Focus stratégiques 2016

L’annéFocus stratégiques 2016e se termine, l’heure est aux bilans, l’occasion pour nous de revenir sur nos publications de l’année (toutes disponibles gratuitement en ligne).

Tout d’abord, les six Focus stratégiques de l’année 2016 – collection en langue française et anglaise, publiée par le Laboratoire de recherche sur la défense et le Centre des études de sécurité de l’Ifri.

Toutes ces études sont téléchargeables gratuitement sur le site de l’Ifri.

Forces terrestres et réassurance : Quelles options pour l’Alliance ?

Guillaume LASCONJARIAS, Focus stratégique, n° 65, janvier 2016

U.S. Soldiers from the Fort Hood, Texas-based 2nd Battalion, 8th Cavalry Regiment, 1st Brigade Combat Team, 1st Cavalry Division, and the Vilseck, Germany-based 1st Squadron, 2nd Cavalry Regiment, participate in closing ceremonies for Iron Sword 2014 in Pabrade, Lithuania, Nov. 13. More than 2,500 troops from nine NATO countries, including Canada, the Czech Republic, Estonia, Germany, Hungary, Latvia, Lithuania, the United States and the United Kingdom, participated in the two-week, multinational combined arms exercise, aimed at enhancing interoperability and ensuring readiness to complete offensive and defensive operations.

Concept né durant la guerre froide, la « réassurance » a connu un nouvel essor à la suite de la crise ukrainienne de 2014, lorsqu’il s’est agi pour l’Alliance atlantique de désigner certaines de ses mesures destinées à réaffirmer le principe de défense collective auprès de ses États membres.

Une telle politique a conduit à accroître le rôle confié aux forces terrestres, nonobstant de sérieuses difficultés sur les plans politique, économique, et opérationnel. L’OTAN s’est employée à redynamiser son concept de réaction rapide au travers de la « force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » (VJTF), mais les interrogations demeurent quant à la panoplie d’actions à entreprendre pour que la réassurance s’inscrive dans la durée. Le principal problème tient à l’équilibre délicat à préserver entre une posture de fermeté appuyée sur des capacités de réaction rapide, et un risque d’escalade susceptible d’aggraver les tensions. Pour les forces terrestres, cela se traduit par un retour vers des savoir-faire et des pratiques que deux décennies de guerre expéditionnaire ont laissés de côté.

La sécurité énergétique des armées françaises. Le soutien pétrolier à l’heure de la transition

Paul KAESER, Focus stratégique, n°66, mars 2016.

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Depuis sa naissance à la veille de la Première Guerre mondiale, le concept de sécurité de l’approvisionnement en carburant n’a cessé de prouver qu’il était crucial au bon déroulement d’une opération militaire.

En France, cette mission est assurée depuis 1945 par le Service des Essences des Armées (SEA). En contrôlant de bout-en-bout sa chaîne d’approvisionnement, le SEA s’est montré capable de soutenir l’intégration des forces armées françaises au sein de l’OTAN, ainsi que dans leurs opérations extérieures. Cependant, le SEA est aujourd’hui confronté à des aléas externes (tant structurels que conjoncturels) ainsi qu’à des vulnérabilités internes dont la combinaison produit un « risque énergétique » systémique auquel il convient de répondre efficacement. Pour ce faire, les armées devront s’approprier pleinement le défi de la transition énergétique et traduire en réalité opérationnelle les nouveaux concepts qui se diffusent à l’international, tels que la « Green Defense ».

Retours sur Sangaris. Entre stabilisation et protection des civils

Rémy HEMEZ, Aline LEBOEUF, Focus stratégique, n° 67, avril 2016.

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En décembre 2013, la France lançait l’opération Sangaris en République centrafricaine. Avec quels résultats pour la stabilisation du pays et la protection des civils ?

