategic shift that could damage the Anglo-French Alliance. In the long run, the newlyweds will have to share more than stereotypes, as they have embarked on a trip where they will be flying wing to wing for the next decades.

Catégorie: Analyses | Commentaires (4) | Auteur: Alice Pannier

A la guerre comme à la guerre

Jeudi, 21. avril 2011 10:46

La stagnation sur le front libyen, et les débats grandissants qui s’en suivent, appelaient naturellement un commentaire, sans exclure d’ailleurs quelques digressions à prétention didactique. Sur le fond, pourtant, pas grand-chose à ajouter à l’analyse proposée il y a 15 jours sur ce blog.

Emballement et enlisements

Tel le chœur antique, des voix de plus en plus nombreuses nous mettent en garde contre le spectre d’un enlisement. Techniquement, c’est inexact : on voit mal comment une opération vieille d’à peine trois semaines pourrait s’embourber à la manière du Vietnam ou de l’Afghanistan – même dans ces deux derniers cas, le « bourbier » a commodément désigné et donc recouvert des phases très différentes. Dans le monde d’urgence permanente où nous vivons, il faut toujours aller vite : c’est le rythme économique, celui de la décision politique et bien sûr celui des media. Mais la guerre, elle, a toujours une certaine épaisseur : les campagnes éclair de quelques semaines sont l’exception, les conflits sur plusieurs années la règle. Aujourd’hui, c’est le plus souvent la sphère médiatique qui s’embourbe car le rythme du conflit ne s’adapte pas à celui des chaînes d’info en continu : difficile de refaire le coup de CNN en 91, et de parler dans le vide, sans image, pendant des semaines.

Ici, pourtant, l’apparition du terme dénote une inquiétude bien réelle, et pas entièrement dénuée de fondement. Non que l’emballement médiatique soit absent : il n’a pas fallu un mois pour qu’on assiste à des dissensions très parisiennes, certains préférant quand même les certitudes de la critique anti-impérialiste aux fondements friables du droit d’ingérence armée. Ces querelles témoignent d’un début d’effritement de l’opinion (ou de ses faiseurs) en France même. Si même le camp des belles âmes ne peut s’entendre sur une intervention humanitaire, cela augure mal des réactions en cas de vrai bourbier …

Plus sérieusement, l’OTAN elle aussi est divisée et enlisée. Il ne s’agit pas ici de la lourdeur décisionnelle bien connue de l’appareil otanien, d’ailleurs typique des organisations internationales. Mais d’abord d’un envasement existentiel de l’Alliance dès lors que les Américains ne sont plus aux commandes, comme si la volonté politique de certains Européens n’existait que sous leadership américain. Ces divisions dépassent les divergences de vue « purement diplomatiques ». Il semble en effet que certains pays, la Turquie par exemple, n’hésitent pas à exercer un contrôle politico-stratégique étroit au NAC, alors même qu’ils refusent de participer. « With friends like these » : autant ne pas se faire d’illusion sur l’OTAN.

« Pas de solution militaire »  –  et pourtant…

Cette formule maintes fois assénée est au mieux une facilité de langage, au pire une sottise. Et d’abord une sottise sur le fond, puisqu’elle pose en principe le divorce entre politique et militaire, et donc la négation même de la stratégie –  « l’art de la dialectique des volontés employant la force pour résoudre leur conflit » selon Beaufre. Pire, elle exclut d’emblée du champ politique l’usage de la force, ce qui, sans rallier le camp des inconditionnels de Carl Schmitt, revient à réduire la politique au droit. Logique d’un certain point de vue – ne fait-on pas une guerre humanitaire ? – ce raccourci n’en reste pas moins militairement et stratégiquement problématique : comment adapter les moyens en vue de la fin visée si l’on décrète presque d’entrée de jeu qu’ils sont inopérants ?

