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Les vidéos: acquisition d’armement et industries, appel d’Europe

Vendredi, 12. avril 2013 8:39

Le 28 mars, le Centre des études de sécurité de l’Ifri, la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et le blog Secret-Défense organisaient un séminaire-sandwich sur les industries de défense, autour de Hélène Masson, maître de recherche à la FRS.

Des Etats clients sous contraintes budgétaires, des industries de défense amenées à se restructurer, une Commission européenne à l’appétit réglementaire toujours plus prononcé : tels sont les grands paramètres d’un marché européen de la défense en pleine mutation. Cadre national ou européen, l’enjeu est aujourd’hui de déterminer où placer le curseur des outils de politique publique dédiés au secteur de l’armement.

Vous retrouverez ci-dessous l’intervention de Hélène Masson :


Acquisition d'armement et industries : appel d… par Ifri-podcast

 

Le séminaire était suivi d’un débat avec Etienne de Durand, directeur du Centre des études de sécurité de l’Ifri, et Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique. Vous retrouverez l’intégralité de ce débat ici :


Acquisition d’armement et industries : appel d… par Ifri-podcast

Bon visionnage, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires !

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Réforme du secteur de sécurité au Mali: leçons de la Sierra Leone

Mardi, 9. avril 2013 8:01

On compare parfois, ces derniers temps, l’exemple sierra-léonais au Mali. L’intervention anglaise de mai 2000 qui permit, à terme (2002), de ramener la paix en Sierra Leone, n’a peut-être que peu de choses à voir avec l’intervention française au Mali. Cependant, la Sierra Leone est le premier pays dans lequel a été mise en place une réforme du secteur de sécurité (RSS) globale. L’expérience s’avère être potentiellement riche de leçons pour la mise en place de la RSS malienne.

Premièrement, la RSS a fonctionné en Sierra Leone parce qu’elle était « globale ». La réforme de l’armée sierra-léonaise conduite par le Royaume-Uni avait un volet formation de bataillons, comme EUTM Mali, mais elle comportait surtout un volet réforme de l’état-major et du ministère de la Défense. Surtout, elle était complétée par des missions civiles de réforme de la police, du renseignement et de la justice. Cette approche globale, coordonnée par le Royaume-Uni, a certes comporté des imperfections (elle a notamment rencontré des problèmes importants pour la réforme de la justice). Elle a cependant permis d’éviter que les tensions entre services ne soient trop fortes (voir point 2, ci-dessous). Cette approche pourrait permettre de prévenir une situation que le Mali connaît déjà trop bien : des bataillons très bien formés et capables – au moins en théorie – de se battre, existent dans un vide politique et stratégique, voire juridique, qui fait de telles forces un véritable danger pour le pouvoir politique et pour les populations.

Deuxièmement, la Sierra Leone montre bien que toute réforme conduit à des tensions entre services réformés/peu réformés/pas réformés. On y observe, pendant les premières années de réforme, des tensions entre force armée et force de police, chacune s’estimant défavorisée par les réformes. Parmi les solutions trouvées : équipes mixtes pour contrôler la frontière ; constitution d’une sorte de conseil de sécurité ( « National Security Council » décliné en plusieurs conseils plus opérationnels), qui regroupe Président, ministres et chefs de services du secteur de la sécurité. Le NSC permet d’améliorer le contrôle du politique sur son secteur de sécurité, mais aussi la coordination entre services. Or, on retrouve au Mali ces tensions entre bérets rouges et verts, entre forces de police, tensions qui ont conduit à plusieurs reprises à des affrontements. Un vrai travail de rapprochement et de pacification des relations entre ces forces pourrait donc s’inspirer du modèle sierra-léonais.

