Articles du novembre, 2010

L’adaptation de l’US Army à la contre-insurrection en Irak

Lundi, 29. novembre 2010 7:39

Dans le cadre du cinquième cycle de « séminaires-sandwichs », nous organiserons jeudi 2 décembre de 12h30 à 14h00 un séminaire-sandwich portant sur les processus d’adaptation de l’US Army en Irak dans son apprentissage de la contre-insurrection.

Nous aurons à cette occasion le plaisir d’accueillir Stéphane Taillat, agrégé d’histoire, professeur aux Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan et chercheur au CREC.

Comme d’habitude, le séminaire se tiendra dans les locaux de l’Ifri et il vous est possible d’apporter un sandwich que vous pourrez déguster tout en écoutant l’orateur.

Nous espérons vous y voir nombreux ! Pensez s’il vous plaît à vous inscrire au préalable.

Catégorie: Divers | Commentaires (1) | Auteur: Ultima Ratio

FINUL: quelle efficacité ?

Jeudi, 25. novembre 2010 7:08

Le quatorzième rapport du secrétaire général des Nations-unies sur l’application de la résolution 1701 du conseil de sécurité a été rendu public début novembre. Il dresse un état des lieux en demi-teinte qui met en exergue la persistance de nombreux points de blocage, et rappelle à quel point  le sud Liban demeure crisogène.

Je souhaite revenir ici sur trois événements significatifs qui témoignent des contraintes dans lesquelles l’ONU doit exercer son mandat et dont l’analyse est de nature à éclairer le débat sur la question récurrente de l’efficacité de la FINUL.

L’incident de Shahabiye

Le rapport fait état d’une explosion qui s’est produite le 3 septembre 2010 dans une maison aux environs du village de Shahabiye. Le village en question a la particularité d’être situé à quelques kilomètres au Sud des gorges du Litanie, c’est-à-dire à l’intérieur de la zone de déploiement des troupes de la FINUL, mais également à quelques kilomètres à peine de positions de l’armée libanaise.

Le rapport stipule, sans en donner explicitement les raisons, que les troupes de la FINUL n’ont pu accéder au lieu de l’explosion avant plusieurs heures. L’enquête menée par  l’ONU n’a donc pas pu établir la cause de l’explosion, les éventuels éléments de preuve ayant été altérés ou éliminés avant l’intervention des casques bleus. Quant aux forces armées libanaises, le rapport précise, toujours sans en donner les raisons,  qu’elles ont également été dans l’impossibilité d’intervenir immédiatement. Notons cependant que dans le même temps, les troupes israéliennes ont déclenché une mission de surveillance du village à l’aide de drones. Ils ont ainsi pu filmer les allées et venues d’individus et de véhicules, procédant à l’évacuation « d’objets » présentés par les Israéliens comme des munitions.

Cet exemple illustre incontestablement les limites de l’efficacité de l’action de la FINUL. Mais il montre également à quel point il est erroné de lui en imputer l’entière responsabilité. En effet, force est de constater que chacun des acteurs cités a sa propre grille de lecture de l’application de la résolution 1701. Les troupes de l’ONU dont la mission première est de contribuer à la stabilisation de la paix, auraient-elles dû abattre le drone israélien, opter pour un passage en force au milieu de la population et faire feu sur les miliciens du Hezbollah au milieu du village sans savoir ce que contenaient le bâtiment et les véhicules environnants ?

Une telle attitude aurait probablement été interprétée par le mouvement chiite comme une déclaration de guerre, pour mémoire Hassan Nasrallah déclarait  dès 2006: « Le Hezbollah sera un soutien pour l’armée libanaise… il n’y aura pas de problème avec la Finul tant que sa mission n’est pas de désarmer la Résistance… ». Rappelons ici que si les troupes de la FINUL ont mandat d’intercepter toute personne en armes n’appartenant pas aux forces armées libanaises, elles ne peuvent effectuer des perquisitions dans des domiciles que s’il existe des éléments de preuve crédibles d’une violation de la résolution 1701.

