Articles du décembre, 2010

Où va Laurent Gbagbo?

Mercredi, 22. décembre 2010 15:00

Nous interrompons momentanément la trêve des confiseurs pour vous faire part d’une analyse sur la situation en Côte d’Ivoire. Ce post est rédigé par Vincent Darracq, docteur en science politique qui travaille actuellement pour le programme Afrique subsaharienne de l’Ifri en tant que Tapir fellow. Cette interruption temporaire ne doit pas vous faire oublier vos devoirs de vacances


Répression armée de l’opposition, fermeture des journaux pro-Ouattara, enlèvements et exécutions extra-judiciaires, obstruction délibérée à la mission de l’ONU dont il réclame désormais le départ de Côte d’Ivoire : le régime Gbagbo a choisi ces derniers jours la voie de la radicalisation et de la confrontation avec la communauté internationale. [...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (4) | Auteur: Invité

Bonne année et devoirs de vacances…

Mardi, 21. décembre 2010 7:51

Chers lecteurs,

En cette fin d’année,  l’équipe d’Ultima Ratio souhaite vous remercier pour votre fidélité et vous adresse ses meilleurs vœux pour l’ année 2011.

Depuis mars, l’audience du blog, certes encore modeste, augmente sans cesse -  grâce à vous. Nous avons l’ambition de poursuivre sur cette voie l’année prochaine et nous comptons sur vos commentaires et avis pour enrichir le débat sur les questions de sécurité. Comme vous l’avez peut-être remarqué, nous avons mis à votre disposition sur le blog les publications électroniques du Centre des études de sécurité de l’Ifri. Vous les trouverez en cliquant sur « Docs en Stock », dans la colonne de droite.

Mais nous ne pouvons pas vous laisser partir en congés sans quelques devoirs de vacances. Ainsi, partant du principe que l’on est plus intelligent à plusieurs que seul, nous avons décidé d’inaugurer une nouvelle démarche en vous mettant à contribution. Parmi les thèmes sur lesquels nous travaillons pour l’année prochaine, l’un traite du poids  porté par les fantassins et l’immobilité tactique que cela entraîne. Cette problématique a d’ailleurs été abordée ici par Etienne de Durand.

Vous trouverez donc  ci-dessous un lien vers une ébauche de tableau répertoriant le poids porté par le fantassin au cours de l’histoire. Toute indication d’éléments et de sources permettant de compléter ce tableau sera grandement appréciée.

De même, les commentaires, idées et réflexions sur le sujet de l’immobilisme tactique des infanteries occidentales nous intéressent. Afin de rendre à César ce qui lui appartient, merci de bien vouloir laisser vos commentaires par mails. Nous vous  contacterons pour pouvoir vous citer dans notre futur papier.
Tableau des poids (234)

Joyeux Noël à tous et bonne année!

L’équipe d’UR

Catégorie: Divers | Commentaires (4) | Auteur: Ultima Ratio

La Somalie, cinquième front d’Al Qaïda?

Jeudi, 16. décembre 2010 7:35

Jean-Pierre Filiu, l’un des meilleurs spécialistes français de la mouvance jihadiste internationale, a publié en octobre dans la revue Etudes un article intitulé « Les quatre fronts d’Al Qaïda ». Les quatre fronts en question sont :

1) l’Afpak où se cachent probablement certains chefs historiques d’Al Qaïda qui bénéficient du soutien du réseau Haqqani en Afghanistan et du Tehrik e-Taliban Pakistan (TTP) au Pakistan.

2) la péninsule arabique où fut préparé l’attentat manqué contre le vol Amsterdam-Détroit et, plus récemment, l’opération hémorragie. C’est au Yémen que se trouve Anwar al-Awlaki qui aurait inspiré l’auteur de la tuerie de Fort Hood et qu’est produit le magazine Inspire dont nous avons déjà parlé ici.

3) l’Irak, où Al Qaïda est sur le déclin depuis le surge américain et le « réveil » des tribus sunnites d’Al Anbar et qui a encore été affaiblie par la mort d’Abou Hamza al-Mouhajer et d’Abou Omar al-Baghdadi en avril 2010.

4) l’Afrique du Nord et le Sahel où se développe Al Qaïda au Maghreb Islamique qui tend à s’attaquer de plus en plus aux intérêts occidentaux, notamment aux touristes et aux expatriés.

Dans son article, Jean-Pierre Filiu mentionne très brièvement la Somalie consacrant une seule phrase à la milice al-Shabaab. Cette milice, qui ne cache pas ses affinités idéologiques avec Al Qaïda, aurait sans doute mérité davantage d’attention.