Troisièmement, face à de telles tensions entre forces différentes du secteur de sécurité, il est utile de réfléchir, dès le départ, aux fonctions des différentes organisations réformées. Les Britanniques ont su imposer la primauté de la police. Conceptualisée dès le début de la réforme de la police (1998), cette approche s’impose une fois la guerre terminée (2002-2004). Elle implique donc qu’un rôle spécifique soit confié à l’armée : en Sierra Leone, essentiellement le soutien ponctuel à la police en cas de crise sur le territoire national, les opérations de maintien de la paix, la protection du territoire en cas de guerre. Cependant, en temps de paix, c’est la police qui assure la sécurité sur le territoire national et qui contrôle les frontières. De tels arbitrages sont difficiles à imposer, dans la mesure où ils impliquent de redéfinir la posture de chaque organisation et son accès aux ressources. Ils sont cependant essentiels car, une fois acceptés, ils fournissent les bases d’un secteur de sécurité protecteur et non prédateur. Dans le cas malien, cela peut paraître inadapté dès lors que la police a certainement aussi mauvaise presse au Nord que l’armée et que la taille du territoire pose le problème de la protection des espaces périphériques. Cependant, clarifier la mission de toutes les forces de sécurité maliennes, leur redonner confiance tout en encadrant strictement leur action dans le cadre légal-juridique, peut permettre de poser les bases d’un redéploiement plus consensuel et plus adapté aux besoins sécuritaires du Nord Mali une fois la guerre terminée.

Quatrièmement, la RSS a permis de lutter contre l’impunité. Grâce à la mise en place d’une justice plus efficace (plusieurs policiers et militaires jugés pour des crimes, comme le viol ou la corruption, entre autres), tout d’abord. Grâce, ensuite, à des organisations spécifiques, comme une police des polices (CDIID) pouvant discipliner voire licencier les policiers en faute. Enfin, cela a surtout pu être accompli du fait de la primauté de la police sur les militaires, qui a permis d’imposer aux militaires le respect du droit – notamment en conduisant des patrouilles mixtes policiers/police militaire, puis composées des seuls policiers. La question de l’impunité et plus largement de l’accès à la justice est un vrai problème au Mali, au cœur du rejet des forces de sécurité et de l’Etat malien par la population au Nord. Il est essentiel qu’un homme à qui on a volé son bétail n’encoure pas une double peine parce que le système judiciaire le taxe de façon illégale sans cependant résoudre le problème. Or, la Sierra Leone prouve que, bien que la réforme de la justice soit très difficile à mener à bien, des solutions existent pour faire face à ces problèmes. Un effort réel doit être fait dans ce sens, pour consolider l’Etat de Droit et protéger les populations.

Cinquièmement et pour finir, la RSS en Sierra Leone n’aurait pu se déployer comme elle l’a fait sans un soutien fort du pouvoir politique sierra-léonais. Ce dernier avait intérêt à contrôler son armée et les Britanniques lui offraient des solutions concrètes pour le faire. Il s’est donc largement impliqué, et de façon constructive, dans les réformes, au moins pendant les premières années qui ont suivi la guerre. Surtout, la situation n’obligeait guère les réformateurs à jongler avec l’influence des mutins ou des rebelles (décrédibilisés par leur défaite militaire) et ces derniers ont pu être sélectionnés avant de réintégrer l’armée. Au Mali, la situation est nettement plus complexe, avec à la fois la question de la place des anciens mutins dans le processus décisionnel (certainement beaucoup trop importante) et la question de la légitimité du pouvoir politique en place, tant que les élections n’auront pas eu lieu.

Ce texte s’appuie sur les conclusions de ma thèse sur « La réforme du secteur de sécurité en Sierra Leone ». Le PDF est disponible sur demande à leboeuf@ifri.org

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Quelle sécurité face aux virus émergents ?

Jeudi, 4. avril 2013 13:13

Deux virus « émergents » ont fait parler d’eux ces dernières semaines: le nouveau coronavirus et le H7N9. Ces deux virus ont causé la mort de plusieurs personnes, en Chine, au Moyen Orient et en Europe. La menace d’une épidémie reste apparemment contenue. Les erreurs réalisées pendant la gestion de la pandémie grippale de 2009 ont plutôt contribué à une communication très prudente sur les risques pandémiques. Cependant, ces morts rappellent que ce risque est réel et doit être pris en compte.

