Proliferation Papers 2015

L’année se termine, l’heure est aux bilans, l’occasion pour nous de revenir sur nos publications de l’année (toutes disponibles gratuitement en ligne), cette fois nos Proliferation Papers de l’année 2015 – collection en langue anglaise, publiée par le Programme Dissuasion et Prolifération  de l’Ifri .

Prolif 52
Conventionalizing Deterrence? U.S. Prompt Strike Programs and Their Limits
 

Auteur : Corentin Brustlein

Ce Proliferation Paper n°52 est téléchargeable ici.

Résumé :

Depuis près d’une décennie, les Etats-Unis ont identifié le besoin de se doter de capacités de frappe stratégique rapide (conventional prompt global strike). S’il ne s’y limite pas, ce développement s’inscrit dans la continuité des efforts américains de conventionnalisation de la dissuasion, efforts de longue date mus par des motivations profondes et variées. Malgré des ambitions renouvelées sous l’administration Obama, désireuse de réduire le rôle de l’arme nucléaire dans sa posture de défense, les programmes américains sont encore loin d’une concrétisation. La conjugaison des coupes budgétaires subies par le Pentagone et des difficultés technologiques rencontrées par les programmes a imposé une révision à la baisse des ambitions américaines dans le domaine de la frappe stratégique rapide. Malgré ces déconvenues, les Etats-Unis pourraient disposer d’ici une dizaine d’années de capacités de frappe stratégique rapide. Néanmoins, la perspective de leur emploi en temps de crise ou de guerre pose de nombreuses questions, tant en termes de crédibilité opérationnelle que d’interaction stratégique. Ces dimensions offrent un éclairage nouveau concernant l’apport de telles capacités pour la sécurité des Etats-Unis, et les limites concrètes de leur rôle.

Capture

Going Tactical: Pakistan’s Nuclear Posture and the Implications for Stability

Auteur : Feroz Hassan Khan

Ce Proliferation Paper n°53 est téléchargeable ici.

Résumé :

Depuis des décennies, l’environnement sécuritaire asiatique est caractérisé par des rivalités stratégiques multiples qui s’alimentent mutuellement. L’Inde, en compétition avec la Chine, poursuit une modernisation de ses forces armées, renforçant par là-même son avantage conventionnel sur le Pakistan. Les déséquilibres militaires, la géographie, l’héritage des guerres passées comme les infiltrations de groupes extrémistes fragilisent ainsi la stabilité stratégique dans le sous-continent. Le Pakistan se heurte toutefois à de lourdes difficultés pour renforcer par des seuls moyens conventionnels sa capacité de dissuasion face à son voisin plus puissant. Islamabad a donc entamé une montée en puissance de son arsenal nucléaire, notamment par le développement d’armes nucléaires tactiques.  Ce choix, loin de renforcer directement la capacité dissuasive du Pakistan, pose à ce dernier de nombreux dilemmes opérationnels – ce que rappellent les leçons de la guerre froide. La course aux armements qualitative et quantitative qui se produit actuellement au niveau régional s’associe ainsi aux tensions politiques persistantes entre l’Inde et le Pakistan pour faire émerger une inquiétante dynamique stratégique en Asie du Sud.

Capture 54
Cross-Domain Coercion: The Current Russian Art of Strategy 

Auteur : Dr. Dmitry (Dima) Adamsky

Ce Proliferation Paper n°54 est téléchargeable ici.

Résumé :

Cette note retrace l’évolution de l’approche russe de la dissuasion et de la coercition depuis la fin de la guerre froide, et y évalue la place tenue par les armes nucléaires, depuis les débats sur la « dissuasion nucléaire régionale » jusqu’à l’actuelle « doctrine Gerasimov ». Souvent qualifiée d’« hybride », la « guerre de nouvelle génération » mise en œuvre par la Russie est conçue pour être conduite en parallèle dans différentes dimensions (nucléaire, conventionnelle, informationnelle, etc.) en réponse à la menace que Moscou voit en l’Occident. Opérant sous l’égide de l’arsenal nucléaire russe, cette stratégie vise à manipuler les perceptions de l’adversaire et à influencer son comportement, tout en limitant l’emploi de la force à une échelle relativement faible au regard des pratiques militaires de l’ère industrielle. Cette approche, renouvelant l’art opératif russe, intègre ainsi en un tout cohérent des capacités nucléaires, non-nucléaires et informationnelles au service de stratégies de dissuasion et de coercition.

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