Le rapport du secrétaire général montre toutefois que la présence de la FINUL n’est pas inutile. Il fait état de nombreux incidents, notamment aux abords de la ligne de séparation entre Israël et le Liban (ligne bleu) ou les tensions demeurent importantes. Il ressort de l’analyse de ces incidents qu’une issue favorable a pu être trouvée à chaque fois que la FINUL est parvenue à convaincre les belligérants de l’utilité de sa médiation. Dans le cas contraire, ce sont souvent les belligérants eux-mêmes qui, ne maîtrisant plus l’escalade, ont fait appel à la FINUL afin de circonscrire l’incendie.  Les événements du 4 août 2010 en donnent une parfaite l’illustration.

Les affrontements du 4 août

Le rapport présente les circonstances qui ont abouti, pour la première fois depuis la cessation des hostilités de 2006, à des échanges de tirs directs entre l’armée libanaise et les forces israéliennes, causant des pertes dans les deux camps.

L’incident est survenu dans le secteur sensible d’El Adeisse où se font face, à très courte distance, les positions des armées libanaise et israélienne de part et d’autre de la ligne bleue. Il semble que la réalisation de travaux aux abords immédiats de cette ligne par les Israéliens, ait provoqué une montée de tensions réciproque.  Le déploiement mutuel de troupes a conduit à des attitudes de plus en plus hostiles qui ont entraîné l’ouverture du feu côté libanais, provoquant la riposte immédiate des forces de Tsahal.

Il est intéressant de noter que la FINUL, présente sur les lieux, a proposé plusieurs solutions dont celle de réaliser elle-même les travaux. Mais sa médiation a, dans un premier temps, été rejetée par les deux belligérants. Si les troupes de l’ONU sur place n’ont pu s’interposer, ce qui serait revenu à engager le combat avec les deux parties, la FINUL a joué son rôle en isolant la zone de l’incident  tout en établissant le contact avec les hauts responsables militaires libanais et israéliens  afin de mettre un terme aux hostilités.

Gahjar

Pour terminer, l’actualité récente nous livre un élément d’appréciation supplémentaire. Gahjar est un petit hameau de 2000 habitants qui a la particularité de se situer sur la ligne bleue, à  hauteur des zones sensibles du plateau du Golan et des fermes de Shebaa. Il constitue un point d’achoppement entre la Syrie, le Liban et l’Etat hébreu depuis dix ans car Israël conserve le contrôle de la partie nord du village en dépit de son retrait du sud Liban en 2000.

Le commandant en chef  de la FINUL ayant une double casquette militaire et politique en tant que « head of mission », ses représentants successifs se sont personnellement impliqués dans les négociations lors de réunions tripartites afin de trouver une issue au problème.

La décision du conseil des ministres israélien d’autoriser le retrait de ses troupes du village montre à quel point l’action de médiation de la FINUL s’avère indispensable. L’Etat hébreu a d’ailleurs expressément émis le souhait d’en remettre le contrôle à la FINUL.

En somme, en l’absence de convergence de vues des différents acteurs, la FINUL ne peut véritablement jouer qu’un rôle de médiateur. S’il est illusoire de penser que la force onusienne pourra résoudre le contentieux entre Israël et le Hezbollah, elle n’en est pas pour autant inutile. Elle est en effet parvenue, au moins jusqu’à présent, à empêcher une véritable reprise des hostilités.

Catégorie: Analyses | Commentaires (3) | Auteur: J.R. Coignet

Le nouveau concept stratégique de l’OTAN à l’Ifri, avec Camille Grand

Mercredi, 24. novembre 2010 7:35

Quelques jours à peine après l’adoption par l’OTAN de son nouveau concept stratégique, « Engagement actif, défense moderne« , nous organiserons jeudi 25 novembre de 13h à 14h30 un séminaire-sandwich consacré aux nouvelles orientations de l’Alliance Atlantique.