Le nouveau coronavirus (une famille qui inclut le rhume et le SRAS, mais n’est ni l’un ni l’autre) est proche des coronavirus trouvés dans les chauves-souris. D’avril 2012 à mars 2013, 17 personnes ont été infectées par ce nouveau coronavirus. Voici le tableau des cas cliniques, selon le CDC :

Arabie Saoudite : 9 personnes  (6 décès)
Qatar : 2 personnes, qui ont survécu
Jordanie : 2 personnes (2 décès)
Royaume-Uni : 3 personnes (2 décès)
EAU : 1 personne (décédée)

Sur les 17 cas d’infection connus, on a donc compté 11 décès. Dans au moins un cas, au Royaume-Uni, un cas de transmission inter-humaine a pu être observé. Deux des patients (Qatar, EAU) ont été soignés en Allemagne.

Le virus H7N9 est, quant à lui, un virus de grippe aviaire. Il a pu être détecté chez 9 personnes en Chine, donc trois sont décédées. Pour l’instant, si tous les cas n’ont pas de liens établis avec un élevage de volaille, aucune transmission inter-humaine n’a pu être démontrée. Voir sur la carte HealthMap.

Face à ces épidémies qui restent pour l’instant grises, tant leur impact réel à venir reste incertain, les mesures à prendre sont pondérées par leur impact potentiel sur la vie économique et le tourisme. L’OMS ne recommande pas d’éviter tout voyage en Arabie Saoudite ou en Chine. La Chine a cependant pris des mesures pour protéger sa population comme en témoigne cet article du Washington Post :

Under the contingency plan, schools, hospitals and retirement facilities are to be on the alert for fevers, and administrators are to report to health authorities if there are more than 5 cases of flu in a week. Cases of severe pneumonia with unclear causes are to be reported daily by hospitals to health bureaus, up from the weekly norm. The plan also called for stronger monitoring of people who work at poultry farms or are exposed to birds. The level-3 response plan, the 2nd-lowest in a 4-stage scale, reflects higher concern after the H7N9 bird flu virus led to the deaths of 2 men in Shanghai and seriously sickened a woman in the city of Chuzhou, 360 km (230 miles) [to the] west.

Pour l’instant, cependant, ces deux épidémies restent en dessous du radar politique, captives des services de santé qui jusqu’ici réussissent à les maîtriser et à réduire l’anxiété voire la panique que des cas de H7N9 ou de nouveau coronavirus pourraient déclencher s’ils se produisaient à Hong Kong ou à Singapour, encore très marqués par H5N1 ou le SRAS. Elles restent « grises »: on ne sait par exemple pas encore très bien si le nombre limité de cas s’explique parce que seuls les cas les plus graves sont détectés, ou s’il est lié aux caractéristiques propres du virus, encore peu infectieux chez l’homme.
Cependant, on peut déjà se demander si l’expérience du SRAS ou de H5N1 [voir à ce titre mon étude sur la gestion globale de H5N1] ou de la grippe de 2009 nous a suffisamment préparés pour faire face à une évolution du virus, soudain plus transmissible, tout en restant (peut-être) aussi dangereux.

