Articles du mars, 2010

US intelligence and www.wikileaks.org

Mercredi, 31. mars 2010 10:03

For researchers interested in government secrecy, www.wikileaks.org can often be a valuable site. Sometimes, however, it presents information in an unbearably biased fashion. Consider, for example, this recent headline:

« US intelligence planned to destroy wikileaks ».

This sounded like quite a story. What would be the implications if that was true? Should Google pull out of the US? I was curious and started reading a bit in the leaked study commissioned by the US Department of Defense Intelligence Analysis Program (DIAP). It examined how wikileaks.org might jeopardise the interests of US forces by playing vital intelligence into the hands of its various opponents. Not surprisingly, it concluded that

« Wikileaks.org, a publicly accessible Internet Web site, represents a potential force protection, counterintelligence, operational security (OPSEC), and information security (INFOSEC) threat to the US Army. »

Looking then for signs that US intelligence actually planned to disrupt this site, I only stumbled across a number of rather common-sense recommendations:

« the identification, exposure, termination of employment, criminal prosecution, legal action against current or former insiders,
leakers, or whistlblowers could potentially damage or destroy this center of gravity and deter others considering similar actions from using the Wikileaks.org Web site ».

Don’t get me wrong. I admire and support the power of investigative sources on the net. Still, it is also understandable (and a calculated risk for leakers) that those who would like to keep the information secret will not shy away from using all available legal tricks against them. That’s not anything new under the sun nor has this threat become more serious for leakers than before.

What I find disturbing, then, is the sensationalist headline. Based on what I’ve gathered from DIAP study, this is a far cry from any plan to “destroy » Wikileaks. This kind of reporting is, in my view, entirely inappropriate. A more factual approach would be in order.

Catégorie: Lu, vu, attendu | Commentaires (2) | Auteur: Thorsten Wetzling

« Mushtarak », quelques enseignements.

Lundi, 29. mars 2010 8:31

Le 16 février 2010,  trois jours après le lancement de la vaste offensive des forces internationales dans le bastion insurgé de Marjah dans le Helmand, le commandement allié se disait déjà satisfait des résultats de l’opération. Pourtant en COIN, les bénéfices doivent être évalués à long terme, en fonction du niveau de gouvernance et de développement produit à l’issue de la phase de sécurisation conduite par les militaires. Cette communication hâtive et résolument optimiste de l’alliance doit être analysée en fonction des impératifs de politique intérieure des alliés. Les échéances électorales qui se profilent à l’horizon 2012 obligent en effet à présenter des résultats positifs aux opinions publiques plus que sceptiques sur le bien-fondé de la guerre en Afghanistan.  S’il est encore tôt pour estimer le résultat de l’opération, des enseignements techniques, tactiques, opératifs et stratégiques sont d’ores et déjà visibles.

Mushtarak est la plus vaste offensive en Afghanistan depuis la prise du pouvoir par le président Karzaï à Kaboul. 15 000 hommes sont engagés depuis février pour reconquérir et stabiliser la zone de Marjah, présentée comme une importante cité de 85 000 habitants par l’Alliance et comme « un simple petit village »  par le commandant Taliban Abdul Rezaq Akhund. Il s’agit surtout la première offensive conduite dans le cadre de la nouvelle stratégie du général McChrystal.

Au plan technique, même si la prise de contrôle de Marjah par les forces de l’ISAF était inévitable, compte tenu de la supériorité numérique et aérienne de l’alliance,  l’opération Mushtarak montre d’abord une maitrise tactico-opérationnelle très poussée. Coordonner une offensive terrestre de 15 000 hommes, comprenant une opération héliportée de 60 appareils, avec l’appui aérien, renseignement et logistique idoine, le tout au sein d’une coalition comprenant un fort contingent afghan, n’est pas une affaire simple. L’ISAF a montré son degré d’expertise, depuis la planification jusqu’à la conduite de l’opération, en passant par l’exploitation médiatique.

L’opération est entrée depuis la mi mars dans sa phase de stabilisation avec une douzaine de pertes rien que pour les Marines. Sur le plan tactique, on peut donc d’ores et déjà analyser le bilan de la phase coercitive (qui a duré 3 ou 4 jours).  Durant l’offensive initiale, 4 soldats de l’ISAF ont été tués pour 35 Talibans confirmés (une centaine estimés). Le kill ratio est donc  faible (1 soldat perdu pour 8,75 insurgés tués),  surtout si on le compare avec le 1 pour 50 atteint lors de la bataille de Khe Sanh (Vietnam) en 1968. Un total de 35 talibans sur le millier a priori présent dans la zone. Le ratio de soldats engagés par rapport à la population est de 150 pour 1000 (la zone de Marjah compte en fait environ 100 000 habitants répartis dans plusieurs villages), soit très largement supérieur au ratio normal de COIN (20 pour 1000 selon le FM 3-24), ce qui marque une volonté de concentration des efforts qui ne pourra évidemment pas tenir dans la durée.

