Vendredi, 15. octobre 2010 7:21
Le Laboratoire de Recherche sur la Défense de l’Ifri s’est rendu récemment à Valence pour visiter le 1er régiment de Spahis, dans le but de mieux comprendre le quotidien des régiments, de se faire présenter certains équipements et de mesurer l’impact des réformes en cours. En effet, le « Spahis » se trouve au cœur de ces réformes, puisqu’il expérimente la Politique d’emploi et de gestion des parcs (PEGP) et la création de bases de défense (BdD). Derrière les grands concepts et les discours, la visite d’un régiment permet d’évaluer concrètement la mise en œuvre de ces réformes.
Le 1er régiment de Spahis, appartenant à la 1ère Brigade mécanisée, descend des régiments de cavaliers ottomans (les « cipahis ») placés en 1841 sous le commandement du lieutenant-colonel Joseph Ventini, dit Yusuf. Les origines nord-africaines du régiment se retrouvent aujourd’hui dans les emblèmes ornés de l’étoile chérifienne, les chants et la tenue de parade des Spahis, mais aussi dans le choix de la mascotte du régiment : un bouc dénommé Yusuf qui défile en tête de cortège lors des cérémonies. Le régiment compte aujourd’hui 476 militaires de rang, 140 sous-officiers et 39 officiers, soit 655 personnels.
Suite au projet de modernisation de la Défense, le régiment fait partie, depuis 2009, des 11 bases de défense pilotes, qui précèdent la création des 60 bases l’an prochain. La BdD de Valence regroupe le régiment de Spahis, le Groupement aéromobile de la section technique de l’armée de terre (Gamstat) basé à Chabeuil, et le détachement de munitions du 4ème régiment de matériel de Nîmes, à Billard. Avec un effectif de 1 200 personnes environ et organisée autour d’une formation majeure, la BdD de Valence est une base de type 1 (bientôt de type 2, avec l’intégration de l’Etablissement logistique du commissariat de l’air de Portes-lès-Valence). Depuis la mise en place de la réforme, un groupement de soutien de la base de défense pilote a été créé, au sein duquel sont mutualisés l’administration générale (ressources humaines, finances, restauration…) et le soutien commun (transport, carburants, maintenance des infrastructures…) des différentes unités. Au 1er régiment de Spahis, le gain en personnel de soutien est pour l’heure estimé à 11%. C’est moins que les 25% attendus par le gouvernement. De plus, la coordination entre les différentes unités doit encore être améliorée au sein des BdD, particulièrement lorsque celles-ci sont interarmées ; et on sent bien que la mise en œuvre de ces bases de défense pose des défis en termes de hiérarchie.
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