Tout ceci procède du parfum très net d’indécision militaire qui se dégage de la campagne. Plusieurs facteurs se sont conjugués pour réduire l’efficacité des frappes :

- La lenteur du processus décisionnel et la lourdeur des règles d’engagement de l’OTAN, déjà évoquées, qui corsètent l’emploi de l’arme aérienne et diluent sa première caractéristique, l’effet de choc, au-delà du raisonnable;

- L’absence de plateformes spécialisées, type AC-130 ou A-10, que seuls les Américains possèdent et qui seraient beaucoup plus adaptées dans certains contextes, notamment en zone urbaine;

- La faiblesse assez désespérante des rebelles au sol, « manifestants armés » militairement incompétents;

- Le processus d’adaptation inhérent à tout conflit, qui fait que même les troupes de Kadhafi ont appris à déjouer en partie la surveillance et les frappes aériennes : utilisation de véhicules et d’effets civils, camouflage en zone urbaine, imbrication au plus près avec les populations ou les rebelles, bref que des tactiques éprouvées.

Comme on dit en anglais, « I hate to say I told you so but I told you so »  Non que ce soit forcément désagréable de ne pas trop se tromper, mais le problème n’est pas résolu pour autant. Mieux vaut chercher des solutions.

La puissance aérienne ne peut atteindre son meilleur rendement que si l’adversaire au sol est obligé de s’exposer, en bougeant ou en se défendant. Ce qui suppose une force amie au sol qui manœuvre en ce sens et se coordonne avec les forces aériennes, manœuvre interarmées et tout ; ce qui requiert à son tour que la force terrestre en question atteigne un niveau minimal d’efficacité tactique. Il est clair que les volontaires de Benghazi en sont très loin, et qu’il y a bien peu de chances qu’ils y parviennent par eux-mêmes, du moins dans un horizon de temps raisonnable. Puisque une opération au sol de grande envergure est exclue, ne reste alors qu’une solution : aider les rebelles, c’est-à-dire les mettre à niveau en les entraînant. CQFD.

Après l’Irak, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire et les Balkans, on comprend bien sûr qu’il y ait peu d’appétit pour une présence au sol à long terme. Pourquoi en revanche s’interdire d’entraîner, de coordonner et même d’encadrer les forces rebelles ? Et pourquoi en prime le déclarer publiquement, comme l’a imprudemment fait Alain Juppé, alors que l’on insère déjà des officiers de liaison ? Préfère-t-on finir d’épuiser les stocks de munitions de précision avec des frappes sous-optimales ?

On a sans doute voulu rassurer l’opinion et prévenir les critiques éventuelles et leurs objections : le spectre d’une escalade ou d’un véritable enlisement au sol, ou encore le manque de temps. Ces risques bien réels peuvent néanmoins être gérés : il s’agit typiquement d’une mission pour les forces spéciales, ce qui signifie une présence discrète, peu nombreuse (nettement plus que 10 tout de même) et « réversible », autrement dit qui n’entraîne pas mécaniquement une implication directe de nos forces terrestres, et surtout un effet d’engrenage nous obligeant à renverser directement Kadhafi. En prime, former un appareil militaire permet souvent de l’orienter en profondeur et de garder un œil sur son évolution future.

On le voit, des options militaires crédibles existent. Aider à la constitution d’une force terrestre efficace à terme tout en intensifiant les frappes constitue aussi un excellent argument politique dans la négociation armée en cours – et, dernière lourdeur didactique, une bonne illustration de la nature de la stratégie, qui toujours combine la force et la politique. De cette manière, les alliés montrent leur détermination à durer, et signifient aux indécis comme aux soutiens de Kadhafi, sur le front et sur les arrières, que le temps ne joue pas nécessairement en faveur du régime.

Il sera toujours temps de chercher une sortie peu glorieuse si l’intensification des frappes et l’entraînement des rebelles au sol ne produisent pas l’effet escompté ; en attendant, tergiverser risque surtout de nous conduire pour de bon à l’enlisement. On n’a d’ailleurs que trop tardé, et il faut désormais passer « de la farce à la force », selon le commentaire sévère mais justifié de Tony Cordesman.