Al-Shabaab s’internationalise en effet de façon très nette depuis plusieurs mois. L’internationalisation vaut pour les cibles, les attentats-suicides de Kampala, le soir de la finale de la coupe du monde de football, en étant l’illustration la plus spectaculaire. L’internationalisation vaut aussi pour les chefs d’al-Shabaab, la direction de l’organisation comptant un nombre croissant d’étrangers. Parmi ceux-ci, on peut citer : Fazul Abdullah Mohammed (kenyan), Sheikh Muhammad Abu Fa’id (saoudien), Abu Sulayman al Banadiri (somalien d’origine yéménite), Abu Musa Mombasa (pakistanais), Omar Hammami (américain) et Mahmud Mujajir (soudanais).

Ajoutons à cela que depuis le mois de juin 2010, plusieurs personnes ont été arrêtées aux Etats-Unis alors qu’elles s’apprêtaient à quitter le territoire américain pour rejoindre al-Shabaab en Somalie. Aux Etats-Unis toujours, c’est un jeune homme d’origine somalienne, Mohamed Osman Mohamud, qui a été arrêté à la fin du mois de novembre après avoir essayé de commettre un attentat à Portland.

Enfin, notons que des tentatives de rapprochement entre AQMI et al-Shabaab seraient en cours. C’est du moins ce qu’indique la Lettre du continent dans son édition du 25 novembre. Selon cette lettre, trois Marocains d’AQMI seraient récemment allés en Somalie pour y rencontrer des responsables d’al-Shabaab.

En somme, il semble bien que la Somalie soit en passe de devenir le cinquième front d’Al Qaïda. Les combattants d’Al-Shabaab ont déjà été félicités en 2008 et en 2009 par Ayman al-Zawahiri, ce dernier les ayant même qualifiés de « lions de l’islam », un véritable signe de reconnaissance dans la mouvance jihadiste internationale. Il n’est donc pas impossible que la milice somalienne devienne formellement une « filiale » d’Al Qaïda dans les prochains mois.

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (2) | Auteur: Marc Hecker

Des lapins à nos frontières

Lundi, 13. décembre 2010 7:37

Il y a tout juste un mois, l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex) déployait 175 gardes-frontières sur une zone de 12 km entre la Turquie et la Grèce pour aider cette dernière à faire face à une augmentation rapide du nombre d’entrées illégales sur son territoire. Selon Frontex, l’opération RABIT (du nom des équipes d’intervention rapide, Rapid Border Intervention Teams) a entraîné une chute de 43,7% du nombre de clandestins interceptés à la frontière gréco-turque par rapport au mois d’octobre.

Malgré l’efficacité apparente de ce déploiement, le recours aux RABITs pose un certain nombre de questions quant à la pertinence et à l’efficacité des mesures prises depuis une vingtaine d’années par les pays de la rive nord de la Méditerranée pour régler le problème de l’immigration clandestine. Les Etats récepteurs ont en effet suivi une logique de rapidité d’action et de fermeté, bien souvent au détriment d’une réflexion sur le long terme et sans réellement considérer l’aspect humanitaire du phénomène.

Prenons l’exemple de l’Espagne, qui résume à elle seule certains traits de l’évolution de la question au niveau européen.

Lorsqu’en 1991, l’Espagne a introduit des visas pour les Marocains, l’une des conséquences a été le début de l’immigration clandestine principalement par l’infiltration des enclaves de Ceuta et Melilla. En 1993, l’Espagne a donc construit des clôtures autour de ces villes, qu’elle a peu à peu renforcées jusqu’à les rendre totalement hermétiques. Cela a entraîné un déplacement des flux migratoires, alors en augmentation à cause de l’entrée de l’Espagne dans l’espace Schengen et du boom de l’économie du pays. Les migrants ont alors commencé à prendre la mer à bord de pateras de fortune, jusqu’à l’Andalousie. En conséquence, le pays a mis en place, depuis 2002, un système de radars – le système intégré de vigilance extérieure, SIVE – pour protéger ses côtes et intercepter les embarcations de migrants. D’abord installé en Andalousie, puis dans le pays valencien, le système de surveillance a dû être graduellement étendu à l’ensemble des frontières maritimes espagnoles en fonction de l’évolution des routes migratoires. Parallèlement à cela, la marine a joué, depuis quelques années, un rôle de plus en plus important dans la gestion des flux irréguliers et le contrôle de l’immigration fait désormais partie des missions de l’Armada espagnole.  L’Espagne, l’Italie, ainsi que de nombreux autres Etats-membres ont également mené des patrouilles communes sous l’égide de Frontex, en Méditerranée ainsi qu’au large de la côte nord-ouest de l’Afrique.