Voici, pour rappel, quelques points essentiels issus de ma précédente étude :

  • Les nouvelles maladies émergent souvent à la jonction de la santé humaine, animale et environnementale ce qui requiert une action conjointe des trois secteurs (approche « Une santé ») ;
  • La prévention des crises sanitaires ne peut se faire dans un seul pays, mais doit être conduite à la fois au niveau de chaque Etat et de façon collective, via les agences internationales et la solidarité internationale (aide aux pays les moins riches) ;
  • La préparation aux pandémies requiert des efforts constants, notamment grâce à des simulations, pour discerner les failles dans les systèmes de prévention et de gestion de crise ;
  • Lutter contre les épidémies dans la durée implique de lutter contre la « fatigue » qui saisit les acteurs du monde de la prévention des risques sanitaires : les personnes clefs dans la lutte contre la grippe aviaire et pandémique en 2005 ont quasiment tous disparus sans être remplacés, emportant avec eux le fort leadership politique qui soutenait les politiques de prévention sanitaire ;
  • Il n’est pas nécessaire de créer de nouvelles structures pour gérer les crises sanitaires, mais de renforcer les structures existantes et leur coopération entre elles ;
  • Souligner l’enjeu sécuritaire des crises sanitaires permet de renforcer leur visibilité politique et d’accroître les ressources, mais cela peut avoir des effets très négatifs si cela a pour résultat un manque de transparence et une mauvaise communication entre les acteurs en charge de la gestion de la crise (on pense par exemple au problème des plans intersectoriels secrets, inconnus des acteurs devant les mettre en place…).

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Armées et défense du territoire national: les vidéos du général Charpentier

Jeudi, 14. mars 2013 8:58

Le général Hervé Charpentier, gouverneur militaire de Paris, est intervenu à l’Ifri le 14 février 2013. Invité par le Centre des études de sécurité de l’Ifri, la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et le blog Secret Défense pour l’un de nos fameux « séminaire-sandwich » sur la défense française, il a expliqué quel était, selon lui, le rôle des armées françaises sur le territoire national.

Après avoir rappelé l’évolution du mandat des armées sur le territoire national depuis une centaine d’années, ainsi que le cadre et les scénarios d’emploi des forces armées, le général Charpentier présente précisément le fonctionnement du plan Vigipirate et la préparation au scénario d’une crue centennale de la Seine. Il souligne des facteurs possibles de vulnérabilité des armées, comme le fait que Paris devient « un désert militaire » et met en lumière les problèmes qui accompagnent toujours ce genre d’opérations, comme « la peur de la bavure ». Il explique les efforts faits pour y pallier, allant des armées à létalité réduite à la mise sur place d’un bataillon de réserve en Ile de France. Il rappelle aussi que le maintien de l’ordre n’est pas au cœur de la mission des forces armées et risque de les divertir de leur mission principale.

Vous retrouverez la vidéo ici:

Rôle des armées dans la défense du territoire… par Ifri-podcast

La deuxième partie du séminaire permet un débat entre le Général Charpentier et Etienne de Durand, directeur du Centre des études de sécurité de l’Ifri, Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique et Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret-Défense. Sont discutés notamment l’état d’urgence en Nouvelle Calédonie, les priorités capacitaires pour le Livre blanc, les relations entre hiérarchie militaire et hiérarchie civile, et l’équilibre que peuvent trouver – ou pas – les armées entre leurs différents rôles, allant de l’Afghanistan à Vigipirate.

Voici la vidéo du débat:

Débat – Rôle des armées dans la défense du… par Ifri-podcast

Retrouverez aussi sur Twitter @UltimaRatio_ le fil des propos de nos intervenants et des débats.

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Comprendre le budget de la défense français en vidéo

Lundi, 4. février 2013 8:27

Comme certains d’entre vous le savent, le Laboratoire de Recherche sur la Défense de l’Ifri (LRD), la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et Secret-Défense ont organisé le 24 janvier dernier un séminaire-sandwich autour de Martial Foucault. Il portait sur « Le budget de la Défense française : quelles évolutions en 2012-2013 ? ».

Martial Foucault est professeur agrégé de science politique à l’Université de Montréal et directeur du Centre d’Excellence sur l’Union Européenne (Université de Montréal/McGill University). Vous vous en souviendrez peut-être, l’Ifri a publié, en avril 2012, son étude remarquée sur les budgets de défense : « Les budgets de défense en France, entre déni et déclin » (Focus stratégique, numéro 36).