C’est avant qu’il fallait être prudent.

Catégorie: Analyses | Commentaires (10) | Auteur: Etienne de Durand

Francs-tireurs et Centurions – les ambiguïtés de l’héritage contre-insurrectionnel français

Lundi, 18. avril 2011 10:00

Le LRD vient de publier le Focus stratégique de mars (ou presque) intitulé :

Francs-tireurs et Centurions – les ambiguïtés de l’héritage contre-insurrectionnel français

L’Afghanistan a ravivé le thème de la contre-insurrection et, via la redécouverte de Galula par les Américains, l’importante expérience française dans ce domaine. Etienne de Durand étudie donc les deux âges, colonial puis révolutionnaire, de la contre-insurrection « à la française » et conclut qu’il n’a jamais existé de véritable « école française de COIN ». Utilisé avec discernement (comparaison historique n’est pas raison ; la « guerre révolutionnaire » s’est soldée par une tentative de putsch), cet héritage peut  néanmoins se révéler précieux dans les interventions actuelles.

Sommaire:

Introduction
L’armée coloniale et ses méthodes contrastées
« Guerre révolutionnaire » et « arme psychologique »
La contre-insurrection à la française à l’âge des interventions
Vraies et fausses leçons de l’expérience française

Ce texte est téléchargeable sur le site de l’Ifri.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires sur ce blog!

Catégorie: Divers | Commentaires (2) | Auteur: Ultima Ratio

L’avenir des « Mules du champ de bataille »

Jeudi, 14. avril 2011 7:00

Cet article du lieutenant-colonel Chareyron, chercheur détaché à l’Ifri et invité sur Ultima Ratio, est paru également sur le site Focus Defense.

Le 1er Régiment d’Infanterie devrait être engagé prochainement sur le théâtre afghan équipé du nouveau programme Fantassin à Equipements et Liaisons Intégrés (FELIN). Avec l’armée de Terre française, première à mettre en œuvre un système intégré, une trentaine de pays se sont lancés dans la modernisation de leur infanterie. Le Laboratoire de Recherche de la Défense a conduit une étude sur ce sujet dont les conclusions vont paraître prochainement dans la collection Focus Stratégique. Nous assistons aujourd’hui à l’aboutissement de la révolution technologique, RMA ou Transformation, au niveau du combattant individuel. L’objectif de ces programmes est de « […] permettre à l’infanterie de s’intégrer jusqu’au plus bas échelon dans la numérisation de l’espace de bataille. […] accélérer considérablement le tempo de la manœuvre et donner aux combattants des capacités d’agression et d’observation inégalées tout en en leur assurant une protection efficace. L’OTAN a ainsi défini cinq segments pour la modernisation du fantassin : C4I, lethality, mobility, survivability, et sustainability. Les industriels estiment le marché à 14,7 milliards de dollars d’ici à 2019 avec un taux de croissance annuel moyen de 18%. En 2019, l’Inde et la Chine devrait compter respectivement pour 15 et 10% du marché.

Quels sont les avantages attendus de ces systèmes ? D’abord une meilleure protection du combattant avec l’intégration d’une protection comparable aux meilleurs gilets pare-balles actuels, tout en améliorant l’ergonomie d’ensemble. Les capacités d’observation et de communication seront très largement augmentées par la multiplication des appareils de vision thermique (+1700% pour une section) ou infrarouge et par la performance des nouvelles radios logicielles. D’après les premières évaluations sur le terrain, les distances d’engagement augmentent de 60% de jour et de 100% de nuit. Une meilleure compréhension de la situation, une identification ami-ennemi facilitée, une vitesse accrue dans la circulation des ordres et des informations, une meilleure acquisition des cibles et une augmentation de la précision des tirs seront au rendez-vous.