Suite à ces initiatives, la baisse du nombre de clandestins traversant la Méditerranée, amorcée en 2007, a été impressionnante, allant jusqu’à moins 99% aux îles Canaries entre 2009 et 2010. Cependant, le déploiement des RABITs à la frontière gréco-turque démontre l’incapacité des Etats-membres de l’Union européenne à stopper les flux migratoires par la sécurisation des frontières, et souligne une fois de plus que l’effet de cette dernière est avant tout de déplacer les routes. Ainsi, selon Frontex, l’augmentation du nombre de migrants entrés par la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie a été de l’ordre de 369% depuis 2009.

[...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (2) | Auteur: Alice Pannier

Qui veut gagner des troufions?

Jeudi, 9. décembre 2010 7:03

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son titre, ce post n’est pas une énième chronique sur la réduction des budgets de Défense et la baisse attendue des effectifs des armées.  Plutôt que de parler de programmation militaire, évoquons plutôt – une fois n’est pas coutume – la programmation télévisuelle.

Dans les médias occidentaux, l’armée sri lankaise a mauvaise presse. Ses soldats sont régulièrement accusés de commettre des exactions, que ce soit contre les Tamouls ou lors de missions onusiennes de maintien de la paix. Dans les médias sri lankais, l’image de l’armée est bien différente, d’autant que le ministère de la Défense vient de lancer un nouveau show télévisé pour promouvoir ses personnels.

Il s’agit ni plus ni moins que d’une version militaire de la Nouvelle Star. Les candidats, en uniforme, fredonnent des mélodies locales et se déhanchent (modérément) au milieu des blindés et des pièces d’artillerie. Le jury, quant à lui, trône sur un camion de transport de troupes. L’Asian Tribune nous apprend que le nom du vainqueur – qui gagnera une maison – sera dévoilé en mai 2011, à la date anniversaire de la victoire contre les Tigres Tamouls.

On dit souvent, après Clemenceau, que « la justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique ».  Ce n’est probablement pas l’extrait suivant qui fera changer d’avis aux mélomanes…

Catégorie: Lu, vu, attendu | Commentaires (1) | Auteur: Marc Hecker

Le contre-espionnage militaire allemand, prochaine victime des coupes budgétaires?

Lundi, 6. décembre 2010 7:02

Ce post a été rédigé par Louis-Marie Clouet, chercheur au Comité d’étude des relations franco-allemandes (Cerfa) de l’Ifri.

Alors que la réforme de la Bundeswehr est déjà fortement contrainte par les restrictions budgétaires  – le ministère allemand de la défense doit économiser 8 milliards d’euros d’ici à 2014 -, le contre-espionnage militaire allemand pourrait lui aussi faire les frais des mesures d’austérité engagées par le ministre allemand de la Défense Karl Theodor zu Guttenberg.

Selon un article du quotidien allemand Handelsblatt, repris par Die Zeit, le Militärisches Abschirmdienst (MAD) pourrait être dissous et ses fonctions reprises par les deux autres services fédéraux de renseignement, le service de contre-espionnage Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV) et le service de renseignement extérieur Bundesnachrichtendienst (BND). Cette mesure permettrait d’économiser 70 millions d’euros. Le personnel du MAD s’élève à 1300 personnes, ce qui en fait le plus petit des trois services allemands de renseignement.

En vertu de la loi du 20 décembre 1990, les missions du MAD se rapprochent de celles de la DPSD avec pour tâche principale la prévention des tentatives d’espionnage au sein de la Bundeswehr : contrôle du personnel civil et militaire, protection des installations sensibles contre les tentatives d’espionnage, de sabotage ou de destruction.

Plus spécifiquement, cela signifie que le ministère allemand de la Défense perdrait un nouveau service de sécurité et de renseignement. Le Zentrum für Nachrichtenwesen der Bundeswehr (ZNwB) créé en 2002 était l’équivalent du BND pour le ministère allemand de la Défense, ce dernier ne bénéficiant pas d’un accès total et direct aux renseignements du BND. Fin 2007, le ZNwB a été démantelé et ses fonctions réparties entre le BND, le BfV, les états-majors et structures de commandement, et le Kommando Strategische Aufklärung (Commandement de reconnaissance stratégique, KSA).

Le KSA est désormais la principale structure chargée spécifiquement du renseignement militaire, en s’appuyant essentiellement sur les sources de renseignement non-HUMINT ; ses fonctions le rapprochent de ce point de vue de la DRM. C’est ce service qui opère notamment les satellites SAR-Lupe.

La mesure de suppression du MAD est critiquée par l’opposition (sociaux-démocrates et Verts) sur deux points :
-    D’une part, le MAD remplit des « missions totalement différentes » des autres services, et se focalise sur les besoins vitaux des militaires.
-    D’autre part, les partis d’opposition questionnent la capacité des deux autres services civils à reprendre des missions pour lesquelles ils n’ont pas été conçus et de remplir aussi efficacement les fonctions du MAD, dans un environnement militaire à la culture complètement différente.