Nous aurons à cette occasion le plaisir d’accueillir Camille Grand, directeur de la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) et ancien conseiller du groupe des experts en charge de la préparation du nouveau concept stratégique, groupe présidé par Madeleine Albright.

Comme d’habitude, le séminaire se tiendra dans les locaux de l’Ifri et il vous est possible d’apporter un sandwich que vous pourrez déguster tout en écoutant l’orateur.

Nous espérons que vous y viendrez nombreux ! Pensez s’il vous plaît à vous inscrire au préalable.

Catégorie: Divers | Commentaires (1) | Auteur: Ultima Ratio

FRUK (2): honi soit qui mal y pense !

Lundi, 22. novembre 2010 7:28

J’allais m’en tenir à mon premier commentaire, m’étonnant naïvement du peu d’écho rencontré par l’accord FRUK (France-UK)  hors Royaume-Uni. Las ! Etant tombé depuis sur un certain nombre de lamentations « européennes » ou « atlantistes » qui me semblent largement voire complètement infondées, je ne résiste pas à la tentation de répondre.

L’Europe de la défense « trahie » ?

C’est d’autant plus tentant que le blog Bruxelles 2, par ailleurs sérieux et bien informé, a commodément rassemblé en un seul post les critiques les plus courantes et les plus erronées. [...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (1) | Auteur: Etienne de Durand

Pourvu que le diable reste au frigo…

Jeudi, 18. novembre 2010 7:30

Parcourant les étagères du Centre des Etudes de Sécurité en quête d’un ouvrage sympathique pour les vacances, je trouve un petit roman de Richard Preston : « The Demon in the Freezer » qui raconte l’histoire vraie du virus de la variole et de son utilisation possible comme arme biologique. L’année 2010 marquant officiellement les 30 ans de l’éradication de la variole, le hasard fait parfois bien les choses.

Comme certainement beaucoup d’entre vous, je considérais, avant la lecture de ce livre, que la variole était une maladie d’un autre âge et que seul le « troisième âge » portaient encore la marque de la vaccination. L’arme biologique et son potentiel stratégique ne semblaient pas vraiment crédibles tant paraissent compliquées les techniques de production et de diffusion à grande échelle. Tant de certitudes rassurantes envolées en 280 pages, la littérature est parfois profondément anxiogène… [...]

Catégorie: Divers | Commentaires (3) | Auteur: Georges Dienekes

La fragilité du « nation building » au Timor

Mardi, 16. novembre 2010 16:37

Le Centre des études de sécurité vient de publier le Focus stratégique n° 26, intitulé:

L’ONU, Pygmalion malhabile. La fragilité du nation building au Timor

Cet article de Dominique Lecompte offre une analyse approfondie des réussites et échecs des missions de l’ONU qui se sont succédé, entre 1999 et 2002, avant l’indépendance du pays.

Après trente mois d’administration onusienne, l’expérience timoraise fut d’abord « présentée comme une success story en matière de peace building et de nation building », mais l’auteur explique que « l’optimisme de l’ONU se révéla […] prématuré ».  Huit ans après son indépendance, l’Etat timorais reste en effet fragile voire, pour certains, en voie « d’africanisation ».

Si l’ONU a su rétablir la paix au Timor, en assurer la bonne gouvernance et y instaurer un régime d’alternance politique, elle a échoué dans quatre domaines : les services sociaux, les infrastructures, la police et la justice. Sont en cause, entre autres, une attitude technocratique qui a marginalisé les cadres timorais de l’administration de l’Etat et une incapacité à surmonter les divisions au sein même des forces internationales qui ont participé à la construction du pays.

Sommaire :

Introduction
Contexte institutionnel et sociologique de l’intervention onusienne
Les réalisations : succès et échecs
Leçons et recommandations
Conclusion

Pour télécharger l’article, cliquez ici.