Quels en sont les limites ? Les armées occidentales sont aujourd’hui confrontées à la surcharge de leurs combattants débarqués, qui, à l’image des légionnaires de Marius, sont de véritables mules du champ de bataille. Une étude américaine réalisée en Irak et en Afghanistan montre que le poids en opération dépasse en effet largement les limites recommandées par les études physiologiques.

Les nouveaux équipements n’aggravent pas la situation, mais ne l’améliorent pas. Le combattant FELIN, avec ses protections balistiques et une autonomie de 36 heures, emporte 27 kg de matériel. Les mesures réalisées lors de la préparation opérationnelle pour l’Afghanistan montrent que, pour une autonomie de 48 à 72 heures, le poids sera de 45 kg, soit deux ou trois kilo de plus en moyenne qu’aujourd’hui. La mobilité limitée du combattant débarqué occidental ne va pas s’améliorer.

La deuxième limite concerne le poids cognitif. Une des principales critiques de la RMA est l’augmentation du flux de données et la difficulté de gérer ce surplus d’information. Nous ne mesurons pas encore les contraintes des systèmes en situation de combat réel, mais certaines difficultés liées aux capacités du cerveau peuvent apparaître, par exemple lorsqu’il faut corréler une représentation verticale des données (principe des tablettes graphiques) avec la représentation horizontale du champ de vision. L’innovation technologique devra donc chercher à améliorer le tri, la gestion et la présentation des données pour fournir une information utile dans les conditions extrêmes du combat à pied, sans gêner le soldat dans ses actes réflexes.

Les systèmes fantassins permettront aux armées qui auront la capacité de les développer de bénéficier de tous les avantages de la technologie dans le combat de contact, en rationalisant et optimisant les équipements, dans une logique enfin centrée sur l’homme. Cette nécessaire technologie ne doit cependant pas faire oublier que la rusticité, la condition physique, la cohésion de l’unité, la discipline du feu seront toujours les vertus cardinales de l’infanterie. “The best computer in the Marine rifle squad is 13 thinking, educated, trained Marines capable of rapid decision making in any geographical area .” Surtout, un effort sur la diminution du poids physique et la gestion du poids cognitif doit être entrepris.

Catégorie: Analyses | Commentaires (4) | Auteur: Invité

The return of the Troubles?

Lundi, 11. avril 2011 11:00

« After a 30-year winter of sectarian violence, Northern Ireland today has the promise of a springtime of peace. » It is with these words of hope that the former US President Bill Clinton commented the signing of the Belfast Agreement on April 10th 1998 which put an end to years of bloodshed and centuries of tensions. Yet, less than two weeks ago, on April 2nd, Ronan Kerr, a Catholic Police Service of Northern Ireland (PSNI) officer, was murdered by dissident republicans when a bomb exploded under his car. Thirteen years after the Belfast Agreement, terrorist attacks have suddenly increased and cast doubt on the durability of the peace process in Northern Ireland.

‘The Troubles’ evolved from 1969 to the end of the twentieth century and led to the deaths of over 3 500 people. The Good Friday Agreement finally addressed the deep rooted causes of the conflict. Based on compromise and inclusiveness, it led to the creation of a successful power-sharing government. The main Loyalist and Nationalist terrorist groups such as the UVF, UDA and the Provisional Irish Republican Army (PIRA), agreed to put an end to their campaigns and had their weapons decommissioned. In 1995, the European Union launched its Special Support Programme for Peace and Reconciliation in Northern Ireland and the Border Counties of Ireland. Two other EU PEACE programmes followed over the years and in total almost two billion euros will have been invested in peace and reconciliation initiatives in Northern Ireland by 2013. On paper, all signs seem to point to the success of the peace process in Northern Ireland and the progress of stability and reconciliation.

Yet, according to various sources there has been a recent surge in paramilitary activities in the country. As stated by the MI5, these dissident republican groups are the Continuity IRA, the Real IRA as well as Óglaigh na hÉireann (the “soldiers of Ireland”) and were formed after successive splits within the PIRA. As far as the other side is concerned, there has been no evidence of recent activity from dissident loyalist groups.