On peut proposer deux explications à l’ efficacité cinétique somme toute relative de l’opération. La première tient à l’intelligence tactique des Talibans qui refusent d’affronter directement l’adversaire. Préférant abandonner le terrain, non sans l’avoir pollué de nombreux IED, les insurgés se sont réfugiés dans les montagnes et attendent des jours meilleurs. Ils reviendront alors  harceler les forces de sécurité et  reprendre le contrôle de la population, lorsque le gros des bataillons retournera dans ses quartiers. La deuxième  est à rechercher, du moins faut-il l’espérer, dans l’abandon du « body count » comme indicateur de la réussite des opérations militaires en Afghanistan. Dans la droite ligne de la nouvelle stratégie de McChrystal, l’opération ne visait pas à détruire physiquement les Talibans, mais à produire de la sécurité et de la gouvernance, en restaurant l’autorité du gouvernement afghan, dans cette zone clé, bastion des Talibans et centre de production de drogue. [...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (1) | Auteur: Georges Dienekes

Désarmement nucléaire: « nouveau départ » à petits pas ?

Dimanche, 28. mars 2010 20:40

Après d’interminables mois au cours desquels les nouvelles concernant le successeur du traité START-I (censé expirer en décembre dernier) restaient dans le vague, les choses ont subitement pris une forme beaucoup plus concrète ces dernières semaines et, surtout, ces derniers jours. Jusqu’à récemment, les échos reçus des négociations en cours faisaient état  d’un blocage autour de points tels que les échanges de données issues de la télémétrie ou les projets américains de défenses antimissiles – suscitant toujours le même enthousiasme à Moscou. Et soudain, vendredi dernier 26 mars, Barack Obama a annoncé que le remplaçant du traité START-I serait signé le 8 avril à Prague, un an après le discours dans lequel il affirmait sa volonté de voir les Etats-Unis montrer la voie vers un monde dénucléarisé.

Les enjeux sont clairs et l’on peut en relever au moins 3 : (1) prouver, à moins d’un mois du début de la conférence d’examen du TNP, la volonté des Etats-Unis de tenir les engagements pris au titre de l’article VI du traité ; (2)  montrer à la communauté du désarmement, dont le scepticisme croît un an après le discours de Prague, que la volonté américaine d’avancer vers un monde sans armes nucléaires se traduit bel et bien dans les faits, malgré l’absence de signes encourageants (toujours pas de ratification du CTBT, blocage de la conférence du désarmement sur un éventuel FMCT)  ; (3) réduire de manière vérifiable le nombre d’armes nucléaires stratégiques déployées par les forces russes, et donc réduire une partie de la menace nucléaire tout en gardant un œil sur les capacités russes.

Que sait-on et que croit-on savoir du traité à venir ?

Ce qui suit s’appuie à la fois sur des informations officielles et sur des analyses et commentaires d’origines variées.

Pas de réduction brutale des arsenaux.

- En termes de têtes nucléaires, le plafond serait fixé à 1550 pour chacun des deux Etats. Une première précision s’impose néanmoins : serait considérée comme tête nucléaire (et donc comptabilisée) chaque tête équipant des vecteurs stratégiques déployés (ICBM ou SLBM) ou chaque bombardier stratégique capable d’emporter des armes nucléaires. La nuance est de taille : on ne compterait pas (plus) les armes nucléaires pouvant être portées par les bombardiers, mais seulement les bombardiers eux-mêmes — voir ci-dessous.

- En termes de lanceurs, le plafond serait fixé à 800 pour les ICBM/SLBM/bombardiers à capacité nucléaire, déployés ou non, et à 700 pour les vecteurs déployés.

[...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (1) | Auteur: Corentin Brustlein

Churchill et les petites guerres

Jeudi, 25. mars 2010 14:35

Avant de devenir l’homme d’Etat que l’on sait, Winston Churchill a été officier dans l’armée britannique et reporter de guerre pour différents journaux. Il a pris part, à ce titre, à de nombreuses « petites guerres » dans des zones qui correspondent aujourd’hui au Soudan, à l’Afrique du Sud et à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Ses expériences remontant à la fin du XIXème siècle, Churchill les raconte dans son autobiographie intitulée « Mes jeunes années », publiée initialement en 1930.

