Huit ans de déclarations de guerre
Un article intitulé « Nicolas Sarkozy: huit ans de déclarations de guerre » a été publié récemment sur le site Internet du journal Le Monde. L’auteur explique que depuis 2002, Nicolas Sarkozy utilise régulièrement une rhétorique belliqueuse: il a ainsi déclaré la guerre aux trafiquants, aux délinquants, aux bandes violentes et même aux chauffards.
Deux remarques à ce sujet:
- La première est que cette tendance à la « bellicisation » de phénomènes qui ne relèvent pas à proprement parler de la guerre rappelle ce qu’on observe depuis une trentaine d’années aux Etats-Unis. Etienne de Durand a publié un article à ce sujet en 2001 dans lequel il écrit:
Depuis la fin de la guerre du Vietnam, au fur et à mesure que la population montrait un bien faible appétit guerrier et que les interventions militaires des Etats-Unis étaient pour la plupart extrêmement limitées, bref au fur et à mesure que la guerre réelle s’éloignait, la métaphore de la guerre se trouvait de plus en plus fréquemment utilisée pour désigner des combats politiques censés impliquer une forte mobilisation populaire à l’échelle de la nation entière. Les années 80 et 90 ont ainsi vu se succéder la « guerre contre le crime » et la « guerre contre la drogue » en plus de la « gender war » – quelle qu’ait été par ailleurs l’étendue réelle des mesures ou des polémiques ainsi désignées. Au final, la « guerre », dans la culture politique contemporaine aux Etats-Unis, désigne le domaine d’action par excellence du gouvernement en même temps qu’elle évoque et favorise la mobilisation nationale.
- La deuxième remarque a trait à l’Afghanistan. Le fait que le Président de la République multiplie les « déclarations de guerre » dans des domaines qui relèvent en réalité de la criminalité (et donc de l’action policière et judiciaire) est d’autant plus paradoxal que le gouvernement tergiverse quand il s’agit de qualifier les opérations militaires en cours en Afghanistan. Alors non, il n’y a pas de guerre contre la délinquance (n’en déplaise à ceux qui souhaiteraient déployer et employer l’armée dans les banlieues) et oui, il y a bien une guerre en Afghanistan. Pourquoi continuer à maintenir une ambiguïté sémantique à ce sujet en parlant, par exemple « d’actions de guerre » ponctuelles ? La maxime du cardinal de Retz – « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » – ne s’applique sans doute pas à toutes les situations.

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Jeudi, 12. août 2010 22:42
Bon article de Marc Hecker.
Je me permets de signaler que M. Blanrue a plagié énormément son livre pour écrire Sarkozy…
cf http://www.lepost.fr/article/2010/08/11/2181362_theorie-du-complot-theorie-du-plagiat_1_0_1.html
ou encore
http://www.scribd.com/doc/35660239/M-Blanrue-plagiaire-et-reproducteur-servile
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