L’intervention de M. Foucault était structurée en quatre points: (1) Comprendre le budget de la défense française; (2) les lois de programmation, (3) le dilemme « welfare vs. warfare », et enfin (4) la comparaison de l’effort budgétaire de défense français avec celui des autres puissances, notamment émergentes. Si vous n’avez pas pu y assister et que le live-tweet ne vous a pas suffit, retrouvez la vidéo ici :

Le budget de la Défense française : quelles… par Ifri-podcast

Le séminaire était suivi d’un passionnant débat avec Etienne de Durand, directeur du Centre des études de sécurité de l’Ifri, et Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique. Vous le retrouverez ici :


Débat – Le budget de la Défense française… par Ifri-podcast

Le prochain séminaire sandwich aura lieu le 14 février, de 12h à 14h, toujours à l’Ifri, avec le général Charpentier, gouverneur militaire de Paris sur « Le rôle des armées sur le territoire national: scénarios ». Inscription: strategie@ifri.org

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« Le don du soin, le don de soi »

Jeudi, 13. décembre 2012 11:20

Je publierai dans Politique étrangère, le périodique de l’Ifri, une recension sur l’ouvrage de Patrick Clervoy, Dix semaines à Kaboul. Je ne résiste cependant pas à l’envie de vous inciter dès maintenant à vous l’offrir et à le lire pour Noël, si vous êtes prêts à regarder de près un visage oublié de cette guerre qui, comme les autres guerres, « prend deux fois la vie », une fois au combat, la deuxième fois du fait des blessures invisibles (p. 254).

« Ici on se découvre » (p.113)

Patrick Clervoy est professeur de médecine, titulaire de la chaire de psychiatrie à l’Ecole du Val de Grâce. De retour d’une mission en Afghanistan en 2011, il en tire un livre, qui donne à voir le visage humain de ce que j’appelle les « entrailles » de la guerre, les blessés (Afghans et otaniens) et tout le Service de santé des armées qui les prend en charge, du pharmacien au technicien qui répare les matériels (« Mac Giver »), en passant par cette féminin médecin chargée des MEDEVACS qui ne porte pas d’arme, ou ce médecin britannique qui a fait toutes les guerres du Royaume-Uni depuis trente ans. Blessures physiques et psychiques sont mises à la lumière de façon égale, avec une grande humanité, un regard quasi anthropologique, une émotion contenue et une certaine réserve visant à préserver l’intimité des personnes. Une touche d’humour allège parfois la violence des scènes décrites, notamment ce fameux « cahier qui pue » où sont retranscrites toutes les bourdes prononcées par l’équipe…

Le livre vous apprendra ce qu’est une « 9 lines », ce que veut dire « se faire tiquer » en argot militaire, comment on fait pour jongler avec les lits d’hôpitaux, et comment, parfois, l’écriture d’une lettre aux parents d’une victime permet de faciliter le deuil. Il souligne à la fois les extraordinaires progrès de la médecine de combat, qui sauve de plus en plus de blessés, et ses limites structurelles, face à une guerre qui ne se gagne pas et à des pathologies, notamment psychiques mais aussi physiques, pour lesquelles il n’existe pas (encore?) de solution.

N’hésitez donc pas à vous laisser emporter par ce livre si facile à lire et pourtant si dur, qui rappelle qu’en Afghanistan « l’acte médical porte une émotion en plus » (p. 216).

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Défense française après les élections: les vidéos!

Vendredi, 28. septembre 2012 9:16

Pour le nouveau cycle de séminaires sandwichs du centre de sécurité de l’Ifri, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et du blog Secret Défense, qui a eu lieu le 20 septembre 2012, de 12 à 14h, le sujet à l’honneur était « La défense française après les élections« . Il réunissait Etienne de Durand, directeur du Centre des études de sécurité, Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique et Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret-Défense.

