Ardant du Picq au Liban

Beaucoup de choses ont été dites au sujet de Lebanon, ce film israélien qui a obtenu le Lion d’or à la Mostra de Venise en 2009. Ce long-métrage retrace les premières heures de l’opération israélienne au Liban en 1982, en se focalisant sur l’équipage d’un tank qui ne perçoit de la guerre que ce qu’il voit dans le viseur du char et ce qu’il entend à la radio.

Il n’est pas question ici de faire une critique de ce film. Bien d’autres l’ont fait et j’encourage les lecteurs de ce blog à aller au cinéma pour se faire une opinion. Une remarque, tout de même : Lebanon – comme beaucoup de films de guerre – joue sur les émotions et en particulier la peur, celle qui assaille les jeunes conscrits israéliens, qui déclenche une crise d’hystérie chez leur prisonnier syrien et qui tétanise les civils libanais. Le réalisateur, Samuel Maoz, a lui-même participé à la guerre de 1982. Il a été marqué par la peur, traumatisé. Cela se sent.

En regardant Lebanon, je n’ai pu m’empêcher de penser aux Etudes sur le combat de Charles Ardant du Picq, écrites pourtant plus d’un siècle avant la guerre du Liban. Ardant du Picq y insiste, précisément, sur le rôle des émotions au combat. L’intégralité du livre est disponible en ligne sur le portail Gallica de la Bibliothèque Nationale de France. En voici un petit extrait :

L’art de la guerre subit de nombreuses modifications en rapport avec le progrès scientifique et industriel, etc. Mais une chose ne change pas : le cœur de l’homme ; et comme en dernière analyse le combat est une affaire de moral, dans toutes les modifications qu’on apporte à une armée, organisation, discipline, tactique, la juste appropriation de toutes ces modifications au cœur humain à un moment donné, moment suprême, celui de la bataille, est toujours la question essentielle.

Auteur:Marc Hecker
Date: Lundi, 17. mai 2010 7:23
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