Si vous souhaitez réagir à ce Focus stratégique ou faire des suggestions à l’auteur, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur ce blog !

Catégorie: Divers | Commentaires (1) | Auteur: Ultima Ratio

FRUK année zéro

Lundi, 15. novembre 2010 7:52

They did it! Après plusieurs mois de discussions, le Royaume-Uni et la France ont signé un accord de défense en 17 articles. A ce stade, ce qui importe, ce sont moins les caractéristiques d’un accord d’ailleurs assez général que son contexte et l’esprit  général qui l’anime. La coopération franco-britannique en matière de défense a été jalonnée d’initiatives souvent sans lendemain, comme plusieurs commentateurs l’ont charitablement fait remarquer. Qu’est-ce qui différencie cet accord des précédents, et explique l’optimisme prudent qu’il suscite à raison ici et là ? [...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (3) | Auteur: Etienne de Durand

Du bon usage de l’histoire pour la contre-insurrection

Dimanche, 7. novembre 2010 12:53

La section Point de vue du  site du Monde vient de publier ce vendredi un article intitulé « Du mauvaise [sic] usage de l’histoire pour la contre-insurrection » avec déjà un certain nombre de réactions dubitatives de la blogosophère (Mars Attaque, Alliance GéoStratégique). Il s’agit d’une attaque en règle contre l’emploi de l’histoire dans l’élaboration d’une doctrine de contre-insurrection. Par-delà les tournures de style parfois étranges, l’auteur pose  toutefois des questions importantes qui méritent une réponse -encore une fois ce post ne fait qu’apporter un point de vue à d’autres commentaires déjà émis. L’auteur pointe entre autres deux errements selon lui caractéristiques de certaines études relatives à la COIN. Le premier tient au manque de moralité supposé de ce type de recherche  : [...]

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (5) | Auteur: Elie Tenenbaum

France et RSS: Savoir dire non pour mieux dire oui

Vendredi, 5. novembre 2010 7:13

Niagalé Bagayoko intervenait il y a peu à l’Ifri sur La réforme des systèmes de sécurité et de justice en Afrique francophone, titre d’un ouvrage publié sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie. En mobilisant mes propres recherches sur la RSS en Sierra Leone (cf. cet article et celui-ci “La réforme britannique du secteur de la sécurité en Sierra Leone. Vers un nouveau paradigme”, Politique Africaine, n° 98, juin 2005, pp. 63-78. Publié également dans Michel Galy (dir.), Guerres nomades et sociétés ouest-africaines, L’Harmattan, Paris, janvier 2008 ), et certaines idées que j’ai retenues de sa présentation, il me semble possible de dégager quelques idées force sur les réformes du secteur de sécurité (que je définis comme réforme des institutions militaires, de police, de justice et de renseignement) et leur utilité: [...]

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (1) | Auteur: Aline Lebœuf

« Washington, we have a problem » – Nouveaux troubles pour les ICBM américains

Mardi, 2. novembre 2010 7:04

Samedi 23 octobre, The Atlantic nous indique que l’US Air Force a connu un nouveau déboire avec les armes nucléaires dont elle a la responsabilité. On se souvient de l’envoi par erreur  de quatre composants du véhicule de rentrée Mk-12, en 2006, dans un conteneur à destination de Taïwan. Un an plus tard, un B-52H emportait à son bord douze missiles de croisière AGM-129 lors d’un vol entre Minot AFB et Barksdale AFB, sans savoir que six d’entre eux étaient équipés de têtes nucléaires au lieu des têtes d’entraînement. La conjonction des deux incidents avait alors amené Gates à « accepter la démission » des deux têtes de l’US Air Force, le Secrétaire de l’USAF Michael Wynne et son chef d’état major, le général T. Michael Moseley. [...]

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (1) | Auteur: Corentin Brustlein