Camille Grand a présenté les grandes évolutions de l’environnement stratégique, en insistant sur les tendances depuis 2008 (et le dernier livre blanc) et proposé quelques scénarios d’engagement dimensionnant. Pour lui, le recentrage de la stratégie américaine vers l’Asie aura des conséquences fortes pour la France. Vous retrouverez plus de détails sur ces évolutions dans la vidéo de son intervention :

 

[1/3] La défense française après les élections… par Ifri-podcast

Etienne de Durand consacre son exposé à la réduction drastique des moyens des forces armées françaises. La France va-t-elle devenir « l’Italie avec la bombe » (selon une expression de Camille Grand)? Puisque le modèle de défense actuel n’apparaît plus soutenable, faut-il continuer les réductions homothétiques (ce qui est fait depuis 20 ans), faire des choix plus marqués ou construire des armées « segments » qui s’insèrent dans la machine américaine (Pays-Bas) ? L’alliance avec les Etats-Unis a déterminé de nombreux choix budgétaires depuis vingt ans, qui ne vont plus de soi si ces derniers se désengagent d’Europe. Etienne de Durand discute aussi l’inflation des systèmes d’armes, la logique d’échantillonnage, ainsi que deux solutions discutées des problèmes actuels, le pooling and sharing (ou la smart defense) et la quête d’une « suffisance » technologique.

 

[2/3] La défense française après les élections… par Ifri-podcast

Jean-Dominique Merchet souligne l’importance de deux enjeux, l’industrie de défense et la condition des militaires, particulièrement au sein de l’armée de Terre. Il rappelle que l’industrie est l’un des deux piliers d’une politique de défense, et que si l’on peut reconstruire des forces armées, on ne sait pas reconstruire une industrie de défense. (il a fallu vingt ans pour reconstruire l’aéronautique à la fin de la Deuxième Guerre mondiale). Quant à l’armée de Terre, elle se trouve devant un champ de mine, après des mutations profondes depuis une quinzaine d’années, et la fin (provisoire) des OPEX pose de nombreuses questions sur les missions de cette armée, mais également sur la capacité à maintenir un recrutement de qualité.

 

[3/3] La défense française après les élections… par Ifri-podcast

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Bruno Tertrais (FRS) : scénarios pour les capacités et la posture nucléaires françaises (Les vidéos)

Mercredi, 16. mai 2012 8:10

Dans le cadre du cycle de séminaires « 2012 La Défense en question », le Centre des études de sécurité (CES) de l’Ifri et la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) ont organisé un séminaire-sandwich le 10 mai, autour de Bruno Tertrais, expert en prolifération et dissuasion nucléaires et maître de recherche à la FRS.

Les élections présidentielles et législatives de 2012 constituent une occasion unique pour ouvrir un débat public et dépassionné sur les réalités de la défense française et les difficultés, notamment budgétaires, auxquelles elle est confrontée. Lors de ce séminaire, Bruno Tertrais a présenté plusieurs scénarios pour la stratégie nucléaire française, dont une mise en pool entre forces britanniques et françaises (scénario 3). Pour voir ou revoir son analyse de la dissuasion française:


Une vision de la stratégie nucléaire française par Ifri-podcast

Le séminaire était suivi d’un débat engagé avec Etienne de Durand, directeur du CES, Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique et Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret-Défense. Bruno Tertrais y parle notamment de la dissuasion élargie et de la relation entre dissuasion et forces conventionnelles. Il prodigue également quelques conseils au nouveau président de la République.


Débat sur la stratégie nucléaire française par Ifri-podcast

Rendez-vous le 31 mai pour le prochain séminaire sandwich…

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Blessures invisibles: vers une meilleure prise en charge?