Une critique évoquée par le Handelsblatt voit dans cette mesure un signe avant-coureur d’une offensive plus générale contre les services de renseignement, initiée par le parti libéral FDP, actuellement au pouvoir en coalition avec les Chrétiens Démocrates. Les Libéraux voudraient faire passer au banc d’essai tous les services de renseignement allemand, avec pour objectif explicite de les réduire à un seul service.

Catégorie: Analyses | Commentaires (2) | Auteur: Invité

Aspects opérationnels d’une cyberattaque

Jeudi, 2. décembre 2010 7:10

Je viens de lire le chapitre sur les « Aspects opérationnels d’une cyberattaque » dans le livre collectif intitulé Cyberguerre et guerre de l’information (éditions Lavoisier), dirigé par Daniel Ventre. L’auteur du chapitre, Eric Filiol, est un ancien officier de l’armée française, par ailleurs docteur en informatique et rédacteur en chef de la revue Journal in Computer Virology.

Trois idées développées par Eric Filiol méritent d’être mises en avant :
-    Premièrement, il considère qu’une cyberguerre ne saurait être uniquement virtuelle. Elle s’inscrit au contraire dans le domaine de la guerre réelle, l’aspect cyber ne faisant que s’ajouter aux dimensions plus traditionnelles de la guerre. Aussi donne-t-il la définition suivante :

« Une cyberguerre est une guerre dont au moins une des composantes, dans la réalisation, les motivations et les outils (armes au sens large du terme) s’appuie sur le champ informatique ou numérique. Ces composantes sont dénommées des cyberattaques ».

Cette définition a, à mon sens, un avantage et un inconvénient majeurs. L’avantage est qu’elle place la cyberguerre dans le champ de la stratégie et que l’on retrouve par conséquent des logiques habituelles de rapports de force ou de dissuasion.  Ces logiques peuvent toutefois être difficiles à mettre en œuvre car une cyberattaque peut être très compliquée à « tracer ». Il est donc extrêmement ardu de prouver qu’un Etat ou un acteur non-étatique est à l’origine d’une telle attaque, comme on l’a vu récemment dans le cas du ver Stuxnet, les soupçons pesant sur Israël ne reposant pas sur des preuves tangibles. L’inconvénient de la définition réside dans le caractère très large de l’expression « s’appuie sur le champ informatique ou numérique ». Toute armée moderne est aujourd’hui – au moins partiellement – numérisée. Or, il serait bien exagéré de considérer qu’en raison de l’utilisation du Blue Force Tracker ou du système Félin, les activités d’une armée entrent nécessairement dans le spectre de la cyberguerre. En d’autres termes, la distinction entre network centric warfare et cyberwarfare mériterait d’être précisée.

-    Deuxièmement, Eric Filiol conçoit une cyberattaque comme une opération militaire et utilise donc certains schémas habituels d’une opération de ce type. Il distingue ainsi trois phases : la phase de renseignement, la phase de planification et de génération des forces et la phase de conduite. Une cyberattaque réussie suppose  que les trois phases soient menées de manière cohérente, en fonction de la stratégie générale définie et de l’objectif final recherché.

-    Troisièmement, Eric Filiol élabore un scénario intéressant, dans la mesure où il tranche avec les scenarii habituels de cyberattaques apocalyptiques, dignes de films de science fiction. En effet, dans ce scénario – dont certains aspects paraissent tout de même relativement improbables – la cyberattaque a un objectif assez modeste : différer l’arrivée sur un théâtre d’un bâtiment de la Marine chargé d’évacuer les ressortissants d’un pays donné – probablement la France. Les deux pays impliqués directement dans le conflit – on reconnaît Israël et le Liban – approuvent officiellement l’évacuation des ressortissants étrangers mais, pour des raisons différentes, souhaitent la retarder de quelques jours. La cyberattaque ne vise en l’occurrence pas directement les systèmes informatiques du navire mais un sous-traitant de la Marine. Elle fonctionne en l’occurrence de manière tellement efficace qu’il est difficile de se rendre compte, sur le moment, qu’il s’agit bel et bien d’une attaque.

En somme, je vous recommande la lecture de ce chapitre. Vous devrez peut-être pour cela attendre que le livre soit disponible en bibliothèque car son prix est prohibitif (69 euros !). Les ouvrages vendus par certains éditeurs anglo-saxons – comme Routledge pour ce qui concerne les hardcovers – sont devenus inabordables. Il semblerait que la pratique des livres excessivement onéreux soit en train de gagner la France. Espérons que ce ne soit qu’une mode passagère…

Catégorie: Lu, vu, attendu | Commentaires (2) | Auteur: Marc Hecker