Mardi, 27. mars 2012 6:54
Dans le cadre du cycle de séminaires sur « 2012 La défense en question », le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) organisaient un séminaire-sandwich, le 22 mars 2012. Notre invité était Arnaud Danjean, expert de l’UMP, député européen et président de la sous-commission sécurité et défense (SEDE) du Parlement européen. Son intervention est le fruit d’une vision personnelle, elle n’engage pas son parti.
Après une analyse des évènements de Toulouse et du coup d’État au Mali (cinq premières minutes), rappelant le problème de la mise en œuvre de la stratégie européenne au Sahel et surtout de la mise en œuvre du volet sécuritaire, il souligne notamment l’importance des enjeux de sécurité (9ème min) pour la présidentielle, notamment au vu du sommet de l’Otan. Pour lui, il ne faut pas parler de « rééquilibrage » entre OTAN et l’UE (minutes 12, puis 28/36) : le retour au sein de l’OTAN n’a pas eu pour conséquence un abandon de la défense européenne ; le danger, si on parle de complémentarité UE/OTAN revient à ce que l’UE abandonne le militaire et soit déclassée stratégiquement. Une autre question qui se pose est celle du maintien souhaitable du budget de la défense (d’ailleurs soutenu par sa famille politique, min 13), « il faut digérer les réformes ». Les menaces sont certes le terrorisme, mais aussi et surtout les « crises régionales très classiques » (min 18) « qui réclament des moyens d’intervention classiques » (exemple libyen). D’autant qu’il faut désormais prendre en compte le retrait américain (min 19): il s’agit là d’un mouvement de réorientation stratégique majeur qui exige un engagement plus fort des européens pour assurer leur propre défense (min 22). Pouvons-nous, voulons-nous encore intervenir avec et sans les Américains (min 24)? Danjean se positionne en faveur de l’Europe de la Défense mais s’interroge: les Européens veulent-ils d’une Europe de la Défense et la France peut-elle la construire seule (min 25)? Il rappelle le rôle que joue la France en faveur de cette défense européenne, y compris dans le soutien à l’agence européenne de défense (AED, min 30), et le débat sur l’OHQ.
Voici la vidéo :
Une vision (UMP) pour le futur de la Défense… par Ifri-podcast
Le séminaire était suivi d’une discussion avec Étienne de Durand, directeur du CES et Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique. Camille Grand met en avant plusieurs interrogations sur les menaces: que penser des hypothèse selon certains que le terrorisme n’est plus la menace ou que l’on sort de la décennie des interventions et que l’on n’en fera plus (minute 0, réponse à minute 9, où AD insiste sur les risques de « coagulation [des menaces] à nos portes »). Or ces crises s’imposent à nous, ce ne sont pas des choix (sauf l’Irak). L’OTAN et le sommet de Chicago (retrait d’Afghanistan, smart defense et bouclier anti-missile) inquiète Camille Grand (réponse d’AD min 17, sur les ravitailleurs entre AED et OTAN, min 22). Camille Grand interroge également les évolutions de la défense européenne (réponse d’AD min 23, insistant sur le capacitaire et non l’opérationnel comme central pour la défense européenne aujourd’hui). Etienne de Durand revient sur les questions de budget, « maintien » certes mais à quel niveau, pour quel niveau d’ambition, quel format d’armée et avec quelles réponses face aux trous capacitaires (min 30) ? Arnaud Danjean (min 35) insiste sur les efforts faits par les forces armées françaises et l’impossibilité d’imposer « une nouvelles saignée », il souligne l’importance de la polyvalence de ces forces (min 39) et discute le rôle de l’Union européenne.
Voici la vidéo :
En Débat – Une vision (UMP) pour le futur de la… par Ifri-podcast