Vendredi, 20. avril 2012 10:58

Selon un article du New York Times, le Department of Veterans Affairs prévoit de recruter 1600 psychologues, psychiatres et autres spécialistes de la santé mentale pour prendre soin des anciens combattants, d’Irak, d’Afghanistan, mais aussi du Vietnam. Depuis 2009, le ministère fait d’importants efforts pour améliorer la prise en charge des blessures invisibles de ceux qui ont servi sous le drapeau américain, mais se voit toujours reprocher de ne pas en faire assez.

Pourtant, l’offre de soins pour les vétérans n’est pas la seule ligne d’effort des Etats-Unis dans ce domaine. Une initiative originale vise à prévenir les blessures invisibles très en amont. Il s’agit d’offrir, dès leur recrutement, aux soldats, mais aussi à leur famille, un cadre, le programme Comprehensive Soldier Fitness, qui les prépare psychologiquement à la réalité du « conflit persistant », et tente de déceler les fragilités individuelles pour mieux les réparer, renforcer les forces de chacun et la résilience des militaires et de leurs proches. Un numéro de la revue American Psychologist en présente l’approche et la méthode, avec notamment un papier de George W. Casey Jr., le chef d’Etat major de l’armée de terre américaine. Il s’agit d’abord d’un test, en ligne, d’auto-évaluation (Global Assessment Tool, en janvier 2011, 900 000 militaires l’avaient rempli). La deuxième étape consiste en des modules à faire soi-même en fonction des résultats du test. Le troisième niveau consiste en la formation de formateurs à la résilience (2 500 formés en janvier 2011) devant être déployés dans chaque bataillon et brigade pour enseigner la résilience. Le 4ème volet du programme consiste en des cours obligatoires d’entraînement à la résilience.

Face à ces efforts américains pour prendre en charge les « troubles du vent du boulet », en amont et en aval des guerres, les efforts français peuvent paraître manquer de souffle et de ressources. Il semble qu’une importante pression s’exerce sur le MINDEF qui, de son côté, fait son possible pour rendre lisibles et coordonner les offres de soins et de soutien. Suite à la production d’un « plan d’action troubles psychiques post-traumatiques dans les armées, 2011-2012″, le 10 mars 2011, un bureau médico-psychologique a été créé au sein du service de santé des armées (un psychiatre et un psychologue). Ce bureau vise à coordonner les différents services psychiatriques et psychologiques relevant du service de santé des armées (SSA), de l’armée de Terre, l’armée de l’Air, la Marine et la gendarmerie, chacun fonctionnant selon des logiques et avec des pratiques différentes, et avec chacun l’avantage d’être adapté aux besoins du service (terre, air, etc.) dont il relève. Un SIMPA, « service d’intervention médico-psychologique », ou de fait un réseau, regroupant tous les cliniciens des différents services, doit être créé. Il s’agit aussi d’améliorer la collecte des statistiques sur les troubles post-traumatiques, sur lesquels le SSA n’a pas de données fiables. Or, faute de statistiques, il est difficile d’évaluer précisément l’impact des efforts français.

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Infected… et MutH5N1

Jeudi, 22. mars 2012 8:39

La Commission européenne vient de publier une bande dessinée, Infected, de Jean David Morvan et Huang Jia Wei (Luxembourg, Publication Office of the European Union, 2011). La BD raconte l’histoire d’une pandémie qu’un homme arrivé du futur permet d’empêcher. Le graphisme est excellent, l’histoire un peu convenue : elle met en avant un trio de coordinateurs européen, américain et onusien sur la grippe/les pandémies/les affaires sanitaires qui rappelle le trio de coordinateurs qui avait joué un rôle important dans la gestion de la grippe aviaire à partir de 2003 (Alain Vandersmissen pour l’UE, John Lange pour les Etats-Unis, David Nabarro pour l’ONU). Une assistante chinoise tient le rôle principal : avec l’aide de l’homme venu du futur, elle sauve son boss atteint d’une maladie mortelle transmise par un singe, puis, comble du kitsch, une fois la maladie maîtrisée, embrasse l’homme du futur. Le livre se termine, outre le baiser, sur une présentation pédagogique de l’approche « Une santé » (One Health). Celle-ci doit permettre de lutter contre les maladies émergentes en liant santé humaine et animale, sans créer de nouvelles structures (grâce à un travail en réseau entre les structures existantes) et – nous promet la BD – sans nécessiter de financements supplémentaires. Sur ce sujet, je vous recommande d’ailleurs l’étude que j’ai réalisée il y a un an pour le programme santé et environnement de l’Ifri.