En décembre 2013, la crise que traverse la République centrafricaine depuis dix ans dégénère en une guerre civile qui fait craindre des violences de masse sur des lignes communautaires. Afin de mettre fin au chaos, les Nations Unies mandatent la France pour conduire une intervention militaire, sa septième dans le pays depuis 1960. En tant que « bridging operation », Sangaris a pour objectif d’établir les conditions permettant de passer le relais aux missions de maintien de la paix de l’UE et de l’ONU, censées travailler à rétablir la sécurité sur le long terme. Deux ans après son lancement, le temps est venu d’évaluer l’efficacité militaire de Sangaris au regard des moyens limités qui lui avaient été alloués. L’opération a montré comment des adaptations tactiques et opératives pouvaient, jusqu’à un certain point, compenser le manque de ressources. Néanmoins, de tels ajustements ne sont pas sans risque et peuvent nuire à la durabilité des effets obtenus. La protection des civils est l’autre enjeu principal. Dans un contexte de moyens limités, « protéger, c’est choisir », c’est-à-dire faire face à des dilemmes de protection et de responsabilité dont les décideurs doivent être conscients avant de s’engager dans de telles missions.

La Sentinelle égarée ? L’armée de Terre face au terrorisme

Elie TENENBAUM, Focus stratégique, n° 68, juin 2016

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L’activation du contrat opérationnel de protection à la suite des attentats qui ont frappé la France durant l’année 2015 ouvre une nouvelle phase dans la longue histoire de l’engagement des forces terrestres au profit de la sécurité intérieure.

Avec l’opération Sentinelle, l’armée de Terre mobilise 10 000 hommes sur le territoire national, soit 10 % de ses effectifs. Initialement prévu pour quelques mois, ce déploiement s’est prolongé dans la durée, engendrant une pression sur la ressource humaine et le cycle de préparation opérationnelle. L’opération pose également la question du partage des tâches avec les forces de sécurité intérieure et de la crainte des armées de se voir cantonnées à un rôle supplétif qui conduirait à la perte de leur savoir-faire et de leur fonction d’ultime recours. Pour pérenniser les missions intérieures des forces terrestres, les autorités devront repenser en profondeur les équilibres du continuum sécurité-défense.

L’avenir de la surprise tactique à l’heure de la numérisation

Rémy HEMEZ, Focus stratégique, n° 69, juillet 2016

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La surprise est une dimension cruciale de la tactique qui découle de l’incertitude inhérente à la nature même de la guerre.

Le développement croissant des technologies de l’information et de la communication au cours des dernières décennies favorisant l’idée d’un « champ de bataille transparent » pose aujourd’hui la question de la pérennité du concept de surprise tactique à l’heure de la numérisation. Loin d’y mettre un terme, le progrès technologique ouvre en réalité de nouvelles potentialités pour créer la surprise tout comme il introduit en retour de nouvelles occasions de se faire surprendre. C’est dans la perspective de cette nouvelle donne tactique que la mise en service en 2018 par l’armée de Terre du programme de modernisation baptisé Scorpion invite à repenser le modèle de commandement et de contrôle en vue de placer la surprise au cœur des modes d’action en tirant pleinement parti du potentiel technologique sans toutefois en devenir dépendant.

L’entrée en premier et l’avenir de l’autonomie stratégique

Corentin BRUSTLEIN, Focus stratégique, n° 70, novembre 2016

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La France compte aujourd’hui parmi les rares puissances du monde capables de projeter des forces armées dans des délais contraints, en quasi-autonomie, et à plusieurs milliers de kilomètres. Pour toute force expéditionnaire, l’aptitude à pénétrer un théâtre d’opérations distant et contesté par l’adversaire est déterminante.

Cette capacité à entrer en premier tient une place unique dans la politique de défense de la France, pour des raisons historiques, politiques et militaires renvoyant notamment à l’ambition nationale d’autonomie stratégique. La France a démontré au cours des opérations récentes qu’elle possédait des savoir-faire et capacités rares, voire uniques en Europe dans ce domaine, qui lui ont offert une liberté d’action extérieure considérable et un fort levier pour l’action multinationale. Toutefois, l’avantage militaire qui fonde cette liberté d’action subit un processus d’érosion sous l’effet de la diffusion de moyens sophistiqués de contestation, notamment des capacités de déni d’accès. Il convient dès à présent de prendre la mesure du défi posé à la France afin de pérenniser sa marge de manœuvre extérieure, et de se prémunir par là même contre une perte de crédibilité, d’influence et d’autonomie.

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