VIH-Sida et sécurité : un nouveau regard

Le programme ASCI, remedy AIDS, here Security and Conflict Initiative a réalisé 29 projets de recherches multidisciplinaires portant sur des régions différentes pour tester les relations entre VIH- SIDA, help sécurité, conflit et gouvernance. Ce programme a été mené conjointement par le Social Science Research Council de New York et le Clingendael Institute de La Haye. Alex de Waal en présente les conclusions dans un article récent « Reframing governance, security and conflict in the light of HIV/AIDS : A synthesis of findings from the AIDS, security and conflict initiative » , Social Science & Medicine, n° 70, 2010, p. 114-120.

En 2000, il semblait nécessaire de craindre que le VIH-SIDA cause une grande instabilité dans les pays les plus touchés par la pandémie. On pensait que les guerres auraient pour résultat davantage de cas de VIH-SIDA. Et les militaires semblaient la catégorie professionnelle la plus vulnérable face à l’épidémie. Un rapport du National Intelligence Council de janvier 2000 soutenait un tel argumentaire, alors qu’un conseil de Nations Unies se réunissait pour discuter du VIH-SIDA pour la première fois. Ce discours sur la menace que constituait le VIH-SIDA permit de mobiliser des ressources conséquentes pour lutter contre l’épidémie. Cependant, quelle était sa validité ? C’est ce qu’a tenté de tester l’équipe de recherche du programme ASCI.

Concrètement, ces recherches montrent qu’il est difficile de démontrer un lien de causalité entre VIH-SIDA et fragilité des Etats. Un lien a pu être montré au niveau local, en Afrique du Sud, mais sans pouvoir retrouver la même relation dans d’autres régions. Le cas du Swaziland tend également à montrer la possibilité d’un lien entre pandémie et fragilité, mais cette relation ne se retrouve pas dans les pays voisins malgré des taux de VIH-SIDA également élevés. L’épidémie a donc une influence variable sur la fragilité des Etats.

Les recherches de l’ASCI montrent également que la relation entre VIH-SIDA et conflit est négative. En fait, ce sont avant tout les périodes de post-conflit qui seraient des périodes de vulnérabilité favorisant la transmission de l’épidémie, et non les périodes de guerre. Quant aux personnels en uniformes, ils ne sont pas plus vulnérables que la population civile. Mais leur recours au dépistage obligatoire dans certains pays offre paradoxalement une garantie de protection de l’institution mais constitue une atteinte aux libertés publiques. Trouver un compromis entre ces deux objectifs est nécessaire. Par ailleurs, les policiers (mais aussi les gardiens de prison, officiers des douanes et de l’immigration) semblent trop peu étudiés par rapport aux soldats, et pourraient se révéler plus à risque que leurs collègues militaires. Alex de Waal recommande en conclusion que plus d’efforts soient consacrés à la violence sexuelle, qui n’est pas assez prise en compte comme facteur de risque pour le VIH-SIDA.

Pour plus d’informations, voir aussi le rapport HIV/AIDS, Security And Conflict. New Realities, New Responses

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