Outre qu’il est utile de communiquer sur l’approche Une Santé, encore fort peu connue, cette BD nous permet surtout de revenir sur un débat violent en cours au sein de la communauté scientifique travaillant sur la grippe. En 2011, deux équipes de chercheurs ont manipulé le virus H5N1 pour le rendre plus contagieux pour les furets. Pour rappel, H5N1 aurait un taux de mortalité (discuté) de 60%. On peut donc imaginer le risque pris si un tel virus était diffusé dans la nature (encore que les scientifiques discutent la portée de ce risque). Le National Science Advisory Board for Security (NSABS) américain a demandé d’expurger les publications que ces chercheurs voulaient diffuser dans Science et Nature. Le New York Times a publié un édito demandant la destruction de ces virus. Et la communauté scientifique s’est divisée. On trouve d’un côté les partisans d’une meilleure sécurité biologique (biosafety) contrôlant ce genre d’expérience, évitant de les mettre à disposition des biologistes amateurs ou Do It Yourself et les confinant à des laboratoires P4 (et non P3+ comme dans les deux expériences). De l’autre côté, on compte les partisans de la liberté de la recherche scientifique, convaincus que ces expériences contribuent à améliorer la santé publique. Ron Fouchier, le responsable de la première équipe, et ses collègues ont alors appelé à un moratoire de deux mois sur leurs recherches. Enfin, un colloque de l’OMS a quant à lui conclu que les recherches pouvaient être publiées de façon intégrale.

On note donc un véritable schisme au sein d’une communauté scientifique, autrefois unie dans la dénonciation du danger qu’ont constitué la grippe aviaire puis la grippe de 2009. Un des enjeux sous-jacent à cette crise provient de la mise en œuvre de l’accord d’avril 2011 obtenu par l’OMS sur la coopération entre pays développés et en développement pour faciliter les échanges de cellules souches : alors que longtemps le refus de l’Indonésie de partager les cellules souches de H5N1 compliquait la coopération internationale dans ce domaine, cet accord a permis de trouver un compromis et de relancer la coopération. Or si les Etats-Unis, et en l’occurrence le NSABS, peuvent décider façon unilatérale quelles connaissances scientifiques peuvent être diffusées, voire quelles recherches peuvent être conduites, et dans quelles conditions, cela peut avoir un impact sur l’accès à ces informations des scientifiques des pays en voie de développement voire leur capacité à conduire eux-mêmes de telles recherches (peu disposent d’un laboratoire P4) et donc risque de remettre en cause le bon fonctionnement de l’accord. Surtout, l’approche One Health de la Commission européenne souligne que le danger provient de l’interface entre homme, nature et animal, les maladies animales pouvant se transmettre à l’homme (zoonoses) dès lors que l’environnement est modifié. Or ce débat sur MutH5N1 souligne que ce danger peut, de fait, provenir des laboratoires et des scientifiques eux-mêmes, pourtant censés nous protéger. Cette « crise » permet de remettre en avant de la scène médiatique les questions grippales, après la controverse de la grippe 2009, mais elle le fait d’une façon bien moins consensuelle que la BD Infected : surtout elle témoigne des limites de l’approche en réseau quand il n’existe pas d’accord sur la stratégie à adopter pour gérer les maladies émergentes, donc les grippes mutantes.

Outre les sources en lien, je vous recommande l’article d’Hervé Ratel, « Fallait-il manipuler H5N1 ? », Sciences et Avenir, mars 2012, n° 781.

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