On March 27th, a bomb containing 50 kg of explosives was left outside a courthouse in Derry and the attack was blamed on dissident republicans. Back in March 2009, the Real IRA killed two British soldiers and the Continuity IRA was responsible for the death of a policeman. More recently, August 2010 was a particularly violent month: the Real IRA intensified its campaign and planted booby traps and car bombs in various areas. On August 3rd, a car containing 200lb of explosives exploded outside the Derry police station, damaging several businesses. The MI5’s Joint Terrorism Analysis Centre has classified the threat level as “severe” in Northern Ireland and “substantial” in Great Britain. Even more alarming, the threat from Northern Ireland-related terrorism was published for the first time on 24 September 2010. Before that, the MI5 would only assess the international terrorist threat.

In November 2010, King’s College’s International Centre for the Study of Radicalisation and Political Violence (ICSR)  published a report entitled “Return of the Militants: Violent Dissident Republicanism”. This study stresses that republican dissident groups have increased their activity and still represent a possible threat for both Northern Ireland and the United Kingdom. It points out that the rise in activities by these hardline splinter groups was not expected by security forces.

For the author of this report, Martyn Frampton, Northern Ireland finds itself at a critical moment because two generations are coming together and joining the ranks of militant dissident groups. These generations are the disaffected youths and delinquents that did not witness the violence of the “Troubles” along with veterans from the Provisional IRA who rejected the power-sharing Northern Ireland Assembly and feel disillusioned by Sinn Fein and what they see as unkept promises. In the next four years, 245 million pounds of additional funding will be paid to help the PSNI, the successor to the controversial Royal Ulster Constabulary, struggle against attacks from dissident groups. This need for extra funds highlights the new intensity of the threats which have been at their highest since the 1998 Good Friday Agreement.

Could the resurgence of terrorist attacks reflect the stagnation of post-conflict peace in Northern Ireland? The advancements that have been made since the 1998 Agreement need to be put into perspective. The number of “peace walls” that were built to divide rival Protestant and Catholic neighborhoods has increased. In his article for the Financial Times, “Downturn puts Northern Ireland peace under fire”, John Murray Brown states that since the ceasefire, these walls have grown from 18 to 88. Sectorisation is still pervasive and today, integrated education covers only 9 per cent of schoolchildren. The massive injection of funds by the EU into Northern Ireland has now proved to have its limits as far as changing mentalities is concerned; economic aid is not sufficient without a solid strategy for peace.

Mari Fitzduff explains that a conflict never ends, it only evolves. This could perfectly reflect the case of Northern Ireland. The 1998 peace resolution led to idealistic hopes that were rapidly transformed into a certain disenchantment. This is epitomized by the recent resurgence of paramilitary activity which represents an unsettling and unexpected threat to peace in Northern Ireland. Yet are the growing number of attacks only part of  the post-conflict path to peace or could they mean that the Troubles are back?

Catégorie: Analyses | Commentaires (1) | Auteur: Marie-Charlotte Henrion

Qu’est-il arrivé au régime Gbagbo?

Mercredi, 6. avril 2011 7:02

Ce post sur la Côte d’Ivoire a été rédigé par Vincent Darracq, docteur en science politique, actuellement Tapir fellow à l’Ifri.

Le président sénégalais Wade l’avait annoncé : après l’échec des négociations menées depuis de longs mois sous l’égide de l’Union Africaine (UA) et de la Cedeao, c’est in fine le rapport de force militaire entre les deux camps Gbagbo et Ouattara qui est en train de déterminer l’issue de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Le régime Gbagbo paraît au bord de l’effondrement. Les Forces Républicaine de Côte d’Ivoire (FRCI) ex-rebelles pro-Ouattara sont désormais entrées à Abidjan et encerclent les dernières poches de résistance, la résidence de Gbagbo et le palais présidentiel. Les rumeurs annoncent une reddition de Gbagbo qui se terrerait dans un bunker sous sa résidence. Quant à son chef d’Etat-major, Philippe Mangou, il s’est réfugié depuis le début de l’assaut à l’ambassade d’Afrique du Sud. Cet effondrement soudain d’un camp Gbagbo qui apparaissait jusqu’ici sûr de sa force s’explique principalement par trois facteurs.