Cet ouvrage qui se lit comme un roman d’aventure est d’une richesse étonnante pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire militaire et aux conflits asymétriques. L’armée britannique pratiquait alors des méthodes de contre-insurrection bien éloignées de celles de l’armée française au Tonkin et à Madagascar. Alors que Lyautey et Galliéni insistaient sur la nécessité d’utiliser modérément la force et de préserver les populations locales, les Britanniques semblaient avoir une vision plus brutale de la « pacification ».

En témoigne ce passage qui relate une opération s’étant déroulée dans la vallée de Mamund (actuelles zones tribales à la frontière pakistano-afghane):

« Sir Bindon nous envoya l’ordre de rester dans la vallée de Mamund et de la dévaster entièrement à titre de représailles par le fer et par le feu. [...] Nous procédâmes systématiquement, village par village, détruisant les maisons, comblant les puits, faisant sauter les tours, abattant les arbres, brûlant les récoltes et crevant les réservoirs. Les indigènes, juchés sur les montagnes, observaient d’un air sombre la destruction de leurs foyers et de leurs moyens d’existence. »

Faut-il voir dans ces quelques lignes une des explications de la méfiance des populations des zones tribales à l’égard des interventions externes?

Catégorie: Analyses, Lu, vu, attendu | Commentaires (6) | Auteur: Marc Hecker

Binyam Mohamed and British intelligence oversight

Jeudi, 25. mars 2010 14:12

Last month, to quote Kings of War blogger, Rob Dover,

« a veritable poo-storm hit the British Court of Appeal (…) as a private exchange of correspondence – between the government’s lawyer Jonathan Sumption QC and the Court – became public. The government had asked that part of the judgment relating to the alleged torture of Binyam Mohammed be redacted (or removed) in the interests of protecting the reputation of our Security Service (known to nearly everyone as MI5). »

The case of Binyam Mohamed is rather complex (see this piece for starters, see also this piece for the various court rulings in pdfs, see Scott Horton’s feed for a more holistic appreciation of recent developments news on this). First and foremost, it entails a credible allegation of torture complicity by British intelligence. Yet, on closer inspection, it provides researchers with a rare opportunity to depict more general, systemic flaws with the British « art » of celebrating intelligence accountability. Amongst other things, it reveals how national security has become conflated with national embarrassment throughout the oversight proceedings on this particular accountability case.

While the official British intelligence watchdog (aka as the Intelligence and Security Committee (ISC)) has looked into this case (see its Renditions report (2007)), the most revealing information is to be found elsewhere. In Mohamed v. Foreign Secretary, the British High Court revealed (in 2008), how the ISC, which supposedly operates from within the ring of secrecy, has been kept outside of the loop in this (and arguably a number of other cases that will gradually come to the fore).

[...]

Catégorie: Analyses | Commentaires (1) | Auteur: Thorsten Wetzling

Focus stratégique: Soutien santé, le défi afghan

Jeudi, 25. mars 2010 14:00

Le dernier Focus stratégique a été publié il y a peu par Aline Leboeuf, chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri et également membre de l’équipe d’Ultima Ratio. Le papier est consacré à l’adaptation du Service de santé des Armées aux missions afghanes. Résumé :

Contrairement aux progrès continus réalisés par la médecine civile, les améliorations en matière de traitement et d’évacuation des blessés de guerre dépendent d’abord de la capacité des services de santé des armées à s’adapter aux environnements conflictuels dans lesquels ils sont engagés. Le conflit actuel en Afghanistan en est l’illustration, comme le montre l’embuscade d’Uzbin.

Même si des commentaires nous sont déjà parvenus de manière plus ou moins ouverte, ce blog se propose d’être l’un des lieux où les discussions suscitées par le texte d’Aline pourront être tenues – n’hésitez donc pas à nous faire part de vos remarques.

Catégorie: Divers | Commentaires (1) | Auteur: Ultima Ratio

Pourquoi Ultima Ratio ?

Jeudi, 25. mars 2010 13:49

En tant que chercheurs, nous souhaitons développer un blog collectif pour pouvoir partager avec vous nos hypothèses de recherche et échanger nos analyses sur nos domaines de prédilection. Ces derniers ont trait, d’une manière générale, aux problématiques de stratégie, de défense et de sécurité.

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Catégorie: Divers | Commentaires (10) | Auteur: Ultima Ratio