Tout d’abord, son isolement diplomatique est aujourd’hui complet. L’UA maintient la pression. A l’issue du sommet de son Conseil de Paix et de Sécurité, qui a endossé les conclusions du panel de chefs d’Etats mis sur pied pour enquêter sur la crise électorale ivoirienne, elle réaffirme le 10 mars la victoire de Ouattara et donne deux semaines à Gbagbo pour quitter le pouvoir. La puissance continentale sud-africaine avait un temps fait entendre une musique alternative. Soutenue par l’Angola, l’Ouganda ou encore le Zimbabwe, elle a longtemps refusé de reconnaître la victoire de Ouattara et poussé pour l’adoption d’une solution de power sharing à la zimbabwéenne ou à la kenyane, qui aurait signifié le maintien de facto de Gbagbo au pouvoir. Elle a tenté avec succès d’utiliser les canaux de l’UA pour dessaisir du dossier ivoirien la Cedeao, menée par le rival africain nigérian et favorable à une intervention militaire contre Gbagbo. Mais l’Afrique du Sud a été mise en minorité au sein du panel de chefs d’Etat (dont faisait partie le président Zuma) ; elle a pris acte de ce rapport de force défavorable en se rangeant finalement officiellement derrière la position de l’UA le 15 mars, « lâchant » ainsi Gbagbo. L’Angola, le plus fidèle soutien de Gbagbo en Afrique, a dû faire de même quelques jours plus tard. En ce qui concerne la communauté internationale, l’ONU a également resserré son étau autour du régime Gbagbo. Suite à des exactions des troupes de ce dernier, le Conseil de Sécurité vient ainsi d’adopter une résolution voulue par la France et le Nigeria visant explicitement le régime, qui interdit notamment l’usage d’armes lourdes à Abidjan.

Ensuite, les sanctions économiques sont parvenues à étouffer le régime économiquement. L’Union Européenne a mis en place des mesures restrictives (restrictions de visas, interdiction des échanges commerciaux) visant des dignitaires du camp Gbagbo, mais surtout des compagnies publiques ou parapubliques tenues par des proches du régime, telles que celles gérant les ports d’Abidjan et de San Pedro. Cela a entraîné un blocus économique de fait du pays, se manifestant par un ralentissement brutal de l’économie : les exportations de cacao et de café sont bloquées, le système bancaire est paralysé, la plupart des entreprises sont à l’arrêt. Les devises ne rentrent plus dans les caisses de l’Etat, qui éprouve désormais des difficultés à payer les fonctionnaires.

Enfin, longtemps immobiles dans leur moitié nord du pays, les FRCI pro-Ouattara, organisées par le Premier ministre de Ouattara Guillaume Soro, sont entrées en scène en mars. Sans doute facilitée par une aide logistique et technique burkinabé, leur percée dans l’ouest et le centre du pays a été fulgurante, face à une armée régulière qui a le plus souvent cédé sans combattre. Seuls quelques centaines de soldats, principalement rassemblés au sein du Cecos et de la Garde présidentielle, défendent encore Gbagbo à Abidjan. En s’appuyant sur une lecture très extensive des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, l’ONUCI et la force Licorne française sont également rentrées dans la partie, en bombardant les derniers bastions pro-Gbagbo, au risque de créer un précédent qui ne manquera pas de passer pour de l’ingérence occidentale dans les affaires africaines aux yeux de nombreux leaders du continent.

Toutefois, si la voie du palais présidentiel semble désormais ouverte pour Ouattara, quel est le prix humain à payer pour ce dénouement militaire de la crise ? Si la Côte d’Ivoire ne sera pas la Sierra Leone ou le Liberia, il est cependant désormais établi que des massacres de civils ont eu lieu à Duékoué, dans l’ouest du pays. A Abidjan, la situation sécuritaire est volatile, et de nombreux quartiers sont en proie aux pillages et aux règlements de compte, un état des lieux qui ne s’est pas s’amélioré après l’appel aux armes des milices des Jeunes patriotes pro-Gbagbo. Enfin, quelle sera la marge de manœuvre d’un Ouattara président porté au pouvoir par les soldats de Soro ? Le futur homme fort de la Côte d’Ivoire, c’est peut-être bien ce dernier.

Catégorie: Analyses | Commentaires (0) | Auteur: Invité

Libye : la guerre interarmées a commencé

Lundi, 4. avril 2011 7:22

L’opération Harmattan n’est pas encore terminée qu’elle est déjà prétexte à la guerre psychologique entre les Armées. 1 600 heures de vol pour 250 sorties, tel est le bilan actuel au dessus de la Libye. D’après le général de brigade aérienne Jean-Jacques Borel, 80% des missions ont été assurées par l’armée de l’Air et 20% par l’aéronavale. Information aussitôt démentie par le Sirpa Marine, qui assure que le ratio de l’armée de l’Air est seulement aux alentours de 50%.

De son côté, l’armée de Terre rappelle à qui veut l’entendre que 98% des munitions tirées au combat (avant Harmattan) le sont par les forces terrestres, tout comme 86% des effectifs déployés et pratiquement 100% des morts, alors qu’elle ne bénéficie que de 20% des crédits d’équipements et 16% du Maintien en condition opérationnelle (MCO).

Que faut-il comprendre de cette guerre des chiffres ? Tout le monde sait que le modèle tracé par le Livre Blanc de 2008 est désormais intenable en raison de la crise budgétaire. Les 3,5 milliards d’euros rognés sur la loi de programmation 2011-2013 ne sont que le début et préfigurent l’accumulation d’une bosse budgétaire dont on connaît les effets pervers. En 2014, il y aura moins de cent mille militaires en armes (soit l’Armée allemande post traité de Versailles), une force aérienne de combat ramenée à trois cents appareils et une marine à moins de trente grandes unités navales dont un seul porte-avions. Malgré tous les efforts faits depuis 1996 par la Défense pour se réformer, le pire est encore à venir, car on voit mal comment éviter de nouvelles dissolutions étant donné que les réformes en cours ne semblent pas apporter les gains attendus.

A l’approche des échéances électorales de 2012 et de la nécessaire révision du Livre Blanc qui s’annonce, chaque armée fourbit donc ses armes avec le seul et unique but de défendre son précarré par tous les moyens. Ce phénomène délétère a déjà pu être observé en Angleterre dans la période qui a précédé les travaux de la nouvelle Strategic Defense and Security Review. Finalement, malgré les décrets de 2005 et 2009 renforçant ses pouvoirs, le CEMA ne peut obtenir le silence dans les rangs.

Malheureusement, la logique de réduction homothétique des capacités est arrivée au bout de ses possibilités. Pour aller plus loin, il faudra forcément faire des choix, c’est-à-dire renoncer à certaines capacités en national. L’Afghanistan d’un côté, Harmattan de l’autre, tout est désormais prétexte à justifier que l’on est la composante la plus utile, dans l’espoir d’éviter la hache maniée avec dextérité par les « political masters ». Mais l’Air Power seul n’a jamais gagné une guerre et sans la supériorité aérienne et la maîtrise des mers, on ne peut pas non plus mener des opérations d’envergure hors du territoire national. En fin de compte, et comme toujours, c’est Bercy qui tirera le mieux profit de ces luttes intestines, au détriment des capacités militaires de la France et de son rang sur l’échiquier international.

Catégorie: Divers | Commentaires (3) | Auteur: Georges Dienekes